Le porte-parole du Cabinet Ntoutoume Emane II, le ministre René Ndemezo' Obiang, a récusé, hier, dans un exercice de pédagogie les accusations d'immobilisme sur le front social répandues dans l'opinion.
TOUTE critique et accusation méritent qu'on y réponde, par un exercice pédagogique et avec doigté. C'est ainsi, en tout cas, que le gouvernement a réagi, hier jeudi 12 septembre 2002, aux accusations d'immobilisme qui le caractériserait sur le front social, en faisant face à la presse nationale et internationale, une sorte d'exégèse sur son action.
Au Novotel Rapontchombo, René Ndemezo' Obiang, le ministre porte-parole du gouvernement a récusé hier les accusations portées contre le gouvernement d'ouverture, formé il y a bientôt neuf mois, en indiquant que depuis sa mise en place, cette équipe gouvernementale que le président Omar Bongo a voulu plus proche des populations et plus efficace, a déployé les plus gros efforts pour concrétiser ce programme de politique générale. Celui-ci avait été présenté le 12 mars dernier par le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, devant la Représentation nationale.
Pendant trois heures d'horloge, initiant une stratégie offensive visant à tordre le cou aux idées répandues et à susciter l'adhésion autour de l'action du gouvernement, le ministre René Ndemezo' Obiang, n'a pas cessé de magnifier le travail accompli par le Cabinet Ntoutoume Emane II. Lequel s'est attaqué, selon lui, aux nombreux problèmes épineux auxquels sont confrontés les populations gabonaises, en y apportant des solutions.
Dans une sorte de bilan à mi-parcours de l'action gouvernementale, il s'est montré offensif en estimant que le combat mené depuis près de neuf mois contre la paupérisation de diverses couches de la société a été engagé sur plusieurs fronts.
Notamment celui de la route, de la santé publique, de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la sécurité etc. Ce, malgré la conjoncture économique et financière difficile que traverse notre pays, a précisé le membre du gouvernement visiblement convaincu de la portée de l'action politicomédiatique qu'il était en train de mener.
TROUBLANTE INERTIE.
Les résultats obtenus depuis l'année 2002 sont perçus comme une prouesse dans un environnement qui se caractérise, a reconnu le ministre porte-parole du gouvernement, par une lourdeur des engagements de l'Etat, avec un service de la dette extérieure de 418 milliards de francs CFA, de la dette intérieure de 97,3 milliards et un stock d'instance au Trésor public évalué à 235 milliards de francs CFA."Le Gouvernement ne s'est pas croisé les bras et n'est donc pas resté immobile" a lancé le ministre chargé des Relations avec le Parlement, comme pour démentir les thèses autour de la troublante inertie dont ses collègues et lui sont accusés.
Pour lui, le gouvernement s'est au contraire attelé à la tâche au regard des actions qu'il a engagées sous l'impulsion constante du chede l'Etat Omar Bongo, argue le ministre porte-parole de ce pan de l'Exécutif.
Ce travail a consisté depuis lors en la traduction en actes de gouvernement : la lutte contre la pauvreté, la lutte contre la corruption, la réinsertion sociale, le remboursement de la dette intérieure et extérieure, le rétablissement des équilibres macro-économiques, la solidarité nationale.
CONVAINCRE •
Il s'agit des efforts déployés dans le cadre de l'aménagement et de l'entretien routier qui se vérifient aujourd'hui aussi bien à Libreville que dans plusieurs localités de l'arrière-pays. Il faut dire que le président Omar Bongo ayant fait de la route une priorité absolue, conscient du fait qu'il constitue un facteur essentiel de communication entre les populations et de développement des échanges, de gros investissements n'ont cessé d'être consentis.
Le septennat du président Omar Bongo étant placé sous le sceau du social, les volets de la santé publique, de l'éducation nationale et l'enseignement supérieur abordés par le ministre René Ndemézo' Obian ,n'ont guère suffi jusqu'alors à convaincre les plus sceptiques sur la capacité du gouvernement d'ouverture à répondre aux attentes des Gabonais.
Dans son exposé, le ministre, qui a semblé éviter d'aller au fond des questions, s'est borné à parler des réformes statutaires dans le secteur de la santé publique, notamment en ce qui concerne le statut des personnels de la santé arrimé à la vaste réforme initiée dans le cadre de la réforme du statut général de la Fonction publique. Or, ce gouvernement a hérité de la précédente équipe de diverses réalisations en matière d'infrastructures hospitalières à Port-Gentil, Koulamoutou, Franceville.
Celles-ci viennent s'ajouter aux actions initiées en vue de la restauration du Centre hospitalier de Libreville et autres établissements sanitaires du pays pour ne parler que de effort d'investissement réalisé. Mais cet effort d'investissement semble malheureusement ne pas toujours suivre lorsqu'il s'agit de doter ces centres de santé et hôpitaux de médicaments et autres équipements nécessaires pourtant budgétisés.
Le constat reste le même sur le plan de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, surtout à la veille des prochaines rentrées scolaire et académique. Sur ces secteurs au cœur de toutes les attentes, la fin de ce mois de septembre, le cabinet Ntoutoume Emane peut se targuer d'avoir accompli quelques réformes indispensables et importantes.
COMBAT
Face aux journalistes, le ministre René Ndemezo Obiang a tenu à réaffirmer la détermination du gouvernement, en suscitant parfois un échange autour de certaines questions d'importance majeure telle que la lutte contre le grand banditisme. Un combat mené à travers l'opération Scorpion, dont on dit depuis peu qu'elle piétine même si une relative accalmie est observée dans la capitale au plan de l'insécurité.
Mais également sur l'organisation des élections avec l'adoption par le gouvernement de l' ordonnance 05/2002 portant modification de certaines dispositions du Code électoral régulièrement objet de vives controverses lors des élections politiques organisées ces dernières années dans notre pays.
Il reste que sur la question électorale, 1e gouvernement semble impuissant face à la désaffection de plus en plus manifeste des Gabonais pour les opérations électorales. Car, à quelque quatre jours de la fin de l'opération de révision des listes électorales ouverte par le ministère de l'Intérieur, e dernier appel lancé par ce département en vue de susciter un sursaut républicain semble n'avoir pour l'heure rien donné au plan de la mobilisation des éventuels électeurs. Preuve patente que des efforts restent encore à fournir au sein de ce pan de l'Exécutif, et que tout n'est pas parfait.
• Pour autant, les Gabonais attendent que la volonté affichée se traduise davantage aussi bien par le règlement des problèmes qui se posent aux enseignants locaux et expatriés et aux structures. Et, dans le cas des universités et grandes écoles, par la reprise effective dans des délais et des conditions idoines des enseignements arrêtés depuis plus d'un an.Dans la galerie des premiers "trophées" du Cabinet Jean-François Ntoutoume Emane II, l'homme n'a pas hésité à brandir les actes posés dans divers secteurs de la vie sociale et économique de la nation. Signe marquant d'une autosatisfaction qui ne dit pas son nom, mais qui pourrait tout au moins servir de support et de raisons d'espérer pour les populations gabonaises qui chaque jour, tirent, quoi qu'on dise, le diable par la queue.