Rentré hier après un séjour de dix jours à Paris, le chef de l'État n'a pas dérogé à la tradition en répondant aux questions de la presse nationale. Le bilan de sa visite en France, l'élection du président Bush, l'état de santé du leader palestinien, la situation en Côte-d'Ivoire, etc. ont été évoqués.
ACCUEILLI à sa descente d'avion par les plus hauts dignitaires du pays, le président de la République, Omar Bongo Ondimba, a regagné Libreville hier en milieu de matinée, au terme d'une visite de travail de dix jours à Paris, où il a eu des entretiens avec la classe politique et le milieu d'affaires français. Tout autant qu'avec le président Jacques Chirac.
Au Palais de l'Elysée, les deux hommes d'État ont procédé à un examen complet de la situation du continent. Celui-ci visait l'harmonisation des vues dans la recherche des solutions pacifiques, politiques et négociées aux crises en Afrique. Notamment celle de la Cote d'Ivoire, sur laquelle le chef de l'État est longuement revenu au cours de l'entretien avec la presse; en même temps qu'il a évoqué d'autres questions portant sur le bilan de son séjour en France, l'état de santé du leader palestinien, l'élection du président Bush et bien d'autres sujets encore.
Répondant point par point aux questions qui lui ont été posées, le président de la République a exprimé une certaine préoccupation en ce qui concerne la «démission volontariste des investisseurs français» qui s'orientent de plus en plus vers d'autres horizons, notamment l'Asie qu'ils écument désormais. Omar Bongo Ondimba a dit avoir fait partager aux autorités françaises cette préoccupation. A ce qu'il semblerait, les relations entre le Gabon et la Chine ne sont pas forcément bien accueillies dans certains milieux français, a déclaré le chef de l'État. Mais, le numéro un gabonais, soucieux de la préservation des relations séculaires avec l'ancienne puissance colonisatrice, a expliqué aux uns et aux autres qu'il faut inscrire les relations sino-gabonaises non pas comme une mise à l'écart de son principal partenaire, mais simplement un acte de diversification et d'ouverture de l'économie gabonaise. Quoi, de plus normal qu'un dirigeant se préoccupe des intérêts de son peuple.
D'autres questions d'intérêt national ont également figuré au menu des discussions entre le président de la République et ses hôtes français. C'est le cas notamment de la réduction du nombre de Places des étudiants africains dans les écoles militaires en France. Une situation déplorée par le chef de l'État qui envisage désormais que la formation des cadres de nos forces de sécurité et de défense se fasse sur place, quitte à faire venir des instructeurs français et d'autres pays. Aussi, Omar Bongo Ondimba s'est-il offusqué de ce que la France ait supprimé son consulat à Port-Gentil. Une situation qui a créé des désagréments aux nombreux compatriotes qui sollicitent des visas. Si la France ne prend pas des dispositions particulières à l'égard du Gabon, le chef de l'État se dit prêt à prendre des mesures réciproques.
SITUATION CONFUSE. Puis le président de la République a abordé la question relative à la santé du leader palestinien Yasser Arafat. Sur ce sujet il s'est montré perplexe, tant il ne savait pas avec exactitude l'état du vieux lutteur. D'autant que des communiqués contradictoires alimentent depuis l'actualité internationale. Quand à Jérusalem on annonce la mort de Yasser Arafat. A Paris en revanche, on affirme le contraire. Une situation confuse pour le chef de l'État qui dit attendre le diagnostic définitif.
Pour ce qui est de la réélection du président américain Georges W. Bush, Omar Bongo Ondimba espère que l'administration Bush, avec laquelle le Gabon a initié un certain nombre d'actions dans plusieurs domaines, forestier notamment, va davantage oeuvrer pour l'amélioration des relations entre nos deux pays.
Abordant la question sur la Côte-d'Ivoire, dont le climat s'est davantage dégradé au lendemain du pilonnage des positions des ex-rebelles par l'armée gouvernementale, le président de la République qui en avait déjà discute avec les responsables politiques français, a tout simplement rappelé l'importance de l'action du Comité de suivi qui s'emploie à harmoniser les avancées tant en ce qui concerne le désarmement que les réformes mentionnées dans les accords de Marcoussis (France). Le chef de l'État qui s'est beaucoup investi est très déçu de ce qui se passe dans, ce pays frère. Les acteurs politiques de ce pays qui ne veulent nullement entendre la voix de la raison. Ce qui contribue bien évidemment à ternir un peu plus l'image du continent.