Estimant que les informations publiées par ces journaux, dans les numéros 256 et 257 pour Misamu et la livraison du 9 août 2002 pour Gabaon portent atteinte à l'ordre public, au crédit de l'État et à la dignité des hautes autorités du pays, le CNC a suspendu les deux publications. Quant au "Nganga" et la "Lowé", ils sont mis en demeure.
SIÉGEANT hier, jeudi 5 septembre, en séance plénière ordinaire, pour l'examen des dossiers relatifs au contenu et au fonctionnement des organes de presse nationaux, le Conseil national de la communication (CNC) a suspendu, pour trois mois, les journaux indépendants "Misamu" et "Gabaon", et mis en demeure le "Nganga " et la "Lowé".
Dans un communiqué, livré hier à la presse en fin d'après midi, au siège de l'institution, avenue de Gaulle, par le conseiller technique, porte-parole du CNC, Thierry d'Argendieu Kombila, le Conseil national de la communication a relevé des dérapages dans la presse écrite en faisant état de "la recrudescence regrettable d'articles contraires aux lois et règlements en vigueur en matière de communication en République gabonaise, à l'éthique journalistique et à la déontologie professionnelle".
Le CNC reproche à nos confrères d'avoir livré des informations "de nature à porter atteinte à l'ordre public au crédit de l'Etat et à la dignité et l'honneur des responsables des institutions de la République".
"Dans ses numéros 256 et 257 des mois d'août et septembre 2002, le journal Misamu fait état de la soi-disant disparition d'une somme de trois milliards (3 000 000 000 FCFA) des caisses du Trésor public, et de l'éventualité du non paiement des salaires des fonctionnaires au mois de septembre 2002", a souligné le porte-parole du CNC. Et de poursuivre " l'hebdomadaire Gabaon, dans sa livraison du 9 août 2002, s'en prend violemment au président du Sénat (Georges Rawiri), en faisant étalage de sa vie privée".
Sur la supposée disparition de trois milliards de nos francs du Trésor gabonais, une dépêche de l'Agence France Presse (AFP) à Malabo datée du 30 août dernier, citant également (et précisément) "un hebdomadaire de l'opposition gabonaise", rapportait des accusations de la résistance nationale de Guinée-Équatoriale (Renage, regroupement de cinq partis politiques de l'opposition ), accusations selon lesquelles "les fonds du pétrole équato-guinéen servaient à couvrir les scandales financiers au Gabon".
Absolument faux, réplique et souligne-t-on dans les milieux proches du département des Finances. "Le Gabon n'a jamais emprunté de l'argent à la Guinée-Equatoriale pour payer ses fonctionnaires (...) et il n'y a jamais) eu de disparition d'une somme aussi importante que 3 000 000 000 FCFA au trésor de notre pays", précise une source proche du CNC qui aurait longuement discuté de la question avec des hauts responsables du Trésor.
Par une correspondance signée du patron du département des Finances en personne, le grand argentier du Gabon aurait, d'ailleurs, attiré l'attention de l'institution de régulation des médias dans notre pays sur la gravité des écrits sans fondements ni vérification, portant atteinte à l'Etat, publiées par certains journaux nationaux.
De leur côté, l'hebdomadaire indépendant "Le Nganga" et le journal "La Lowé" ont été mis en demeure de se conformer dorénavant aux dispositions de la Constitution (article 94), et à celles de la loi n° 12/2001 du 12 décembre 2001 portant code de la communication, notamment en ses articles 28 et suivants, indique le communiqué.
A ces journaux il est reproché d'avoir livré des informations portant atteinte à la dignité du Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, dans leurs éditions du 9 juillet 2002 ("Le Nganga"), et 1er août 2002 pour "La Lowé".
Outre les sanctions et suspensions, la séance plénière ordinaire du Conseil national de la communication, a élargi le paysage audiovisuel dans notre pays, avec 1'accord autorisant la société Multiplex (marchés des bouquets satellitaires) à émettre provisoirement.