LES Gabonais comme les ressortissants étrangers-résidant dans notre pays ont été soulagés d'apprendre que le dialogue social engagé par le président Omar Bongo Ondimba avec les responsables de l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a permis de mettre fin a la grève lancée dimanche dernier par ces syndicalistes.
L'annonce de la levée du mot d'ordre de grève faite au sortir de la réunion à laquelle le président de la République a convié lundi en fin de matinée les responsables du bureau de l'Onep n'a guère surpris, d'autant plus que la rencontre en tout début de semaine avait pour objectif de trouver des solutions aux nombreux problèmes posés par cette organisation syndicale.
En revanche, ce qui a surpris l'opinion nationale et surtout les plus hautes autorités du pays dans ce mouvement d'humeur des pétroliers, c'est davantage le fait que l'Onep ait décidé de manière unilatérale de rompre le dialogue engagé depuis la rencontre du 29 septembre 2004 avec le gouvernement. Une réunion au cours de laquelle les dirigeants de cette organisation syndicale et ce pan de l'Exécutif avaient clairement marqué leur accord sur les points essentiels des revendications exposées.
Mieux encore, le plus curieux dans la réouverture du front social dans ce secteur stratégique, donc important pour le pays, est le fait que cette reprise intervienne pendant que le président de la République se trouvait hors du pays. Mais, également au moment où l'Assemblée nationale, avait reçu pour examen les supports juridiques des mesures arrêtées d'accord parties à l'issue des négociations gouvernement-Onep, s'apprêtait à adopter le projet de loi de finances 2005. Texte dans lequel dés dispositions juridiques et financières sont inscrites au titre des comptes et recettes de l'État pour le prochain exercice budgétaire.
QUESTIONS* Il s'agit là, dans tous les cas, d'une coïncidence assez troublante, qui révèle une sorte de volonté délibérée des responsables de l'Onep visant à mettre la pression sur les responsables politiques du pays afin de faire aboutir leurs revendications.
Une manière de faire tout de même critiquable, qui indique le choix stratégique fait par les dirigeants de cette organisation syndicale de privilégier le bras de fer avec les pouvoirs publics et les responsables d'entreprises pétrolières. Un choix contraire à la voie du dialogue prônée par le président Bongo Ondimba, surtout que toutes les conditions semblaient, jusque-la, réunies pour que les différentes parties impliquées dans la résolution des problèmes posés par les syndicalistes du secteur pétrolier, maintiennent le contact en vue de la recherche de solutions à leurs revendications.
Dans cet élan, on est effectivement en droit de se poser la question de savoir pourquoi avoir attendu le départ du chef de l'État pour le Xe Sommet de la Francophonie, pour lancer ce mot d'ordre de grève ? Une décision contraire à l'esprit. qui avait prévalu lors de l'audience que leur avait accordée le président Bongo Ondtmba. Pourquoi avoir choisi ce moment pour rompre ce dialogue pourtant déjà positif au départ avec le gouvernement ?
Autant de questions qui laissent libre cours à diverses supputations et autres interprétations surale probables manipulations politiciennes dans cette grève. Et sur les objectifs que voulaient réellement atteindre les manipulateurs tapis dans l'ombre, dont le président de la République n'a d'ailleurs pas manqué de dénoncer les pratiques visant à porter atteinte à l'autorité, à semer la confusion dans les esprits de nombreux compatriotes et à troubler la paix et la cohésion sociales.
Cette dénonciation présidentielle prouve bien que le mot d'ordre de grève de l'Onep semble avoir été prémédité, sinon motivé par des raisons sous jacentes que seuls, à ce jour, les auteurs ou leurs commanditaires maîtrisent. D'autant plus que, en l'absence d'éléments nouveaux allant dans le sens d'une remise en cause par le gouvernement des accords conclus en septembre dernier, rien ne présageait un tel retournement de situation des responsables de cette organisation qui a pris au dépourvu toutes les parties impliquées dans les pourparlers.
Au demeurant, c'est une bonne chose qu'aujourd'hui, grâce une fois encore à la sagesse et 1 engagement politique du chef de l'État, les choses soient rentrées définitivement dans l'ordre au grand bonheur de toutes les composantes du pays et surtout des syndicalistes qui ont, du reste, obtenu gain de cause avec l'accord de mise en oeuvre effective des mesures arrêtées par te gouvernement de la République respectueux de ses engagements.