Le nouveau président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a remis mardi matin les rênes du ministère de l'Economie au nouveau ministre Hervé Gaymard lors d'une cérémonie de passation de pouvoir à Bercy.
"J'ai essayé de montrer qu'il n'y avait pas de fatalité et que, même ici, surtout ici, on peut trouver des marges de manoeuvre", a expliqué Nicolas Sarkozy en guise de bilan de ses huit mois d'action à Bercy.
Assistaient également à cette cérémonie le nouveau ministre délégué au Budget Jean-François Copé et son prédécesseur Dominique Bussereau, nommé lundi ministre de l'Agriculture, ainsi que Patrick Devedjian (Industrie) et François Loos (Commerce extérieur).
"C'est pour moi un moment très émouvant", a affirmé Nicolas Sarkozy, en rendant hommage aux personnels de Bercy. Il les a assurés qu'il continuerait à "suivre de très près" leur action, car "là où je suis, il va falloir que j'ai des idées".
"Ici, tu trouveras tous les problèmes de la France: celui du travail, celui de la dépense publique, celui des délocalisations, celui d'une politique industrielle", a-t-il dit à Hervé Gaymard. "Tu as des grands défis à relever: pour continuer la réduction des déficits, il faut être fort. Je suis certain que tu seras fort".
Après lui, Hervé Gaymard a rendu hommage au "volontarisme" que Nicolas Sarkozy "a su insuffler dans des domaines où on avait trop souvent l'impression que rien n'était possible".
"C'est pour moi un honneur et une difficulté de te succéder", a-t-il ajouté. "Ce volontarisme (...) doit être la marque de notre action, toute dédiée à l'emploi et à la modernisation de notre économie".
Interrogé sur Europe-1, Hervé Gaymard a donné mardi matin les grandes lignes de son action à Bercy, affirmant concevoir son rôle comme celui d'un "facilitateur", et non d'un "empêcheur".
"Je suis persuadé que ces réserves de croissance, nous pouvons et nous devons les trouver en nous-mêmes (...) On a des carcans, des normes, des distorsions fiscales. Il faut renforcer l'attractivité économique de notre pays et renforcer l'emploi", a déclaré le nouveau ministre.
Hervé Gaymard a jugé "crédible" la prévision de croissance de 2,5% pour 2004. Le nouveau locataire de Bercy a également rappelé qu'il était "très, très important" de maintenir le déficit public en dessous des 3%, conformément au pacte de stabilité. Dans cet objectif, si la baisse des impôts reste une des priorités de la politique économique du gouvernement, "cette baisse doit se faire sans gonflement du déficit".
Il a par ailleurs repris à son compte le pari du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de faire reculer le chômage de 10% d'ici un an. "Comme l'a dit le président de la République, la croissance, il ne faut pas attendre qu'elle tombe. Il faut aller la chercher. Il faut du volontarisme".
Enfin, revenant sur les dossiers engagés par Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard a souhaité que la réforme de la loi Galland sur la grande distribution ne soit "pas enterrée". "Nous allons avancer sur ce sujet en temps utile". Quant à l'ouverture du capital d'EDF-GDF, elle est "absolument indispensable pour l'avenir de ces grandes entreprises nationales". Mais, a-t-il insisté, "il ne s'agit évidemment pas d'une privatisation, (...) l'Etat restant hyper majoritaire".
Hervé Gaymard a par ailleurs expliqué n'avoir appris que lundi, en milieu de matinée, sa nomination à la tête du ministère de l'Economie, soit quelques heures seulement avant l'annonce officielle. "Jean-Pierre Raffarin me l'a dit en milieu de matinée", a-t-il déclaré.