Le président Jacques Chirac en donne l'assurance à son homologue Omar Bongo Ondimba à travers une correspondance qui apporte également un éclairage sur la nouvelle donne.
A Port-Gentil, la double décision, émanant du ministère français des Affaires étrangères, avait provoqué désarroi et même irritation chez les demandeurs de visas et les Européens désireux d'entreprendre un certain nombre de démarches ("L'Union" du 8 octobre 2004). Plus de visas délivrés à partir du consulat français de la capitale économique, avait donc imposé le Quai d'Orsay. Pas davantage de démarches administratives pour les ressortissants du Vieux continent.
Direction : le consulat de Libreville pour tout le monde, quitte à se perdre dans les engorgements que chacun a pu observer ces deux derniers mois devant la représentation de la capitale, rue Schoelcher, dans le centre-ville. Quitte aussi à se livrer à des spéculations sur la politique de Paris. Après les visas, la prochaine étape n'est-elle pas la fermeture pure et simple du consulat de Port-Gentil ?, s'interrogeait-on désormais dans la cité pétrolière.
"Le maintien du poste consulaire de Port-Gentil n'est pas remis en cause", assure Jacques Chirac. Le président français répond ainsi à son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, interpellé par la situation ainsi crée. Et qui en a discuté avec les dirigeants français lors de sa récente visite de travail à Paris. A vrai dire, les changements intervenus dernièrement sont le résultat d'une réflexion menée par la France sur son réseau diplomatique, consulaire et culturel dans le monde.
Ici, il s'agit d'adapter ce réseau aux besoins du pays, là de le renforcer et ailleurs, de le redéployer. Pour ce qui est du Gabon, on n'assiste pas à la réduction de la présence française mais à un enracinement, souligne M. Chirac. Et c'est ce qui justifie le maintien du consulat de Port-Gentil, alors que pour d'autres pays, des décisions de fermeture ont été prises.
Simplement, précise le numéro un français, les fonctions qu'exerce désormais le consul général (de Port-Gentil) ont été modifiées. Sous l'autorité de l'ambassadeur, haut représentant de la République française, sa mission d'influence a été privilégiée en opérant un rééquilibrage entre ses fonctions politiques et ses attributions administratives'.
Autrement dit, et ainsi que nous le rappelions plus haut, les compétences administratives sont transférées à Libreville qui touchent certains services offerts à la communauté française et la délivrance des visas, donc.
Il reste que pour atténuer les effets difficilement digestibles de ces mesures, des instructions, indique Jacques Chirac, "ont été données au nouveau consul général de France à Port-Gentil, (Jean-Pierre Galtier, Ndlr) afin qu'il mette en place, en liaison avec son collègue de Libreville (Romain Vuillaume, Ndlr), les mesures permettant de faciliter la délivrance de visas pour la France, notamment en faveur des hommes d'affaires et des personnes qui concourent au développement de nos relations dans tous les domaines".
Des instructions à la bonne exécution desquelles "seront très attentives les autorités françaises", assure encore M. Chirac. Tous ceux intéressés par la question veulent bien en accepter l'augure.