Montclair, USA (27 avril 1999) - Rappelez-vous: nous fûmes la seule voix gabonaise ayant osé s'insurger contre la visite d'Omar Bongo aux Etats-Unis. Ainsi, le 12 avril, c'est-à-dire à peu près une semaine avant la visite d'Omar Bongo aux USA, nous adressâmes des lettres de protestation non seulement à divers organismes privés ou para-étatiques, mais aussi aux autorités américaines. Dans cette lettre, nous faisions un certain nombre de doléances dont les plus importantes furent:
1) que presse ne devait pas être accordée à la visite de Bongo aux USA à cause du caractère honteux de ce personnage.
2) que les hautes autorités américaines ne devaient pas tout tout le rencontrer
3) que la dette du Gabon ne saurait être annulée dans les conditions de corruption et d'incompétence actuelle du régime Bongo.
Parmi ces trois doléances majeures, il semblerait qu'au moins les deux premières aient abouti et que la troisième soit en passe de l'être puisque Bongo n'a pas encore clâmé sur tous les toits qu'un accord a été signé avec les autorités américaines ou avec les institutions financières internationales.
Certes, le FMI et la Banque Mondiale finiront par lui donner une deuxième chance, bien que la forme que prendra cette deuxième chance reste aujourd'hui assez incertaine. Cependant, ils ne manqueront pas d'imposer à Bongo une rigueur de gestion et une ascèse qui risquent d'être très pénibles pour le régime. Au bout du compte, Bongo sera confronté non seulement à son incapacité de réformer son système, mais aussi à la montée des revendications multi-sectorielles dans le pays. C'est dire que Bongo vit et continuera à vivre sur les charbons ardents de ses propres bévues.
Mais que pensait donc notre bonhomme? Qu'à une époque où Clinton veut refaire son image de marque, il s'encombrerait de l'ignominie honteuse que représente ce desposte gabonais? Ce que Bongo semble oublier c'est que quand un président américain reçoit une personalité étrangère, cette réception est hautement médiatisée. Recevoir officiellement Bongo aurait donc forcément attiré l'attention des médias sur cet émirat équatorial à genoux qu'est le Gabon et sur le honteux président qui, assis sur le pactole d'un pays d'un million d'habitants, vient honteusement quémander l'annulation d'une dette qui n'aurait pas dû exister, vu que le revenu par habitant de son pays est plus élevé que celui de certains pays d'Europe centrale qui eux, sont pourtant des pays hautement industrialisés.
Perdu dans sa mégalomanie incorrigible, Bongo ne se rend même pas compte que les Français commencent eux aussi à se sentir embarassés par ses présences encombrantes mille fois renouvellées, ce qui fait qu'ils sont tous obligés de lui faire danser le Mambo. Ainsi, quand Bongo va au FMI, le FMI lui dit d'aller d'abord régler ses comptes avec la Banque Mondiale. Arrivé à la Banque Mondiale, on lui demande comme préalable de parler avec les Français qui, à leur tour, le renvoient chez les Américains.
Et notre homme de voyager piteusement de capitale en capitale, recherchant des solutions complexes à un problème simple qui se résume à deux petits mots:
Réformes internes profondes ou BDP.
Mais notre bonhomme ne comprend que très difficilement ce genre de langage limpide. Il préfère la langue du seau troué qu'il souhaite voir remplir éternellement alors qu'il suffit de boucher le trou.
En tout cas, tant que le BDP sera là, la caravane de Bongo ne passera pas.
Eveillons-nous, Gabon!
BDP-Gabon Nouveau.
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