Le chef de l'Etat qui répondait aux questions de la presse a également apporté des précisions suite à l'arrestation de Hervé Opiangah tout autant qu'il s'est insurgé contre l'ONEP dont l'agitation ces derniers jours a déjà causé la mort de deux compatriotes à Mandji (Ogooué-Maritime).
LE président de la République est rentré hier à Libreville au terme d'un séjour de quatre jours à Ouaguadougou (Burkina-Faso) où il a pris pari aux travaux du 10e sommet de la Francophonie qui ont vu la participation d une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement dont la principale préoccupation aura été, encore une fois, la situation en Côte d'Ivoire. A ce propos justement, les, responsables politiques francophones sont restés très critiques à l'égard du régime ivoirien auquel ils ont réclamé l'application strict des accords de paix dans ce pays divisé par la guerre et appelé les différents belligérants de la crise à cesser toute action visant à déstabiliser l'ensemble de la région.
Le chef de l'Etat qui est revenu sur la situation en Côte-.d'Ivoire lors de son entretien avec la presse dès son arrivée, a tout simplement regretté que la délégation ivoirienne présente a Ouagadougou ne soit pas venue avec une intention, franche de faire avancer le processus de paix.
Même si le conflit ivoirien a .pris une place importante au cours de ce sommet, d'autres questions ont également été évoquées par les chefs d'État, en l'occurrence les problèmes liés à la pauvreté dans l'espace francophone. Et c'est pour~cela d'ailleurs que le sommet, ainsi que l'a rappelé le chef de l'Etat, s'est fixé comme objectifs pour les dix prochaines années, outre le règlement des conflits, la mobilisation des ressources. financières et des savoirs au profit des Etats de l'espace francophone les plus déshérités. Les chefs d'Etat et de gouvernement estimant que «l'extrême Pauvreté, la faim les pandémies et l'alphabétisme, tout comme la discrimination à l'égard des femmes resteront les sujets de grave préoccupation et nécessiteront la mise en oeuvre du partenariat mondial». A l'issue des travaux, le président français, Jacques Chirac, a promis de plaider la cause des pays dits à revenus intermédiaires lors du prochain sommet du G8. Ce qui a fait dire au chef de l'État gabonais qu'il est normal que le sommet de la francophonie s'intéresse à des questions autres que culturelles.
INTERET NATIONAL. Répondant aux questions de la presse s'agissant cette fois des problèmes d'intérêt national, le chef de l'Etat a tout d'abord évoqué l'arrestation de Hervé-Opiangah, ce jeune compatriote et homme d'affaires qui est sous le coup de poursuites judiciaires pour possession illégale d'armes de guerre. Pour Omar Bongo Ondimba, ce compatriote possède bel et bien une milice armée qui porte la casquette de société de gardiennage. Laquelle du reste avait perdu plusieurs marchés avec d'importantes sociétés de la place, obligeant son directeur à s'orienter vers la politique et à vouloir créer un parti. Face aux difficultés rencontrées dans la légalisation de celui-ci, Hervé-Opiangah s'est résolu à manifester sa désapprobation au front de mer, en face de la présidence de la République. Heurtant du coup les nouvelles dispositions interdisant désormais toutes manifestations à caractère revendicatif devant la présidence de la République. Plus grave, le chef de l'Etat affirme que Hervé Opiangah a tenté d'attaquer le camp Baraka pour y prendre des armes, se ferait du reste passer pour «le Guillaume Soro gabonais». «La loi est là il faut l'appliquer», a dit le chef de l'État.
Outre l'arrestation de Hervé Opiangah, la grève que menace de déclencher aujourd'hui l'Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), a figuré également au menu de l'entretien entre le président de la République et les médias. A ce sujet, le chef de l'État, surpris d'entendre parler d'un mouvement d'humeur en gestation dans le secteur pétrolier, s'est insurgé contre les responsables de ce syndicat. D'autant qu'il se souvient de l'audience qu'il avait accordée à ces derniers, et au cours de laquelle des solutions avaient été proposées pour la prise en compte de leurs revendications. Celles-ci ayant été acceptées par toutes les parties, n'attendaient plus que les textes de loi pour leur application. Comment alors expliquer ce revirement qui a déjà provoqué la mort de deux compatriotes à Mandji, s'interroge le chef de l'État. On espère avoir les non dits de cette affaire au cours de l'audience que le président de la République va une nouvelle fois accorder aux responsables du syndicat des pétroliers.