LE village Adzebe-Sibang choisi par le président du Morena, Martin Zé Memini, pour animer sa conférence de presse, à l'occasion du Vingt troisième anniversaire de la création du Mouvement de redressement national (Morena) en 1981 par Simon Oyono Aba'a et les siens, cadrait très bien avec le début de l'histoire de ce parti qui s'est créé dans la clandestinité. Tant le lieu est retiré.
C'est d'ailleurs pour cela que Zé Memini a rappelé aux journalistes la poursuite de la lutte politique qu'il mène pour un changement de régime dans notre pays. Changement qui, selon lui ne peut se faire que par les urnes. "Le Morena n'est pas mort-né. Nous devons relancer la lutte pour le bien-être des Gabonais", a-t-il dit dans son mot introductif.
Tout en rappelant l'histoire des vingt trois années de son parti, une histoire jalonnée de plusieurs scissions en son sein depuis 1990, le président du Morena a estimé, non sans illusion, que son parti est le passage oblige pour redresser le Gabon Nous comptons sur la force du peuple gabonais pour arriver à un changement et une démocratie véritable", a soutenu fermement Martin Zé Memini.
Interrogé sur l'existence de plusieurs tendances au sein du Morena et dont la seule reconnue par le ministère de l'Intérieur est celle de Molière Boutamba, le président du Morena qui fut l'unique élu du parti à la dernière Législature a affirmé que pour lui, il n'y a pas de tendance au sein de son parti. Il a accusé le pouvoir d'entretenir le flou auprès des Gabonais. "C'est le Morena originel qui est divisé en plusieurs. tendances. Celui dont je préside les destinées actuellement a, au cours de son congrès de Lambaréné après la mort du président-fondateur, retenu la première appellation de 1981 le Morena' , a fait comprendre l'orateur. Pour l'ancien député, tant que le tribunal n'aura pas tranché le conflit de leadership, et de réunification des diverses tendances dans un seul Morena, comme l'a un jour souhaité le chef de l'Etat il restera le seul président légal du Morena. Car pour lui, on peut tuer un homme mais pas une idée. "Les pères fondateurs du Morena ont en 1981 conçu une idée qui a amené notre pays d la démocratie et au multipartisme. Elle nous a affranchis de la peur, donc le Morena ne mourra pas", a t-il lancé avec conviction.
Même s'il ne croit pas à une opposition gabonais- réunifiée dans un proche avenir, après avoir raté le coche en 1990 au sortir de la Conférence nationale, Zé Mèmini reste confiant sur la réunification des différentes tendances de son parti en un seul Morena. Ceci, avec le concours et la médiation du président de la République, Omar Bongo Ondimba, garant des institutions de la nation et de notre démocratie. "Nous pensons que c'est dans l'intérêt du chef de l'Etat, qui a travaillé avec le défunt président- fondateur du Morena, Simon Oyono Aba'a, de voir son parti exister. Nous croyons que sans un Morena fort, la démocratie dans notre pays n'a pas de sens", a plaidé l'homme politique.
Enfin, répondant à une question d'un journaliste sur les intentions futures du président du Morena par rapport aux échéances 'électorales à venir, Zé Memini s'est borné à informer les Gabonais des préparatifs de ces échéances électorales avec la tenue en ce moment d'un séminaire de formation de ses militants à la mairie du 6e arrondissement. En attendant la prochaine tournée qu'il effectuera dans l'arrière pays, afin de renouveler les structures de base de son parti. Il a conclu que son parti ne fait pas du suivisme pour rallier la majorité présidentielle. Celui-ci reste ancré dans l'opposition, pour amener le pays au changement.