Au lendemain de sa déclaration de non participation à la prochaine élection présidentielle, faite sur le perron du palais présidentiel, le vieux leader, progressiste s'explique davantage sur son avenir et celui de son parti qu'il n'entend point voir mourir ni totalement délaisser.
- Me Pierre-Louis Agondjo-Okawé, vous avez déclaré au sortir de l'audience que vous a accordée le chef de l'Etat que vous ne serez pas candidat à la présidentielle de décembre prochain. Pouvez-vous le confirmer à nos lecteurs ?
LA question qui m'a été posée au sortir de la présidence de la République était, il faut l'avouer, impromptue pour ne pas dire 'à brûle-pourpoint. Avant toute chose, je voudrais préciser, pour ne pas faire dans amalgame, que je ne suis pas allé à la présidence pour le compte du PGP, encore moins pour mon propre compte. je suis simplement allé accompagner un ami, Me Pouzère qui s'est déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle en RCA et qui a été reçu en audience par le chef de l'Etat 'pour résoudre un certain nombre de questions inhérentes à cette électron. je n'étais, pour ainsi dire, qu'un simple témoin. Au sortir de l'audience, ainsi quel e viens de vous le dire, j'ai été sollicité par la presse présidentielle qui voulait savoir si le serai candidat à la prochaine élection présidentielle et si le PGP a déjà réfléchi sur la question. J'ai répondu, qu'en ce qui concerne le PGP, il ne s'est pas encore prononcé, l'échéance étant encore éloignée, mais il viendra le moment où il le fera. Quant à ma candidature, j'ai demandé aux uns et aux autres de se souvenir de l'élection de 1998 à laquelle je n'avais pas pris part eh tant que candidat pour des raisons de santé. N'étant pas au mieux aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi je serais candidat pour briguer un mandat présidentiel en décembre prochain. Déjà que je ne suis plus aussi endurant que je l'étais en 1993, année au cours de laquelle, candidat à l'élection présidentielle, j'ai parcouru tout le territoire a national avec ce que cela induit c comme difficultés et anecdotes. Il faut ajouter à tout cela, le fait que je ne serai plus président de mon parti vu que je ne me présenterai plus comme candidat à ma propre succession à la tête du parti.
-Comment se porte le PGP aujourd'hui et surtout comment entrevoyez-vous ce parti après votre retrait définitif de la scène politique qui interviendra sûrement après votre prochain congrès, dont on aimerait également avoir la date de la tenue ?
-Le PGP se porte tant bien que mal dans plusieurs localités du pays où nous sommes implantés. En l'occurrence l'Estuaire, l'Ogooué-Maritime, la Nyanga et même le 1NoleuNtem.Vous serez même surpris d'apprendre que le parti se porte bien à l'extérieur : au Sénégal et en Afrique du Sud. Pour ce qui est de mon départ définitif de la scène politique, je dirai simplement que quand un chef s'en va, c'est le cas du Togo, tout le monde s'excite pour prendre le contrôle du bateau. C'est la raison pour laquelle le parti va vau-l'eau à cause des ambitions, somme toute légitimes, exprimées par ceux qui veulent me succéder. j'avoue tout de même avoir une part de responsabilité dans ce remue-ménage qui arrive aujourd'hui au parti. Elle se situe au fait que j'ai un peu trop tôt annoncé mon retrait de la scène politique. Mon tort est d'avoir annoncé mon départ trop tôt. Cette attitude se justifiait, en tout cas, par le fart que le voulais donner à tous ceux qui veulent me remplacer suffisamment de temps pour se préparer à la succession. Je faire oeuvre utile, malheureusement j'offrais-là l'occasion à tous ceux qui se bousculent au portillon de se livrer à une véritable foire d'empoigne. Il faut dire égaiement que l'annonce officielle de mon retrait de la scène politique c~a it été prévue pour le 10 mars, date à laquelle le congrès aurait dû avoir lieu. En dépit de son report au mois de mai, j'en profite également pour répondre à votre question, je ne pense pas que cette décision prise en ce moment-là aurait pu changer grand chose quant aux ambitions des uns et des autres et à annihiler le climat délétère gui semble une nouvelle fois s'installer dans la maison progressiste.
-Pensez-vous qu'après votre retrait de la scène politique, vous ayez encore la main mise ou soyez toujours utile au parti ?
Je pense pas que mon souhait est d'avoir la main mise sur le parti. Ceci pour éviter toute interprétation, qui tendrait à me considérer comme un homme qui manque de parole. Un homme qui veut partir sans vouloir véritablement s'en aller. Ceci dit, je ne souhaiterais pas que le PGP, qui est tout dé même mon bébé, meure ou implose. C'est à ce litre que, malgré moi, j'aurai quand même un œil. sur la parti. Ne serait-ce que parce que les gens viendront me consulter. Car, comme vous le savez sans doute, quelqu'un qui a géré le parti pendant quinze ans, a une somme d'expériences non négligeable qui peuvent servir de référence pour faire vivre le parti. Pour ne as arriver à implosion du parti, nous nous proposons dans les tout prochains jours d'organiser des journées de réflexion pour aplanir les divergences qui alimentent les querelles entre militants du PGP.