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Censure/Misamu: Triste sort pour deux confrères
Auteur:  L'Union  | Date: 30 Septembre 2003  | Réactions ()
Section: Médias/Audiovisuel  | Source: L'Union

Reconnus coupables à l'issue du jugement prononcé par le tribunal, un mandat d'arrêt a été lancé contre Norbert Ngoua Mezui, auteur d'un article jugé diffamatoire paru dans Misamu ainsi que son directeur de publication, Noël Ngwa Nguema.

B.M.

Et en répression, le premier cité a été condamne à une peine de 21 jours d'emprisonnement assortie de 300 000 FCFA d'amende, tandis que le second devrait, quant à lui, payer la même somme. Par ailleurs, recevant la constitution de la partie civile de l'Etat gabonais composée de Paul Toungui, Martin Mabala et Blaise Louembet, le tribunal les a en sus condamnés à leur payer, aux titres de dommages et intérêts, la somme de 5 000 000 FCFA. Il a donc fallu attendre près d'une année pour connaître le dénouement de cette affaire qui a fait couler autant d'encre que de salive...

Comment en est-on arrivé là ? Tout a commencé avec la publication, par le journal publication, dans sa livraison n° 257 du 6 août 2002, d'un article faisant état de "la disparition de trois milliards de FCFA des caisses du Trésor public gabonais". Mettant explicitement en cause le trésorier payeur général, d'autant, que l'auteur affirmait qu’ « une grosse légume du sommet de la hiérarchie » avait été traquée par les services des renseignements généraux et "mise au frais pendant le week-end du 26 au 28 juillet 2002".

L'auteur de l'article venait là de jeter un véritable pavé dans la mare, en relevant qu'"une mission de la présidence de la République gabonaise, constituée essentiellement des éléments de 1a Garde républicaine, s'est rendue à Malabo(Guinée Equatoriale)pour récupérer les milliards manquants dans les caisses du Trésor public, aux fins de payer les agents de l'Etat" !

Et de renchérir: "les caisses de l'Etat sont désormais vides (...à cause) des répartitions au sommet de la hiérarchie du Trésor des sommes atteignant 20 à25 milliards de FCFA par weekend !"

MUR DE SILENCE * La suite on la connaît, le Conseil national de la communication (CNC), après recoupement et ayant jugé ces propos outrageants et mensongers, avait en son temps pris des mesures administratives conduisant à la suspension pendant trois mois de 1’organe de presse incriminé. En corollaire, le ministère des Finances avait choisi la voie judiciaire en portant plainte en citation directe pour diffamation et atteinte à l'ordre public.

Le Club de la presse, soutenant le journal, avait par la suite dénoncé cette mesure de suspension. Et la presse internationale, quant a elle, avait relayé l'information, s'en faisant l'écho, en l'occurrence Jeune Afrique/L'Intelligent n° 2175 du 16 au 25 septembre 2002.

Il n'en fallait pas plus pour que l'opposition au pouvoir de Malabo, la Résistance nationale de Guinée Equatoriale (Renage), en fasse ses choux gras pour la monter en épingle. Et, pire, le chef de l'Etat gabonais avait été, lui aussi, accusé de faire des courbettes à son homologue équato-guinéen. Beaucoup de suspicion...

Le ministère des Finances, ayant préféré porter l'affaire devant les cours et tribunaux, au lieu d'un simple droit de réponse et la justice a attendu le temps qu'il fallait pour trancher. Il s'avère qu'à l'audience du 16 mars, notre confrère n'a pu apporter les preuves tangibles, nécessaires pour étayer ses affirmations, arguant qu'il s'est heurté à un mur du silence pour en obtenir auprès de ses sources.

Et comment arriver à justifier ce qu'il a couché noir sur blanc, lui avait demandé la cour. Ngoua Mezui s'est perdu en conjectures, tant et si bien que la présidente de la séance a préféré mettre un terme au débat contradictoire quelques questions : « Maintenant que vous ne détenez aucune preuve de vos écrits sur la disparition de ces trois milliards auxquels vous faisiez allusion, n'avez-vous pas des remords d'avoir trompé vos lecteurs ? Voulez-vous présenter des excuses à ceux que vous avez injustement accuses ? »

Les incriminés, apparemment, n'en avaient cure, sauf l'abbé Ngoua qui exprimera "ses regrets". Néanmoins, l'avocat de la défense, Me Francis Nkéa Nzigue, présentera des excuses à la cour et à la partie civile. Le procureur de la République, dans son réquisitoire, rappelait un des principes d'usage du journaliste qui consiste à se munir d'un minimum de précautions avant de "lancer" une information, surtout celle impliquant la nation.

Ne pas le faire, soulignait on, équivaudrait à chercher délibérément à nuire à l'honorabilité des personnes mises en cause. Ainsi, le délit de diffamation était clairement établi par le tribunal qui releva les imputations dommageables que cette nouvelle a pu engendrer. Toutes choses qui conduiront le ministère public à prononcer le jugement évoqué plus haut.

Triste sort donc pour nos deux confrères : Norbert Mezui Ngoua qui, entre temps, s'est retiré du journal "Misamu" pour créer un nouvel organe de presse "N'Ku'u le messager" et Noël Negwa Nguema a eu d'autres démêlés, allant jusqu'à perdre la paternité de la publication au profit du sénateur Nzoghé Nguema. Lui aussi, a fini par mettre sur pied un autre titre "Sub-Version" dont la parution vient, ô comble de malheur, d'être interdite...


ON connaît aujourd'hui l'épilogue de l'affaire ayant opposé 1e ministère des Finances au bimensuel "Misamu". En effet, le tribunal correctionnel a, dans son Jugement correctionnel du 11 juin dernier dans l'affaire "Etat gabonais, représenté par Paul Toungui, Martin Mabala et Blaise Louembet contre le journal Misamu, représenté par l'abbé Noël Ngwa Nguema", reconnu coupables des faits de diffamation par voie de presse notre confrère Norbert Ngoua Mezui alias "Kare Back" et Noël Ngwa Nguema, respectivement en leur qualité de journaliste et directeur de publication du journal "Misamu".

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