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Nous appelons le peuple gabonais à renverser le régime d’Omar Bongo
Auteur:  BDP-Gabon Nouveau  | Date: 25 Octobre 2000  | Réactions ()
Section: Notre Pensée

Pour qui Bongo se prend-il?

Le 9 octobre 2000, Omar Bongo forçait son Assemblée nationale fantôme à une revision constitutionnelle partielle qui accordait une immunité totale “au president de la République quant aux actes posés pendant l’exercice de ses fonctions”. Plus spécifiquement, la modification de la constitution faisait loi le principe selon lequel le Président de la république qui a cessé d’exercer ses functions, ne peut être mis en cause, poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé pour des crimes ou actes commis dans l’exercice de ses fonctions et relevant du droit commun tels que stipulés dans l’article 81 de la constitution.

Premier constat: pour qui Bongo prend-il le peuple gabonais? Vu qu’aucun autre president vivant n’a cessé ses functions au Gabon, et que Bongo est le seul dictateur connu au Gabon depuis la mort de Léon Mba en 1967, on se demande à quel jeu Omar Bongo veut jouer. Pourquoi ne pas tout simplement stipuler nettement et clairement dans sa constitution “tonneau vide” que cette constitution est faite sur mesure pour protéger Bongo des poursuites judiciaires qui vont certainement saluer son depart? Ce vague est vraiment inutile et constitue une insulte impardonnable dans la mesure où Bongo et le peuple savent pertinemment que Bongo s’est tout simplement auto-amnistié en corrompant une Assemblé nationale qui, par ce fait, est devenue complice de ses aspirations monstrueuses.

Deuxième constat: vu que Bongo a lui-même longtemps bafoué la constitution gabonaise, qu’il a modifiée au gré de ses humeurs, soit pour prolonger ses multiples mandats, soit pour s’assurer des victoires électorales sans faille, de quel droit Bongo peut-il attendre que son successeur respecte l’esprit d’une constitution qui n’aura plus grande valeur quand Bongo ne sera plus là? Quel est donc ce type d’enfantillage qui fait croire à Bongo que sa constitution, taillée sur mesure pour lui-même, sera celle que les Gabonais, demain libérés de lui, voudront adopter? Ne voit-il pas que sa constitution ne sera qu’un tas de papier qui ne sera même pas assez bon pour une utilisation dans les chiottes? En s’auto-aministiant, Bongo montre, encore une fois, le mépris qu’il a pour le peuple gabonais. Mais, bon sang! S’imagine-t-il qu’il a, avec son Assemblée “bidon” actuelle, le droit de s’amnistier? Ne voit-il pas que le droit d’amnistier un leader relève seulement et uniquement d’une décision suprême du peuple gabonais?

Qu’est-ce qui fait croire à Bongo qu’il terminera paisiblement son mandat actuel? Ne voit-il pas que le monde bouge, et qu’au rythme actuel de son mouvement, des dictatures comme la sienne tombent? Ne comprend-il pas que personne ne lui pardonnera jamais les méfaits qu’il a accomplis à la tête de notre pays et que le jour approche inexorablement où il devra, personnellement et sans ambages, rendre des comptes à notre nation?

Bongo est si aveuglé par le pouvoir que, dans son vieillissement malfaisant, il ne fait toujours pas montre d’une sagesse qui pourrait, peut-être demain, permettre au peuple de montrer un peu de magnanimité pour lui?

Les leçons et les occasions d’apprendre ne manquent pourtant pas. Le Bénin et le Sénégal, exemples positifs par excellence parmi d’autres, nous ont montré comment l’on pouvait éviter à un pays les désastres qui surviennent d’un refus de l’alternance. A côté de ces exemples, il y a des cas incroyables comme ceux de Bédié et Guei en Côte d’Ivoire. Ces deux messieurs, comme Bongo, ont voulu diviser le pays en y semant la discorde ethnique et politique, parce qu’ils voulaient coûte que coûte sauvegarder leur pouvoir. Ils ont pris le peuple pour des moutons de panurge dont ils pouvaient se jouer à volonté. Mais, comme on peut le voir, le courage des Ivoriens a eu raison de ces dictateurs aux pieds d’argile.

Leçons pour le peuple gabonais

Les leçons pour le peuple gabonais sont, plus que jamais, multiples. La Yougoslavie, mais aussi l’Indonésie avant elle, a démontré qu’un peuple persévérant arrive toujours à bout de ses dictateurs. Les Yougoslaves, pendant des jours et des nuits, sont restés dans la rue et ont refusé de négocier avec un Milosévic qui, comme Guei, avait essayé de jongler avec le résultat des urnes. Les Ivoriens, en moins de trois jours, sont venus à bout de Guei en s’amassant dans les rues, montrant ainsi à Guei qu’il n’avait d’autre choix que le départ immédiat.

La question pour nous, Gabonais, est alors la suivante: allons-nous encore laisser Bongo nous traiter comme de la boue, ou allons-nous également exiger de lui qu’il nous rende notre dignité en débarassant tout de suite le plancher?

Il est évident que les Gabonais manquent aujourd’hui de vrais leaders. Car, un peuple, on le comprend, se décourage parfois très vite quand il a l’impression d’avoir un président indéracinable à sa tête. C’est pourquoi un peuple qui a de vrais leaders au sein de l’opposition arrive toujours à chasser ses dictateurs. Au Gabon, nos leaders se sont endormis dans l’aisance de leurs postes, et ont laissé Bongo piller, détruire, emprisonner, étouffer, tuer, diviser et déshumaniser la nation.

Mais qu’est-il donc arrivé aux Mamboundous, Mba Abessole et autres Agondjo? Ces messieurs n’ont ils pas encore compris que le temps de la politique polie est révolu? N’ont-ils pas entendu les cris du peuple, de la nation? Ne savent-ils pas, après tant d’années, que seule une politique du bras de fer fait tomber les dictatures? Que la politesse en politique, face à un dictateur sanguinaire, ne mène à rien? Que sans descente dans les rues, sans manifestations, sans révolution et bras de fer permanent, il n’y a point de salut? Pourquoi un tel endormissement qui laisse libre cour à Omar Bongo? Ne voyez-vous pas qu’aujourd’hui le Gabon a plus que jamais besoin de leaders capables de les conduire à la révolte? Croyez-vous que le régime de Bongo serait capable de résister à un siège populaire d’une petite semaine? Qu’est-ce qui vous fait donc peur? Est-ce vos postes administratifs que vous avez peur de perdre ou manquez-vous tout simplement du courage qui fait la vraie trempe de leaders, leaders capables de laisser de côté leurs intérêts personnels pour celui du peuple? De quoi avez-vous donc peur? De la prison? De la mort? Ne voyez-vous donc pas que faire de vous des martyrs contribuerait à précipiter le départ d’Omar Bongo?

Au peuple Gabonais, nous disons donc ceci: Puisque nos leaders manquent de courage et se sont vendus corps et âme à Bongo ou à leurs petites peurs personnelles, il nous appartient aujourd’hui de conquérir notre liberté par tous les moyens possibles. Le temps de l’attente est révolu, chers amis. L’heure des débats et des négociations interminables au Gabon est révolu. Il n’y a plus de place pour la négociation. Ce qu’il nous faut aujourd’hui au Gabon, c’est une révolution.

Notre révolution n’a que trop attendu. Bongo doit être chassé et pourchassé jusqu’aux quatres recoins du monde s’il le faut. Il s’est assez joué de nous.

Nous en appelons donc à tous les Gabonais au Gabon comme à l’étranger à s’attendre à rendre la vie insupportable à Omar Bongo. Nous, au BDP, nous nous déclarons, plus que jamais, pour la révolution immédiate.

Nous en appelons donc le peuple gabonais à renverser le régime d’Omar Bongo par des sittings publics dans tous les coins du Gabon et devant la présidence, par l’arrêt du travail sur toute l’étendue du territoire et par l’assaut sur la présidence pour en chasser Bongo.

Aux leaders gabonais, nous lançons un appel patriotique. Organisez-vous pour encourager le peuple à une révolte immédiate. Ne donnez plus l’occasion à Bongo de vous inviter à des négociations. Celles-#i n’ont plus de valeur chez nous. Ce qu’il faut, c’est le forcer à partir tout de suite, et avec lui son régime.

Aux militaires gabonais, nous demandons d’aider le peuple en vous révoltant contre le régime de Bongo par un coup d’état s’il le faut. N’obéissez plus aux ordres du dictateur. Au contraire, battez-vous pour nos libertés à tous en vous opposant à toute personne qui voudrait faire du mal au peuple pour sauver le régime de Bongo.

Ce qu’il nous faut au Gabon désormais, c’est une révolution généralisée.

Cette révolution peut venir d’un soulèvement généralisé des masses. Elle peut aussi venir d’un coup d’état militaire. Le BDP se prononce résolument pour un coup d’état populaire ou militaire qui viendrait immédiatement à bout du régime de Bongo. Ne laissons pas perdurer chez nous une situation qui n’a plus de sens à un moment où d’autres pays ont pu reconquérir leur dignité par le courage et la force de la rue. Ne faisons pas croire au monde que nous sommes un peuple si passif que nous ne pouvons pas accomplir ce que les uns et les autres ont pu accomplir ailleurs.

Un pressing de toutes les forces vives de la nation, au gabon comme à l’étranger, chers compatriotes, nous permettra de venir à bout de notre dictateur. Ne soyons pas la risée du monde en gardant à notre tête l’un des plus vieux présidents du monde, un président dont la présence ne fait qu’appauvrir notre peuple, contraint les intellectuels gabonais à l’exil et vide petit à petit le pays de toutes ses richesses.

Gabonais de la diaspora et gabonais au pays, le moment est venu de prendre en main notre propre destinée. Organisons-nous pour chasser Bongo du pouvoir immédiatement, par tous les moyens possibles.

Faites passer le message, distribuez cette lettre parmi vous, publiez-là dans les journaux d’opposition et dites ouvertement à Bongo, partout, qu’il est temps qu’il parte, que s’il ne part pas de lui-même, il sera impitoyablement chassé par le peuple.

Militez, rejoignez-nous dans ce combat renouvelé contre le régime de Bongo. Informez vos amis, vos parents, vos frères et soeurs que le départ de Bongo doit se faire maintenant ou jamais.

BONGO DOIT PARTIR, maintenant ou jamais.

Chers compatriotes, le danger au Gabon aujourd’hui serait de laisser Bongo terminer son mandat illégal actuel. En laissant Bongo terminer son illégal mandat, il aurait le temps de bien organiser son départ en laissant en place son régime qu’il veut faire diriger par Ali Bongo. Nous ne pouvons pas nous permettre cette continuité de père en fils avec un régime de 34 ans en place. Ceci serait terrible pour le peuple.

Le BDP déclare donc aujourd’hui, publiquement et ouvertement, que seuls des soulèvements populaires ou un coup d’état en bonne et due forme, ou une combinaison des deux, pourront faire partir Bongo et son régime. Nous allons donc tout faire pour causer la fin du régime Bongo par ces deux moyens, sans relâche et sans peur.

Rejoignez-nous dans ce combat, sans peur et sans abnégation, pour un départ immédiat de Bongo. Pour que vivle le Gabon.

New Jersey, le 25 octobre 2000
BDP-Gabon Nouveau
Pour la Construction d'un Gabon Nouveau


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