DEPUIS plus d'une semaine, la première chaîne de télévision a repris ses émissions. Emboîtant le pas à la radio. Cette reprise intervient après la fermeture qui avait été d idée par une réunion du Conseil des ministres. Laquelle s'était tenue le 29 décembre 2003. Et la fermeture avait eu lieu en janvier 2004.
Selon les termes du communiqué final du Conseil des ministres; cette décision visait "l'amélioration urgente des conditions de travail des agents, en particulier la réfection des bâtiments et autres installations." Au cours des mêmes assises, il Avait été également décidé la création d'une commission interministérielle présidée par le ministre d'État Jacques Adiahénot. Composée aussi des ministres de la Communication (Medhi Teale), de la Fonction publique (Pascal-Désiré Missongo à l'époque), délégué aux Finances (Senturel Ngoma Madoungou), cette structure devait "se pencher en profondeur dès le début du mois de janvier 2004, sur l'examen des statuts des différents personnels en poste à la RTG en vue de la recherche du maximum de professionnalisme et une efficacité accrue de ce service public."
Il faut rappeler que la fermeture de la RTG 1 n'était pas intervenue de façon spontanée. Loin s'en faut. Elle faisait suite à une série de grèves pour cause de retard dans le paiement des primes, les conditions exécrables de travail, la médiocrité des émissions provoquée par le déficit d'agents qualifiés, etc. Et ces problèmes qui dataient de plusieurs années commençaient à déranger sérieusement les hautes autorités du pays qui ne comprenaient pas que malgré les efforts fournis, la principale chaîne publique du pays ne faisait que s'enfoncer...
La goutte d'eau ayant fait déborder le vase est, sans doute, ce reportage diffusé un samedi de décembre lors du journal de 20 heures, la principale édition. Lequel montrait en images l'état de délabrement avancé des installations et les équipements obsolètes de la première chaîne de radio et de télévision publiques. Le commentaire accompagnant ces images avait choqué nombre de télé spectateurs. C'est pourquoi, nombreux furent ceux-là qui avaient applaudi la décision des pouvoirs publics relative à la fermeture de !a RTG 1. Car, d'aucuns pensent que sauver la chaîne publique est une question de défense de la souveraineté de notre pays.
Une commission technique avait été mise sur pied sous la direction du secrétaire général du ministère de la Communication. Celle-ci était chargée de passer en revue les problèmes, dans leurs moindres détails, en vue d'y apporter des solutions à court, moyen et long terme. Et cette structure avait rendu le rapport de sa réflexion: Les documents ont été remis à la commission interministérielle présidée par le ministre d'État Adiahénot.
En fait, la commission technique avait rendu deux rapports. Le premier intitulé "Rapport de la commission technique", et le deuxième Rapport sur la réforme du secteur audiovisuel". Plusieurs propositions avaient été faites dans ce cadre. On parlait par exemple d'entités autonomes comme Radio Gabon", "Gabon télévision", "Centre gabonais de l'audiovisuel", et "Centre national des archives audiovisuelles". Cette dislocation avait pour but essentiel de donner à chaque entité une certaine souplesse, en vue de faire face à une concurrence ayant mis fin au monopole du service public. L'autre suggestion était relative à la création d'un office à la RTG, etc.
On se souvient. de ce que dans une interview publiée dans nos colonnes, le président du principal syndicat des agents de la RTG, M. Total Bekale; qui lui aussi avait salué la décision gouvernementale s'était également interrogé sur les non-dits de cette mesure. Se demandant si vraiment il y avait une réelle volonté de soigner la RTG, tant les problèmes dataient de plusieurs décennies ? On rappellera que de façon substantielle, les difficultés de la première chaîne de télé et de radio tournent essentiellement autour du caractère obsolète des équipements, la mauvaise gestion des crédits, le retard dans le paiement des primes, l'insuffisance en personnels qualifiés faute de formation, les recrutements sur la base de la critères largement subjectifs l'inadaptation du cadre juridique, etc. Au regard de tout cela gouvernants et,partenaires sociaux étaient tous d accord sur la nécessité d'un toilettage d tous les niveaux.
De janvier à octobre, dix mois sont passés. Ce qui est suffisant pour boucler la réflexion et lancer la "cure de jouvence." multiforme que les populations y compris celles de l'intérieur du pays, attendaient à la RTG 1. Dans l'espoir que cette opération apportera une autre dynamique à la principale chaîne publique du pays. C'est pourquoi en apprenant la reprise des émissions, notamment au niveau de la télévision, nombreux sont ceux qui ont cru que les choses avaient considérablement évolué là-bas. Que la fermeture de la RTG avait permis de résoudre les, problèmes identifiés par la commission technique, du moins le gros des difficultés...
Or, les nouvelles qui viennent de ce média ne sont pas de nature à confirmer que quelque chose de considérable a été fait. Déjà, la réfection des bâtiments qui avait été retenue parmi les actions à court terme, n'a fait que démarrer, pas plus. Le matériel n'a presque pas changé, et les agents, notamment ceux de la télévision, ne voient pas de grands changements. Au point où plusieurs d'entre eux se demandent pourquoi leur a-t-on imposé un aussi long chômage technique ? Beaucoup de téléspectateurs, au regard de cette sorte de recommencement, se demandent à quoi a finalement servi la fermeture de la RTG 1.
Par ailleurs, les uns et !es autres soupçonnent les pouvoirs publics d'atermoiements quant à l'exécution des propositions de la commission technique. Cette phase a, selon toute vraisemblance, été reportée. Et l'espoir se tourne petit à petit vers la très attendue Cité de l'information. En attendant, les confrères de la première chaîne devront se contenter du peu qu'ils ont retrouvé depuis le 18 octobre dernier. Et les spectateurs, eux, sont condamnés à subir.