Omar Bongo Ondimba et Jacques Chirac ont procédé à un éclairage de vues sur la crise ivoirienne visant à encourager la perspective d'une solution politique et négociée.
Un entretien dimanche matin à l'Elysée. Une programmation qui met en exergue tout l'intérêt que les deux chefs d'Etat portent aux consultations régulières pour les problèmes d'intérêt commun. C'est ainsi l'expression du souci de conserve. vivace le partenariat politique qui garantit la convergence de vues dans l'appréciation des différends, conflits et crises qui secouent le continent africain.
Le président de la République et son homologue français ont abordé, au cours de cet entretien la délicate question ivoirienne, la situation dans les pays des Grands Lacs qui ne sont pas encore parvenus à conjurer le spectre de la guerre et la coopération bilatérale franco-gabonaise.
Les consultations et échanges initiés par le président sud-africain Thabo Mbéki mandaté par l'Union africaine pour «piloter» le dossier ivoirien ont constitué la toile de fond de cette rencontre. Ils s'inscrivent en continuité des acquis des Accords de Marcoussis (janvier 2003) et ceux d'Accra III (Juillet 2004). Cette démarche du numéro un sud-africain intègre le contenu de la «feuille de route» concoctée par les chefs d'Etat africains dans la capitale ghanéenne et renouvelée lors des récents pourparlers du sommet d'Abuja, il y a quelques semaines. Ces différentes rencontres préconisent la perspective d'une solution pacifique, politique et négociée par toutes les parties' engagées dans la recherche de la paix en Côte d'Ivoire.
CALENDRIER.
Dans cette voie le président Bongo Ondimba a toujours exprime sa préférence pour une décision politique qui appelle l'adhésion de tous les protagonistes ceux-là qui ont «voix au chapitre» parce que représentant différents segments socio-politiques de la nation ivoirienne. Toutefois, il réserve toute la mesure au président ivoirien. Tout en nuance, il explique «le président Gbagbo nous avait fait comprendre à Accra IIIqu'il fallait u référendum, nous (chefs d'Etat) avons pensé qu'il fallait en faire une affaire politique, s'entendre, se comprendre et faire passer l'article... »
La préoccupation du président Bongo Ondimba impliqué dans la médiation visant la résolution de la crise ivoirienne prend en compte le délai face à l'échéance du 15 décembre. Ce jour, le Conseil de Sécurité de l'ONU décidera d'imposer des sanctions individuelles à celles des personnes qui auront fait obstacle à la paix. Dans cette vision peu heureuse, et ce dans dix jours, les pleins pouvoirs pourraient être confiés au Premier ministre ivoirien Seydou Diarra. La constitution et l'Assemblée pourraient aussi être suspendues. Mais nous n'en sommes pas encore là. Le président sud-africain soutenu par le collège des chefs d'Etat africains engagés dans la crise ivoirienne s'emploie à trouver la voie et les voix pour un dialogue entre Ivoiriens.
PRESENCE MILITAIRE.
Répondant à une question situant les enjeux de la crise franco-ivoirienne et se rapportant à la présence des troupes françaises en Côte-d'Ivoire, et à la perspective d'élargissement de la présence militaire à une force européenne,Omar Bongo Ondimba clairement fait remarquer que la France n'y était pas du fait d'une volonté exclusive. L'armée française est à pied d'oeuvre en Côte d'Ivoire, aux côtés des troupes de l'ONU et celles de la CEDEAO. Il a rappelé le cadre des accords qui lient certains Etats africains à d'autres puissances extracontinentales. Il a ensuite spécifié le cas français en Cote d'Ivoire : « Je crois que l'armée française n'est pas là-bas par la volonté de la France. L'armée française est là-bas à cause des accords signés lors de notre accession à l'Indépendance. Il n'y a pas que la Côte d'Ivoire. Il y a aussi le Sénégal; le Gabon, le Tchad, la RCA, j'en passe... «.A propos de la situation dans les pays de la région des Grands Lacs, les deux chefs d'Etat sont interpellés par l'annonce officielle d'une intervention militaire rwandaise contre les bases des rebelles hutus dans l'Est de la République démocratique du Congo. Mieux, des unités armées rwandaises se livrent à des incursions dont le nombre va croissant depuis ces derniers jours. Pour toute réponse, les autorités de Kinshasa ont annoncé, de leur côté, l'envoi de 10.000 soldats dans la zone est du pays.
À côté des mises en garde adressées à Kigali par l'Union européenne, les États-Unis et la Grande-Bretagne, le président en exercice de l'Union africaine, le nigérian Olesegun Obasandjo tient informé les chefs d'État africains des évolutions. Pour sa part, le Conseil de Sécurité se réunit jeudi à New-York pour en débattre. C'est dire toute la signification de l'entretien que le président gabonais a eu à Ouagadougou avec son homologue congolais Joseph Kabila.
De coopération bilatérale, les deux hommes d'État ont parlé. Le président Bongo Ondimba a reçu les ministres français de la Défense, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier en charge des Affaires étrangères. Aujourd'hui il aura un entretien avec Dominique de Villepin, ministre français de l'Intérieur. Dans l'après-midi, il recevra Alain Juppé, ancien président de l'UMP.
L'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de cet important regroupement politique français a coïncidé avec un réexamen bienheureux de la situation judiciaire qui accablait Alain Juppé. L'ancien premier ministre français qui est désormais condamné à quatorze mois de prison avec sursis et une année d'inéligibilité pourrait dès décembre 2005, si les suffrages lui sont favorables retrouver son mandat de député.
Ce qui lui donne, dès lors, toute la latitude de poursuivre son action participative aux côtés de ses camarades de l'UMP.