Jean-Daniel Mbina Mbadinga, tête de liste, de l'UPG aux élections locales à Mougoutsi et délégué administratif au bureau provincial, a décidé, hier, de rejoindre les rangs du PDG. Il dénonce le climat délétère qui prévaut au sein de l'Union du peuple gabonais et qui soumet à rude épreuve les responsables du parti et les militants. Il a pris l'engagement de «s'investir pleinement et avec sacrifice et abnégation à la construction du Gabon aux côtés du président Bongo Ondimba.
LUnion du peuple gabonais, formation de Pierre Mamboundou vient d'enregistrer une nouvelle démission de l'un de ses plus importants militants de Mougoutsi. Jean-Daniel Mbina Mbadinga, naguère tête de liste de ce parti de l'opposition radicale aux dernières élections locales partielles de Mougoutsi et délégué administratif au bureau provincial de la Nyanga, a annoncé son départ de l'UPG.
Dans une déclaration rendue publique en fin d'après-midi; Jean-Daniel Mbina Mbadinga, qui s'en était tiré lors de ce scrutin avec quatre conseillers, contre sept (7) pour le Parti démocratique gabonais, cinq (5) pour le Parti gabonais du progrès, quatre (4) pour l'Alliance démocratique et républicaine, a décidé «en toute âme et conscience, de rejoindre les rangs du Parti démocratique gabonais (PDG) dirigé de main de maître par un grand homme d'Etat; artisan du dialogue et apôtre de la paix, (...), El Hadj Omar Bongo Ondimba».
L'ancien cadre upégiste a déclaré avoir pris cette décision importante en « considérant que le climat politique actuel dans notre pays nécessite la constitution des grands ensembles, aptes à asseoir une démocratie plurielle plus forte et une intégration nationale effective pour le mieux être des Gabonaises et des Gabonais», de même qu'en considération la situation très délétère qui prévaut à l'Union du peuple gabonais (UPG) face aux mutations politiques du moment. Celle-ci, indique- t-il, dans sa déclaration de démission, «soumet à rude épreuve non seulement les responsables du parti, mais aussi tous ses militants».
SERIEUX COUP. Cette situation, poursuit-il, appelle de toute urgence un redressement de l'Union du peuple gabonais. Il rappelle que lors des dernières consultations électorales, tant locales que législatives, l'Union du peuple gabonais a «donné l'impression d'une participation partielle, qui ne donnait lieu à aucune motivation forte sur le terrain». On se souvient que lors de cette consultation partielle Pierre Mamboundou avait fait irruption dans le chef lieu du département de Mougoutsi pour apporter son soutien et tente de mettre fin à l'hégémonie du PDG dans cette localité.
Ensuite, pour bien marquer son choix, il a pris l'engagement de s'«investir pleinement et avec sacrifice et abnégation, à la construction de notre édifice commun, le Gabon, pays béni de l'Eternel et envié de beaucoup de personnes dans le monde», argue t-il dans le document parvenu à notre rédaction. « Considérant que notre pays s'étant dans l'encrage d'une le démocratie multipartite, a besoin de l'adhésion et de la participation massive de toutes les forces vives de la nation pour poursuivre cet idéal noble des grandes Nations».
Cette démission de l'une des figures de proue de ce parti à Mougoutsi porte un sérieux coup à l'UPG, qui en sortira, sans nul doute, très affaibli dans cette contrée. Surtout qu'elle n'a jamais pu, malgré les fréquentes incursions de son principal dirigeant, réussi à véritablement imposer son discours à fortes aspérités contre le pouvoir en place.
On peut donc s'attendre à une recomposition des forces à Mougoutsi, si tant est que la démission de M. Mbina Mbadinga, entraînera également celle de nombre de ses compagnons et autres militants qui lui sont proches et qui partagent ses points de vue. Une perspective crue l'homme, interroge hier dans la soirée, n'a pas écartée.
Plus généralement, le départ de ce dirigeant upégiste du département de Mougoutsi va nécessairement avoir une incidence sur la stratégie échafaudée par Pierre Mamboundou dans cette partie du pays, où l'homme entendait bien ancrer son discours et venir au bout de ses ambitions.
Depuis ces deux dernières années, l'Union du peuple gabonais enregistre de nombreuses défections dans ses rangs en raison, avaient énoncé les démissionnaires et néo-pédégistes, des agissements de leur ancien leader. Lequel avait été accusé de gérer le parti en l'absence de toutes règles démocratiques puisque son parti n' arrive toujours pas depuis sa création à organiser un congrès. Ces raisons avaient été brandies lors des démissions en cascades de certains hauts, dont les plus célèbres étaient Blaise Sédar Makanga (ancien député UPG de Gamba), Benjamin Nyoudou, un membre fondateur de cette formation politique. D'autres cadres et jeunes upégistes de certains quartiers de Libreville avaient également pris le parti de dénoncer des pratiques, le discours de haine propagé par, les upégistes. Et d' apporter leur contribution à l'oeuvre d'édification et de construction du pays engagée par le président Bongo Ondimba. Reste maintenant à savoir comment la direction de l'Union du peuple gabonais réagira après le départ de ce cadre local de ses rangs.