Le parti de Pierre Mamboundou a enregistré hier la démission de la coordinatrice provinciale du Moyen-Ogooué, Mme Barry née Ilama Salamatou. Celle-ci intervient après la défection il y a quelques jours de Jean-Daniel Mbadinga, alors délégué administratif du bureau provincial de la Nyanga. Comme les autres qui l'ont précédé, elle décide à son tour de rallier en "toute âme et conscience", les rangs du PDG. Elle reproche à Pierre Mamboundou d'être simplement "un séducteur hors pair placé à la tête du parti sans stratégie politique de conquête du pouvoir".
L'UNION du peuple gabonais de Pierre Mamboundou, leader de ce qui reste encore de l'opposition radicale, traverse une mauvaise passe avec les démissions en cascade qui se succèdent désormais.
Après les départs de Benjamin Nyoundou qui fut un des membres fondateurs de ce parti et occupait les fonctions de premier secrétaire, de Sédar Makanga, ancien député de Gamba, de Jean-Claude Ndogou, et celui il y a quelques jours seulement de jean-Daniel Mbadinga, alors délégué administratif du bureau provincial de l'UPG dans la Nyanga, le parti de Pierre Mamboundou terré à Ndendé, vient d'enregistrer une nouvelle défection.
Il s'agit de la démission enregistrée hier de la coordinatrice provinciale du MoyenOgooué, Mme Barry née Ilama Salamatou qui vient de décider de rompre avec l'UPG et s'engage à adhérer au PDG pour "rejoindre mes nombreux camarades épris de paix et de justice pour mener avec eux, tous les efforts accompagnant l'oeuvre de construction du pays dans la sérénité du dialogue, de la tolérance et de la paix chers à la politique prônée par le chef de l'État, président- fondateur du PDG, Omar Bongo Ondimba".
La déclaration de ce départ a été lue hier devant un parterre d'invités; des militants acquis à_ sa cause au quartier "Beau Séjour", et devant quelques membres du bureau qu'elle dirigeait il y a encore vingt-quatre heures.
COUP DUR • Cette nouvelle défection constitue à coup sûr un nouveau coup dur pour le maire du chef=lieu de la Dola, car elle confirme le déclin actuel de l'UPG formation politique de l'opposition aujourd'hui en totale déperdition et en mal de repérés depuis le cantonnement de son leader à Ndendé, localité dont il est le maire.
Comme ses prédécesseurs, la désormais ex coordinatrice provinciale du Moyen-Ogooué dix avoir été "abusée" pendant les dix années passées au sein de l'UPG. Aussi dénoncent-elle le manque de stratégie, de clairvoyance et la non tenue,,depuis plus d'une décennie d'existence du parti, d'un Congrès.
"J'ai remarqué tout au long de mon parcours et à l'exercice de mes fonctions de coordinatrice provinciale, qu'à la tête de notre parti nous avons placé un séducteur hors pair et sans stratégie politique réelle de conquête du pouvoir. Nous naviguons à vue presque tous les jours. La preuve, depuis seize ans, notre parti a été incapable d'organiser un congrès, de rassembler autour de lui toutes les forces actives de l'opposition et de bien administrer le fonctionnement quotidien de la structure. Ce sont là, quelques raisons qui m'ont amenée après avoir mûrement réfléchi, à sortir librement de l'UPG".
Mme Barry affirme que sa démission n'a pas été motivée par un intérêt quelconque, pour couper court aux déductions souvent faites, comme à chaque fois qu'un événement du genre se produit.
Après dix ans de militantisme aveugle, d'un fanatisme débordant, Mme Barry née Rama Salamatou, est résolue a clouer au pilori son ancien mentor, aujourd'hui au banc des accusés par ses nombreux militants mécontents de voir Pierre Mamboundou, comme les autres leaders de ce qui reste de l'apposition radicale, détourner leur formation politique de ses objectifs initiaux. Au point que ?es fruits récoltés aujourd'hui sont simplement, avoue Mme carry, la résultante d'un irréalisme politique en dépit des abondants discours très démagogiques.
ENLISEMENT • L'Union du peuple gabonais avait suscité bien des espoirs parmi les Gabonais (es). Aujourd'hui, seize ans après sa création, le parti de Pierre Mamboundou connaît un enlisement sans pareil caractérisé par un isolement et une paralysie politique avec pour conséquences visibles : les dérives de toutes sortes et les violations, et des règles et du jeu démocratique" a fait savoir a l'assistance la coordinatrice provinciale démissionnaire.
Ainsi, l'UPG se complaît-elle à vivre désormais dans la léthargie la plus totale par "l'absence des tournées de prise de contact avec les structures de base de l'hinterland, en dépit, des subventions que l'État alloue chaque année à tous les partis politiques disposant d'au moins un élu au Parlement ou au sein des collectivités locales". Renvoyant ainsi aux calendes grecques, les grandes orientations qui soutendent les actions à mener et la ligne politique de l'Union du peuple gabonais qui se veut pourtant une formation politique de gouvernement.
"Malheur à l'homme seul" avait dit un jour, feu le président Barthélemy Boganda. Avec cette nouvelle défection, Pierre Mamboundou est de plus en plus isolé et fragilisé. C'est un grand risque pour lui, que d'avoir choisi, comme mode de vie, l'obstination et le cloisonnement. Pis, aumoment où l'on parle de cohabitation politique et de la construction des grands ensembles en Afrique et sous d'autres cieux.