Réagissant à la suite de la décision prise le 5 septembre dernier par le Conseil national de la communication (CNC), le comité directeur de l'association des professionnels des médias nationaux dénonce cette censure qu'il considère comme "un recul grave de la démocratie et une atteinte à la liberté de la presse" en s'en remettant au président de la République, attaché à la paix et à la stabilité.LES mesures de suspension des publications indépendantes "Misamu" et "Gabaon" et de mise en demeure de Nganga" et la "Lowé" issue de la séance plénière ordinaire du Conseil national de la communication (CNC), du 5 septembre dernier, n'ont pas laissé indifférent le Club de la presse dont le comité directeur s'est aussitôt réuni pour la dénoncer.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l'association des médias nationaux considère les mesures de censure prises contre ces journaux comme "un recul grave de la démocratie et une atteinte à la liberté de la presse".
Pour rappel, le CNC reproche aux organes précités la recrudescence regrettable d'articles contraires aux lois et règlements en vigueur en matière de communication en République gabonaise, à éthique journalistique et à la déontologie professionnelle".
Le Club de la presse note qu'au moment où l'ensemble du continent et le monde entier s'appliquent à se doter de constitutions et de lois modernes répondant à l'esprit et à la marche du temps, l'organe de régulation de la presse nationale s'enferme dans une logique irrationnelle et de destruction des acquis majeurs de la démocratie, du socle de l'État de droit et des libertés publiques.
D'autant que, estime le comité directeur de l'association des professionnels des médias nationaux, restreindre le champ d'action de la presse locale, véhicule des idées et de la pensée, revient à plonger et à maintenir les Gabonais dans l'ignorance.
Pour le Club de la presse, ces articles incriminés parus aux mois d'août et de septembre sont loin d'être de nature à porter "atteinte à l'ordre public" encore moins à "l'honorabilité" des autorités du pays, notant que "la question de la vie privée est délicate et de plus en plus complexe. Le principe du non-respect (de la vie privée) n'est évidemment pas contesté en théorie.
Quelle est l'étendue de son interdiction ? Jusqu'où va-telle ? Les personnes "publiques" peuvent-elles exiger le respect de leur vie privée ? Autant de questions demeurées sans réponses qui, aux yeux du Club, érodent le capital de crédit dont jouissait le CNC.
Au sujet de la disparition de la somme de trois milliards de F CFA des caisses du Trésor public et de l'éventualité du non-paiement des salaires des fonctionnaires le mois en cours, le Club de la presse constate que le comptable public n'a pas donné la preuve du contraire, avec documents à l'appui.
En appelant à la sagesse des plus hautes autorités du pays, le chef de l'État en occurrence, très attaché aux valeurs comme la paix et la démocratie, pour que soient levées "ces mesures coercitives", son comité directeur pense qu'on aurait pu faire économie de cette nouvelle crise, si l'on avait pris le temps de recouper et d'analyser les informations...