Le ministère des Transports a entrepris une démarche identique auprès des autorités judiciaires de notre pays, pour cet acte jugé "condamnable" par Paul Mba Abessole.
«Il s'agit d'un acte de banditisme posé pare des pilotes n'ayant aucun respect pour les règles de la circulation aérienne". Voici quelques-uns des propos tenus hier à son cabinet de l'immeuble interministériel, par le vice-Premier ministre en charge des Transports et de l'Aviation civile, Paul Mba Abessole, lors du point de presse qu'il a donné suite à l'affaire que chacun connaît. A savoir, le décollage sans autorisation d'un avion de type Embraer 120 immatriculé ZS-CAE, exploité par la compagnie aérienne National Aiways Gabon et appartenant à la société sud-africaine Charlan Air Charter.
Le vice-Premier ministre, après avoir entendu aussi bien les responsables de La Nationale que ceux de l'Asecna, a jugé que cet acte était condamnable, d'autant qu'il met en péril la sécurité de la navigation aérienne. Selon Mba Abessole, il a d'ailleurs fait l'objet d'une plainte auprès des autorités judiciaires de notre pays, ainsi que de celles de la Communauté internationale, notamment l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).
Une lettre de protestation aurait même été adressée à l'État d'immatriculation avec copie à l'OACI.
Au plan national, le vice-Premier ministre a donné des instructions, notamment au secrétariat général de l'Aviation civile, à l'Asecna, à ADL, à la Haute autorité et à l'ensemble des acteurs intervenant dans le secteur aéronautique de notre pays, pour que soit menée une réflexion approfondie pour prévenir de telles pratiques.
«Des pratique qui, selon Mba Abessole, n'honorent ni leurs auteurs, ni l'État d'immatriculation, ni la communauté aéronautique internationale».
Rappelons le contexte de ce vol tel qu'il a été présenté au vice-Premier ministre chargé des Transports, qui, informé de la situation, a demandé des explications à la direction générale de La Nationale et à la représentation nationale de l'Agence pour la sécurité et la navigation aérienne (Asecna).
VERSION LOCALE• Selon le directeur général de La Nationale au Gabon, Mokthar Nehme Moukétou, l'appareil avait décollé de l'aéroport international Léon Mba vendredi 17 du mois en cours.
Et pourtant, a-t-il dit au membre du gouvernement, la compagnie aérienne La Nationale avait signé un contrat en mai dernier, avec Charlan Air Charter pour la location de l'appareil disparu.
Selon les explications four nies par le directeur général de La Nationale au VPM, «les loyers sont payés régulièrement par versement auprès de la Wesbank, domiciliée en Afrique du sud jusqu'au 26 août 2004, date à laquelle Charlan Air Charter leur a intimé l'ordre de virer désormais les règlements non plus à Wesbank, mais auprès de la Nedbank, toujours en Afrique du Sud (...) Ce qui a été fait et respecté jusqu'à la date de l'incident».
A ce jour, le comte de La Nationale serait créditeur de plus de 55 millions auprès de Charlan Air Charter.
Pour sa part, l'Asecna dit ceci : «Le pilote a demandé à la tour de contrôle un vol local pour vérification technique. L'autorisation a été refusée parce que le vol à vue est interdit de nuit dans les espaces gérés par l'Asecna. Face à ce refus, poursuivent les responsables de l'Asecna, le pilote a souhaité faire une accélération/arrêt pour tester son système hydraulique, ce qui réglementairement ne peut lui être refusé.
A la grande surprise du contrôleur à 22 H TU (23 heures à Libreville), l'accélération/arrêt se transforme plutôt en un décollage pur et simple de l'aéronef.
Contacté par le contrôleur, ajoutent les responsables de l'Asecna, le pilote déclare "avoir été obligé de poursuivre le décollage suite au dysfonctionnement de son système de freinage et pour des raisons de sécurité". Il promet de revenir à la station au bout d'une vingtaine de minutes d'essai dans le secteur ouest de Libreville (secteur où s'effectuent généralement les vols en essai).
Après plusieurs appels sur la fréquence radio utilisée demeurés sans suite, le pilote informe le contrôleur qu'il met le cap sur Kisangani (RDC) à la demande de Charlan Air Charter, propriétaire dudit aéronef.
Aux dernières nouvelles, l'avion se trouverait actuellement à Lanseria Aéroport en Afrique du Sud.