Le gouvernement provisoire irakien et l'état-major américain affirment que l'offensive contre Falloudja a été couronnée de succès, tandis que les actes de guérilla se poursuivent à Mossoul et à Baïdji, notamment.
Un marine américain et un soldat irakien ont pourtant été tués à Falloudja avant qu'un char ne "réduise au silence" les activistes responsables de leur mort. L'événement n'a pas empêché le général John Sattler, commandant du 1er Corps expéditionnaire des marines, de déclarer que ses hommes, qui ont fait 1.200 morts et plus d'un millier de prisonniers, avaient "brisé les reins" de l'insurrection.
Criant lui aussi victoire, le gouvernement irakien a évoqué le retour prochain de la population qui a fui l'offensive américaine lancée il y a dix jours contre cette ville de 300.000 habitants et a promis d'offrir 100 dollars de dédommagement à chaque famille.
Un porte-parole du Premier ministre Iyad Allaoui a toutefois reconnu que de nombreux combattants avaient fui la ville, devenue le symbole de la guérilla sunnite, pour poursuivre leur lutte ailleurs.
A Bagdad, la police et la Garde nationale irakiennes ont arrêté 104 activistes présumés, dont neuf sont soupçonnés d'avoir fui l'offensive de Falloudja, au cours d'une vaste opération menée dans le secteur de la rue Haïfa, bastion de la guérilla sunnite à Bagdad, a fait savoir le ministère de l'Intérieur.
Dans un rapport obtenu par le New York Times, les officiers engagés à Falloudja évoquent en outre "l'extraordinaire résistance" des rebelles toujours sur place, qu'il s'agisse de partisans de Saddam Hussein ou de fidèles du Jordanien Abou Moussab al Zarkaoui, l'ennemi numéro un des Etats-Unis en Irak qui se réclame d'Al Qaïda.
LE GOUVERNEUR DE MOSSOUL VISÉ
La guérilla va continuer à perturber les efforts mis en oeuvre pour remettre sur pied les services de sécurité irakiens et pour organiser les élections prévues en janvier, soulignent les auteurs du document.
L'Armée d'Ansar al Sounna, mouvement qui a revendiqué de nombreux attentats et autres prises d'otages, a d'ailleurs promis de s'attaquer aux bureaux de vote et a exhorté les Irakiens à boycotter le scrutin, qualifié d'"infidèle", prévu le 27 janvier.
L'armée américaine a d'ores et déjà été contrainte de dégarnir de front de Falloudja pour envoyer des renforts au nord et à l'ouest de Bagdad, zone majoritairement sunnite ou on redoute une victoire des représentants de la majorité chiite à l'issue des élections.
A Mossoul, troisième ville du pays à 390 km au nord de Bagdad, des insurgés ont pilonné le siège du gouvernorat, faisant un mort et quatre blessés parmi les gardes du corps du gouverneur, a fait savoir l'armée américaine.
Les rebelles ont aussi tiré six salves de mortier sur la base militaire américaine de Mossoul, mais on n'y déplore aucun blessé.
Les violences ont éclaté dans cette ville de deux millions d'habitants après le déclenchement des opérations à Falloudja.
ATTENTATS À BAGDAD, BAÏDJI ET KIRKOUK
Les insurgés se sont emparés la semaine dernière de plusieurs commissariats de police de Mossoul et ils ont pris le contrôle des rues de certains quartiers. L'aviation américaine a opéré des raids et la garde nationale irakienne a été appelée en renfort de la police pour rétablir l'ordre.
Sept Irakiens au moins ont par ailleurs été tués dans des attentats à la bombe perpétrés à Bagdad et dans les villes pétrolières de Baïdji et de Kirkouk, dans le nord, a rapporté la police.
A Ramadi, dans l'ouest, de nouveaux combats ont opposé insurgés et forces américaines, ont déclaré des habitants.
A Baïdji, ville sunnite spécialisée dans le raffinage pétrolier, une bombe a explosé en bordure de route, tuant deux femmes, un homme et un enfant.
Des affrontements entre forces américaines et insurgés ont ensuite éclaté en différents points de la ville, ce qui a amené les militaires américains à isoler la raffinerie située dans le nord de la ville afin de la protéger de toute attaque.
A Kirkouk, ville pétrolière à 250 km au nord de Bagdad, une bombe visant apparemment un convoi militaire américain a explosé en bordure de route, tuant deux civils irakiens.
A Bagdad, une bombe a tué un Irakien et en a blessé un autre. A Ramadi, des habitants rapportent que des unités blindées américaines semblent avoir pénétré dans les quartiers est et centre pour affronter les insurgés qui les ont accueillis par des tirs au mortier, à la mitrailleuse et au lance-grenades RPG.