DANS la perspective de la célébration ce jeudi 10 mars 2005 du 15e anniversaire de la création du Parti gabonais du progrès (PGP) intervenue le 10 mars 1990 au lendemain de la tenue de la Conférence nationale, le président de cette formation politique de l'opposition gabonaise, Me Pierre-Agondjo Okawé, a prononcé hier au siège de son parti à Likouala, un discours de circonstance qui se voulait également le coup d'envoi des festivités commémoratives de cet anniversaire.
Cette intervention du vieux leader progressiste lui a donné l'occasion de faire un bref rappel historique sur l'idéologie du PGP, son parcours au sein de l'opposition, la situation politique nationale et les perspectives d'avenir.
Résolument attaché au mouvement socialiste, le PGP dira son leader, est «un parti rassembleur et détribalisé, ouvert à tous les Gabonais». Son implantation s'étant effectuée sur l'ensemble du territoire national, il prend en compte les différences et les spécificités des populations qui font de lui un parti national. En dépit des querelles et des considérations type tribaliste, le N° 1 du PGP s'est montré particulièrement ferme en rappelant aux uns et aux autres les termes de son rapport moral, lors du premier congrès ordinaire du PGP, selon lesquelles «le Parti n'est la propriété de personne» il n'est nullement un parti de province encore moins celui d'une ethnie. C'est le parti des Gabonais. Même si beaucoup peuvent se montrer dubitatif à une telle affirmation, il n'empêche que pour Me Agondjo, «le PGP est ouvert aux Gabonaises et Gabonais qui pensent et qui croient que seul l'avènement d'une véritable démocratie apportera des solutions à l'état de paupérisation et de misère de nos populations».
MENACES. Conscient de ce que le bonheur des populations passe par l'exécution d'un programme de société et de gouvernement qui s'appuie sur l'idéologie socialiste, lequel prend en compte la dimension sociale en procédant à une meilleure redistribution du revenu national, conscient également que pour parvenir à cette fin, l'unité de l'opposition constitue un préalable, le PGP et son président ont tout au long de ces quinze dernières années, «constamment recherché l'unité de l'opposition en s'impliquant dans les différents regroupement qu'ont été le FUAPO, la COD, le HCR, ce en vue de la moralisation de la vie politique et de l'alternance démocratique au pouvoir».
Au demeurant, le président du PGP ne pavoise pas devant le recul de son parti. Il s'estime d'ailleurs heureux de savoir que son parti est le seul au sein l'opposition à posséder un groupe parlementaire et qui reste malgré tout présent sur la scène politique nationale, en dépit «vicissitudes qui ont jalonné son parcours et les profondes secousses qui l'ont ébranlé».
Néanmoins, Me Agondjo reste conscient de ce que des menaces pèsent sur la démocratie au Gabon dont il constate un net recul. Il s'appuie en cela, dit-il, sur «les manipulations de la constitution, des institutions et de la population par certains acteurs politiques». Ce qui lui a fait dire que face à ces entraves, le PGP et ses militants doivent demeurer. vigilants en prenant d'ores et déjà des précautions en réglant certains li 'figes qui minent ce parti. Ce jusqu'à la tenue du prochain congrès dont la date a été une nouvelle fois repoussée pour des raisons organisationnelles.
Malgré tout, les manifestations prévues pour la circonstance vont donner lieu à plusieurs allocutions, dont celle très attendue du président du PGP. Avant le spectacle en soirée qui va voir évoluer une brochette d'artistes locaux parmi lesquelles Landry Ifouta, Nicole Amogho, Serge Abessolo, Dibakou, Worwor, Michael Anicet et de nombreux groupes socio-culturels.