L'organisation américaine Freedom House dans son rapport annuel publié le 28 avril 2004 vient de conclure qu'il n'y a aucune liberté des médiase au Gabon. Selon l'organisation, le Gabon a changé de catégorie cette année, déclinant ainsi de la catégorie des pays où les médias d'information sont partiellement libres à celles des pays où les médias ne jouissent d'aucune liberté.
Le déclin du Gabon proviendrait, selon Freedom House, du fait que le gouvernement gabonais se serait lancé dans une vaste offensive anti-médias, retirant de manière abusive les droits de publication de bon nombre d'organes de médias, et ceci dans le cadre d'une détérioration générale de la liberté d'expression dans le pays. Freedom House ajoute que les censures abusives de la presse privée au Gabon sont en directe violation de la constitution de ce pays, constitution qui dans les textes garantit les libertés fondamentales, dont celle de la presse.
Le Gabon a en effet vu la mort prématurée de sa presse privée née du semblant de démocratisation amorcé en 1990 lors de la tenue de la conférence nationale. Les libertés acquises par les médias furent de courte durée puisqu'au fil des années la censure gouvernementale et les pressions politiques et financières auxquelles furent soumis ces organes vinrent sonner le glas de la jeune presse privée gabonaise. Les organes les plus respectés, tels La Griffe, Misamu, Le Temps, La Sagaie et Sub-Version furent pour les uns suspendus et pour les autres bannis totalement. Le développement de l'Internet a également connu des retards au Gabon à cause, semble-t-il, de la peur qu'exercerait cet outil sur les autorités, qui craignent ainsi ne pas pouvoir contrôler l'information. Le Gabon semble en effet très en retard en matière d'Internet sur d'autres pays africains tels le Sénégal ou même le Burkina Faso.
Le score de 62 obtenu par le Gabon sur l'échelle des libertés de la presse (0-30=Libre ; 31-60=partiellement libre ; 61-100=Non libre) a classé le Gabon parmi les pays où les médias ne sont pas libres. Le seul journal ayant les pleins droits de cité au Gabon reste donc L'Union, quotidien sous contrôle gouvernemental qui, selon Freedom House, suit une ligne éditoriale stricte sous la supervision intransigeante des autorités du pays.
Le Gabon est classé 125e sur les 193 pays étudiés, très loin de pays africains comme l'Afrique du Sud (55e), l'Ile Maurice, le Mali (62e) le Ghana (64e), Sao Tomé & Principé (64e) et le Bénin (71e) et le Botswana (71e), pays qui sont les seuls 7 pays en Afrique à être vus comme libres en matière de liberté des médias.
Le déclin du Gabon sera certainement perçu comme une mauvaise nouvelle pour le pays, qui négocie actuellement avec un FMI de plus en plus hésitant de nouveaux engagements financiers. Parmi les exigences du FMI figuraient des recommandations de libéralisation de la vie politique du pays.