Les forces américaines ont pénétré d'au moins un kilomètre à l'intérieur de la ville de Falloudja et n'étaient plus loin du centre, même si une résistance acharnée était signalée dans un quartier, ont rapporté des habitants et un officier irakien.
"Ils viennent du nord et ont atteint les quartiers de Hay Naïb al Doubat et d'al Nazira", a dit un habitant à propos des soldats lancés à l'assaut de cette ville qui était aux mains des insurgés.
Le commandant d'une compagnie de blindés américains a fait état d'une résistance acharnée dans le quartier de Djolan et, selon un correspondant de Reuters, un hélicoptère américain a été abattu par une roquette au-dessus de la ville, ce qu'a démenti l'état-major américain.
Selon les Américains, 1.000 à 6.000 insurgés, dont des partisans de Saddam Hussein ou de l'activiste jordanien Abou Moussab al Zarkaoui, sont retranchés dans Falloudja. Dix à quinze mille soldats américains et irakiens sont engagés dans la bataille.
Une clinique a été bombardée par l'aviation américaine et l'on y déplore un nombre indéterminé de victimes. Des médecins ont tiré la sonnette d'alarme, disant qu'il n'y avait plus de chirurgien à même d'opérer et d'ambulances pouvant aller recueillir les blessés.
A Bagdad, un important parti politique sunnite, le Parti islamique irakien, a quitté mardi le gouvernement de transition "pour protester contre l'attaque contre Falloudja, dont est victime la population", selon un de ses hauts responsables, Mohsen Abdoul Hamid.
La décision de cette formation illustre les divisions parmi la classe politique irakienne concernant la décision du gouvernement d'écraser par la force l'insurrection. Un des ministres de ce parti, Hadjem al Hassani, qui détient le portefeuille de l'Industrie et des Mines, s'est d'ailleurs dit en désaccord avec sa formation et restera à son poste.
Dans le reste de l'Irak, les insurgés ont riposté à l'attaque de Falloudja en attaquant trois commissariats de Bakouba, au nord-est de Bagdad. A la morgue de cette ville, au moins 45 corps ont été apportés.
Dans le nord du pays, près de Kirkouk, un véhicule piégé a explosé à l'entrée d'une base de la garde nationale irakienne, faisant trois morts.
Dans la capitale, quatre obus de mortier ont explosé dans le centre, ont rapporté des témoins à la mi-journée.