Avant sa rencontre demain dimanche avec son homologue français Jacques Chirac, Omar Bongo ondimba s'est entretenu avec des responsables politiques français venus recueillir ses avis et conseils sur la crise ivoirienne et sur les questions de coopération bilatérale.
«Profiter de son et de sa connaissance des grandes questions de l'heure et... recevoir ses conseils» tels sont les termes de l'avant-propos des déclarations des personnalités politiques françaises que le président Omar Bongo Ondimba a reçues en audience depuis son arrivée dans la capitale française. Visite de travail, elle a servi à poursuivre les entretiens que le chef de l'Etat avait initiés lors de son dernier séjour parisien, il y a quelques semaines.
Le président de la République qui rencontrera son homologue français demain dimanche s'est entretenu avec Nicolas Sarkozy, ancien ministre français des Finances devenu depuis le 28 novembre dernier président de l'UMP ; Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et Michel Barnier, ministre français des Affaires étrangères. Un séjour au cours duquel le président de la République poursuivra les entretiens, qu'il avait débutés avec le président Jacques Chirac il y a quelques jours à Ouagadougou lors du Xe Sommet de la Francophonie. La crise ivoirienne, la situation politique et militaire dans les pays des Grands Lacs, les grandes questions relatives à l'évolution du projet de redimensionnement des missions et des structures du système des Nations unies et les problèmes de coopération bilatérale entre le Gabon et la France seront examinés par les deux hommes d'État.
LE DIALOGUE.
Exprimant son besoin de recevoir les conseils du président Bongo Ondimba « les sujets d'espoir et d'inquiétude sur telle ou telle partie de l'Afrique» ont été au coeur de la rencontre avec le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier qui a effectué le voyage de Ouagadougou lors du dernier Sommet de la Francophonie, aux côtés du président Jacques Chirac a affirmé, avec satisfaction, avoir poursuivi avec le chef de l'État gabonais l'examen des derniers développements de la crise ivoirienne.
La situation en Côté d'Ivoire est une préoccupation commune aux autorités politiques et le président Bongo Ondimba dont l'implication et la contribution ouverte et sincère dans la recherche d'une solution négociée et pacifique en ont fait un interlocuteur très écouté. Mme Michèle Alliot-Marie a renouvelé ce constat à sa sortie d'audience. Elle a insisté sur les effets de la crise ivoirienne sur le continent si une solution politique ne vient pas mettre un terme à ce différend politico-militaire.
L'ENGAGEMENT
• Pour la ministre française de la Défense, "si la Côte-d'Ivoire éclate ou s'il y a des troubles, cela aura évidemment des conséquences sur l'ensemble de Afrique de l'Ouest et évidemment sur l'Afrique centrale".Mme Alliot-Marie a vanté la méthode du président Bongo Ondimba, de recherche d'une solution politique, pacifique et négociée dont (objectif principal est le dialogue entre les différentes composantes de la société politique et civile. Elle a rappelé la position française dans cette quête pour un retour au calme et au' dialogue en Côte-d'Ivoire : "il n'y a qu'une solution politique, il n' y a pas de solution militaire entre le Nord et le Sud. Il y a une solution politique qui a été préconisée à Accra III.
La ministre française a placé l'accord d'Accra III comme la base de toute négociation pour, une perspective positive de résolution de la crise ivoirienne : " il y a là un accord qui a été signé et paraphé par toutes les parties, en présence des chefs d'État des pays voisins. Il faut que cet accord soit mis en oeuvre".
La crise en Côte-d'Ivoire sera évoquée plus largement lors de la prochaine rencontre entre les présidents français et gabonais. Le président Jacques Chirac sait pouvoir compter sur la disponibilité, l'engagement et l'entregent diplomatique d'Omar Bongo Ondimba qui a su préserver une relation de confiance et d'estime réciproque avec les parties engagées dans l'imbroglio ivoirien.
Promoteur infatigable du dialogue, il à toujours proposé aux protagonistes de ramener sur la table des négociations tout différend afin de rechercher ensemble, entre filles et fils d'une même nation la solution politique et démocratique aux problèmes qui contrarient la concorde et la paix sociale.
Sitôt arrivé dans la capitale française, le président Bongo Ondimba a reçu pour un entretien Nicolas Sarkozy pour la première rencontre du nouveau président de l'UMP avec un chef d'État africain. Soucieux de «rénover les liens entre toutes les générations, entre l'Afrique et la France» Nicolas Sarkozy a sollicité les conseils et le soutien du président gabonais qui a «le plus d'expérience». Le président gabonais qui a une longue et bonne connaissance de la classe politique française (tant de droite que de gauche) Il a exprimé avec la franchise, la rigueur et souvent l'amitié qui caractérisent ses rapports en politique, à son interlocuteur les tenants de son analyse des évolutions des dernières années, tant en ce qui concerne la coopération bilatérale que les politiques multilatérales.