Le Conseil national de la communication (CNC) du Gabon a suspendu cette semaine deux journaux gabonais et en a averti deux autres, pour entorse à la déontologie ou des questions judiriques, a-t-on appris vendredi à Libreville de source officielle.
Le bi-mensuel indépendant Misamu a été suspendu lundi par l'organe de régulation de la presse gabonaise, en raison d'un conflit juridique sur sa propriété, selon un communiqué du CNC publié par le quotidien gouvernemental L'Union, unique quotidien gabonais.
Le CNC a également suspendu jeudi "jusqu'à nouvel ordre" l'hebdomadaire indépendant Le Temps, accusé d'avoir porté "atteinte au crédit de la nation".
Il est reproché au journal d'avoir publié le 14 mai un article intitulé "Plus de 50 milliards gaspillés en deux nuits", qui critiquait le budget alloué chaque année par l'Etat aux fêtes tournantes célébrées dans les neuf provinces du pays pour l'anniversaire de son indépendance.
"Cet article rédigé au mépris des règles d'éthique et de déontologie professionnelle, est de nature à porter atteinte au crédit de la Nation," a estimé le CNC, dans un communiqué.
"Nous n'avons fait que donner notre point du vue sur le fait que ces sommes pourraient être mieux utilisées. Nous considérons que cette sanction est un harcèlement", a déclaré vendredi à l'AFP Jean-Yves Ntoutoume, directeur de publication de Notre Temps.
Le CNC a également "mis en demeure" le journal Jeunesse Action pour avoir "au mépris des règles d'éthique et de déontologie, publié des photos macabres montrant des personnes mutilées".
Le journal "L'Espoir" avait lui-même été averti en début de semaine par le CNC pour n'avoir "pas rempli les formalités pour la création d'un organe de presse".
Ces sanctions et avertissements interviennent quelques jours après le répartition par l'Etat gabonais d'une enveloppe globale annuelle de 500 millions de francs CFA (762.000 Euros) entre les médias gabonais, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Selon certains responsables de ces journaux interrogés par l'AFP, cette manne susciterait des convoitises.
Misamu et Notre Temps ont affirmé avoir appris par voie de presse les sanctions prises à leur encontre et ne pas avoir reçu de notifications officielles.
Misamu avait déjà été suspendu pour trois mois en septembre dernier.