Les députés et sénateurs du parti au pouvoir veulent pourtant que le vieux president reste en place
Lors de la clôture des quatrièmes journées parlementaires organisées à Lambaréné, les députés et sénateurs du parti au pouvoir et ceux des partis alliés ont invité Omar Bongo Ondimba a briguer un nouveau mandat. Et Michel Essonghé de rappeler que « l'unique atout » du Gabon n'est pas arrivé au pouvoir par hasard ou par la force. Il était par « ses qualités humaines, morales, intellectuelles et ses aptitudes au commandement, l'atout qu’avait entre les mains le président Léon Mba » pour l'avenir du pays.
Soit, mais 38 ans après, combien de gabonais partagent ces affirmations et pensent qu'il peut être encore « le décideur et le visionnaire » de leur avenir ? Et quel est l’atout que le président Omar Bongo Ondimba a entre les mains ?
La réponse à ces questions déterminera le devenir des gabonais et des gabonaises, toutes générations confondues, après décembre 2005. Le non-respect de l'ordre constitutionnel dans certains pays et surtout le tableau si sombre de ce qui se passe au Togo provoque inquiétude et indignation chez certains gabonais face aux risques similaires d'une montée des forces antidémocratiques au cas où ...
La togolisation du pouvoir hante maintenant les esprits. Le scénario du Togo était prévisible et redouté, comme dans plusieurs pays de l'Afrique francophone, appartenant au « pré carré français », qui comprend : Burkina Faso, Cameroun, Congo-Brazza, Gabon, Guinée, Tchad. etc...
Depuis au moins ce jour de l'an 2001, au lendemain d'une visite à Lomé de M. Chirac, président de la République française, le Général Eyadema qui a dirigé le Togo sous sanction de l'Union Européenne (UE) pour « déficit démocratique », avait entrepris de modifier la Constitution pour s'octroyer un énième mandat, malgré un engagement public de se retirer aux termes de son mandat qui courrait jusqu'en juin 2003.
Récemment encore sur les ondes de Radio France International (RFI), le président Bongo Ondimba avait déclaré que « en 2005, après ce mandat, si je suis élu 0u battu, eh bien nous en parlerons. Mais pour le moment, il ne s'agit pas de dire que je veux être président à vie. Est-ce qu'il appartient à un individu ou à un club des individus comme nous l'étions de décider en disant le mandat du président doit être limité à deux mandats ? Nous avons enlevé ce verrou ».
Interrogé sur sa succession, il avait répondu : « ma succession, il faut seulement dire est-ce que vous ne penserez pas à s'arrêter ? Mon successeur c'est pas moi qui le chercherai, qui le trouverai »
Au sujet de sa longévité politique comparée à Eyadema, le président Bongo Ondimba avait avant le décès de ce dernier, déclaré que « lui c'est lui, moi c'est moi... », Pourtant, bien que comparaison ne soit pas raison, Gnassingbé Eyadema est né le 26 décembre 1935, et Omar Bongo Ondimba le 30 décembre 1935. Le premier est arrivé au pouvoir le 14 avril 1967 et le second le 28 novembre 1967. Tous les deux ont dirigé d'une main de fer leurs pays durant les 38 dernières années. L'un comme l’autre ont fait trembler leur peuple suite à une folle et fausse rumeur sur leur état de santé. Tous deux possèdent un fils député et membre du gouvernement dans lequel ils occupent des postes stratégiques.
Le fils du défunt président Eyadema, aidé par l'armée et au mépris de la Loi fondamentale, s'est emparé de force du pouvoir lors du décès de son père avant de se rétracter sous la pression de la communauté internationale sans pourtant mettre une croix sur ses ambitions. Le fils du doyen des chefs d'Etat africains est soupçonné par ses détracteurs de se positionner dans la course à la succession de son père.
Le premier président du Gabon Léon Mba dirigea le pays jusqu'à sa mort survenue le 28 novembre 1967. Le 2 décembre 1967, conformément aux dispositions constitutionnelles, sa succession revint au vice-président Albert Bernard Bongo (aujourd'hui Omar Bongo Ondimba).
Depuis le décès d'Eyadema et malgré les appels des uns et des autres à une énième candidature d'Omar Bongo Ondimba en juin ou en décembre prochain, des voix s'élèvent à l'intérieur et à l'extérieur du pays pour demander le retrait d'Omar Bongo de la compétition et le positionnement de « l'atout qu'il a entre ses mains ». Le fera-t-il ? Nul ne peut le dire. Car le « vieux » a encore des projets pour son pays.