Le Comité de protection des Journalistes (CPJ) a demandé aux autorités gabonaises d'enquêter sur le décès inexpliqué du rédacteur en chef d'un bimensuel gabonais récemment suspendu, dans une lettre au président Omar Bongo dont l'AFP a reçu mercredi une copie à Libreville.
"Le CPJ appelle à une enquête approfondie, indépendante et immédiate sur la mort de Marco Bokoukou Boussaga, rédacteur en chef du bimensuel privé indépendant L'Autre Journal", indique cette lettre en anglais.
"Le décès de M. Boussaga est particulièrement troublant, car il intervient quelques jours seulement après la saisie par la police, le 12 décembre, de la totalité des exemplaires du deuxième numéro de L'Autre Journal à l'aéroport de Libreville", affirme l'ONG basée à New York.
L'Autre Journal, lancé mi-novembre au Gabon et dont le deuxième numéro avait été imprimé au Cameroun voisin, a ensuite été suspendu par une décision en date du 18 décembre du Conseil national de la Communication (CNC) gabonais, l'organe de régulation de la presse écrite au Gabon.
M. Boussaga est décédé le 15 décembre à Libreville, a confirmé à l'AFP le directeur de la publication du bimensuel, Anaclet Segalt, qui a précisé qu'il était mort à l'hôpital après avoir été victime d'une soudaine hémorragie du nez et des oreilles.
Les causes exacts de son décès ne sont pas connues et la famille n'a pas voulu qu'il soit procédé à une autopsie, a regretté M. Segalt, refusant toutefois de faire un lien entre sa mort et les ennuis du journal.
"C'est une drôle de coïncidence, mais on ne peut s'avancer à affirmer qu'il y a un rapport", a-t-il souligné.
Le CPJ appelle dans sa lettre le chef de l'Etat gabonais à "rendre public toutes les conclusions de l'enquête" et l'"exhorte à annuler la suspension de l'Autre Journal immédiatement et sans condition".