Au dernier jour du processus ouvert le 1er janvier dernier, de nombreux compatriotes se sont, comme à l'accoutumée, rués en masse dans les centres d'inscriptions.
LANCÉE depuis le début du mois de janvier par le ministère de l'Intérieur l'opération, de révision des listes électorales s'est achevée, hier jeudi 31 mars 2005, sur l'ensemble du territoire, conformément aux dispositions du Code électoral sur une note positive au regard de la forte mobilisation enregistrée au cours de ces dernières semaines.
A Libreville et Owendo, l'ultime jour de cette phase au cours de laquelle les Gabonais en âge de voter ont été appelés pendant trois mois à aller se faire inscrire, vérifier si leurs noms figuraient biens sur les fichiers électoraux placardés dans les différentes centres et bureaux ouverts dans les mairies d'arrondissements, celui-ci a été marqué par une forte affluence. Dans certains centres d'inscription de la capitale que nous avons sillonné hier, I'on a u observer des longues fies d'attente, tantôt à la devanture d'une mairie, tantôt à celle d'une case d'écoute qui étaient des endroits indiqués pour accueillir les nombreux compatriotes désireux de figurer sur les listes électorales.
Ce déferlement de personnes aptes à participer au prochain vote était l'aboutissement d'un processus enclenché, il y a plusieurs jours, au fil et à mesure que la date butoir approchait. C'est du moins le sentiment d'un agent inscripteur interrogé hier qui estime que «Depuis le début de la semaine, nous avons eu l'impression qu'il y a eu une mobilisation de dernière minute devant aboutir au constat que nous faisons aujourd'hui».
TENDANCE• Au final, plusieurs centres et bureaux ont connu des pics de présence jamais égalés depuis le début de l'opération. A l'Hôtel de Ville de Libreville, par exemple, la seule matinée d'hier a permis aux agents inscripteurs d'enregistrer un peu plus de 400 inscriptions, alors que depuis le début de l'opération, on se situait autour de 200 inscriptions par jour.
Quant aux autres centres basés dans des mairies d'arrondissements, la tendance évolutive a été bien exprimée: A la mairie du 1er arrondissement, les inscriptions sont passées de 300 à près de 1000 par jour, révèle un responsable. Une progression également observé au 6e arrondissement à Nzeng-Ayong, qui compte une forte concentration de population. Idem pour les 3e et 5e arrondissements de la capitale, où de nombreux jeunes filles et garçons étaient présents pendant plusieurs heures.
Du côté d'Owendo, notamment à la Case d'écoute de la cité SNI, à Nomba Domaine, on a pu constater que même en début d'après-midi, de nombreuses personnes attendaient leur tour de passage devant les agents inscripteurs qui s'employaient à conduire le processus jusqu'à son terme. Cela sous les regards des agents de forces de l'ordre réquisitionnés depuis des semaines pour maintenir l'ordre et éviter tous débordements.
De nombreux retardataires interrogés n'ont pas été à cours d'arguments pour justifier leur présence lors de l'ultime jour de clôture de l'opération. « Les multiples occupations que nous avons nous ont empêchés de nous manifester un peu plus tôt, mais comme l'opération arrive à son terme et que nous savons que nous n'aurons plus une autre possibilité, nous sommes obligés de venir aujourd'hui en masse, même si c'est tard , car mieux vaut tard que jamais», estiment certains.
Pour d'autres l'importance ne réside pas dans la date d'inscription où de révision: « L'importance pour nous est que nous Murions sur les listes électorales pour ne pas être en marge de l'élection présidentielle de décembre 2005. Car, l'inscription sur les listes électorales nous donnera l'occasion de choisir notre futur président de la République», argue, un des retardataires qui tentait de relayer le sentiment de nombreux autres présents dans un centre.
Il faut dire que la dernière journée aura donc été une véritable occasion de constater, qu'en dépit du peu d'engouement observé en tout début de la phase de campagne et par les nombreux appels lancés par les acteurs politiques, les associations et par les spots invitant à aller se faire inscrire sur les listes électorales. Et surtout de lutter contre l'abstention qui, même si elle demeure encore l'inconnue lors du vote prochain, pouvait déjà être combattue par une présence forte dans les centres et bureaux ouverts sur l'ensemble l'étendue du territoire.
Cette affluence témoigne donc à suffisance de l'intérêt croissant des Gabonais à accomplir leur devoir civique devant les amener, en décembre prochain, à prendre part au vote de désignation du président de la République.