Le leader palestinien décédé jeudi à deux heures du matin dans un hôpital militaire de la région parisienne, a entretenu des liens étroits avec le chef de l'État Omar Bongo Ondimba, qui a toujours soutenu la cause palestinienne.
LE président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, s'est éteint jeudi à 2 heures du matin dans un établissement de santé militaire parisien, après deux semaines d'hospitalisation.
La nouvelle de la disparition de la figure emblématique et du symbole de la lutte palestinienne a plongé le Gabon et les plus hautes autorités, principalement le président Omar Bongo Ondimba, dans la consternation, tant le décès de Arafat est considéré comme «une grande perte non seulement pour les musulmans, mais pour tout le monde», a dit le chef de l'État gabonais hier, réagissant à l'annonce de la mort du dirigeant historique des Palestiniens.
Effectivement, de même que Yasser Arafat entretenait des liens particuliers avec Omar Bongo Ondimba, la Palestine avait établi des relations diplomatiques avec le Gabon. Et depuis plusieurs décennies le numéro un gabonais n'a cessé d'apporter son soutien à la lutte peuple palestinien, en oeuvrant pour la recherche d'une solution globale au conflit israélo-palestinien qui préoccupe l'ensemble de la Communauté internationale.
Ce soutien à celui qu'on appelle encore le raïs, et que les Gabonais ont eu plusieurs fois l'occasion de voir arborant son légendaire keffieh, sa barbe grisonnante et son sourire, a été souvent bien accueilli par les autorités palestiniennes et le peuple palestinien. Car, venant du président gabonais dont l'aura sur la scène africaine reste reconnue, celui-ci aura naturellement eu toute son importance sur la scène diplomatique internationale. Ou au plus fort, des négociations et de l'enlisement du processus de paix au Proche-Orient le numéro un gabonais aura plaidé pour un retour d'urgence aux négociations et au dialogue qui, pour Bongo Ondimba, est le seul moyen de parvenir à une solution globale du conflit israélo-palestinien.
ENGAGEMENT. Un plaidoyer qui en juin dernier encore, lors du développement inquiétant de la situation au Moyen-Orient, caractérisé par l'escalade de la violence meurtrière contre les populations civiles dans les territoires palestiniens occupés, a conduit le président gabonais à unir sa voix a celle du roi du Maroc Mohammed VI, président du "Comité Al Qods" pour la préservation de l'identité arabe et islamique de la ville d'Al Qods, en visite officielle à Libreville, pour exprimer leur préoccupation face à la situation qui prévalait dans les territoires occupés.
Les deux hommes d'État avaient lancé un appel en faveur d'un engagement plus ferme de la Communauté internationale pour favoriser la mise en oeuvre de la feuille de route; afin d'aboutir à l'instauration d'une paix juste, globale et durable. Laquelle devait être fondée sur la légalité internationale et garantissant le retrait total des troupes israéliennes de tous les territoires arabes occupes et l'établissement d'un Etat palestinien, avec "Al Qods Asharif" pour capitale.
Cette position réitérée à cette occasion n'a guère surpris les milieux diplomatiques et les spécialistes des questions du Moyen-Orient et du conflit israélo-ralestinien. Tant elle marquait une fois de plus la constance dans le discours du président Omar Bongo Ondimba au sujet de la question palestinienne. Question qu'il n'a eu de cesse de défendre sur la scène internationale, au sein de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) et même en Afrique.
C'est d'ailleurs à ce titre que notre pays s'est inscrit sur le registre des États ayant reconnu la Palestine avec l'ouverture d'une représentation d'abord, puis d'une ambassade, dont le chef de mission, SE Amin Abou-Hassira, est le doyen du corps diplomatique en poste dans la capitale gabonaise, où un livre de condoléances a été ouvert à l'occasion de la disparition de cette illustre personnalité, ce éminent combattant.
La relation fraternelle qui liait le président gabonais et le dirigeant de l'OLP, Yasser Arafat, s'est traduite chaque fois par les échanges que les deux hommes ont toujours eus lors des nombreuses rencontres en Afrique, notamment à Tunis où le président de l'OLP avait ses quartiers, il y a plusieurs années de cela, et des conférences internationales. Ainsi que lors des différentes visites du chef de l'Autorité palestinienne à Libreville. La dernier remontant à 1997 lors du premier sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), que la capitale gabonaise avait abrité et au cours duquel Yasser Arafat avait tenu à vivre l'engagement des pays ACP à parler d'une même voix face à l'Union européenne.
On comprend dès lors, la consternation du président gabonais qui loue le courage, la détermination et l'action du vieux lutteur palestinien en faveur de sa patrie, la Palestine. Le président Bongo Ondimba, garde de Yasser Arafat le «souvenir d'un ami avec lequel il a eu à travailler.»
Yasser Arafat parti, il reste à développer les relations diplomatiques entre le Gabon et la Palestine
Réaction du chef de l'état...
Omar Bongo Ondimba : " Tous ceux qui l'ont connu louent son courage, sa détermination et son action en faveur de la Palestine"
«Je crois que la mort de Yasser Arafat est une grande perte non seulement pour les musulmans, mais pour tout le monde. Tous ceux qui l'ont connu louent son courage, sa détermination et son action en faveur de la Palestine. Et Arafat meurt au moment où, si je peux ainsi m'exprimer, s'apprêtant à entrer en gare, le train voit les premiers signaux pour s'arrêter. Autrement dit, au moment où l'autre côté est prêt à libérer la bande de Gaza, voilà qu'Arafat décède..
Mais je crois que tous ses amis politiques, ses collaborateurs sauront mener à bien l'action qu'il a commencée. Évidemment; comme je le dis souvent, être d la place de quelqu'un ne signifie pas le remplacer, et vice-versa. Arafat avait une carrure à lui et je ne pense pas que parmi ses successeurs on trouvera la même carrure. Mais on trouvera toujours quelqu'un qui, d'abord fera l'unité de la PalestinE ; ensuite saura mener la Palestine vers l'indépendance. Cela a été le rêve d'Arafat...
Je crois que notre dernière rencontre, c'était en Libye...
Je garde de lui le souvenir d'un ami avec lequel j'ai eu à travailler. La preuve est qu'il y a une ambassade de la Palestine ici au Gabon. J'ai dans mon grand bureau une photo historique sur laquelle Arafat est dans mon dos. Ce qui veut dire que je le portais, je le supportais. On l'a faite dans les années 1980 à Tunis »