Dimanche dernier, l'archevêque de Libreville s'est opposé à l'arrestation de l'abbé Noël Ngwa par des policiers venus le "cueillir" au cours de l'office de consécration auquel il assistait.
Un incident a failli perturber le bon déroulement de la cérémonie d'ordination presbytérale et diaconale. Au milieu de son homélie, Basile Mvé Engone, archevêque de Libreville, s'est interrompu pour interpeller des policiers dont la présence insolite avait été signalée. «Il vous est interdit d'intervenir au sein de cette église. Et si vous insistez, je m'y opposerai même au péril de ma vie», a énergiquement prévenu le prélat.
Ces paroles ont, bien entendu, provoqué l'étonnement et suscité une vive émotion au sein de l'assemblée venue en ces lieux se réjouir à l'occasion de la cérémonie de consécration. D'autant que personne ne comprenait réellement ce qui se passait.
Selon des informations recueillies auprès de l'archevêché et du principal intéressé, c'est-à-dire l'abbé Noël Ngwa, il ressort que lesdits policier étaient venus l'arrêter afin de l'entendre, une fois de plus, à la suite de son arrestation et sa libération jeudi dernier.
L'homme d'église avait été cité dans une affaire de détention d'armes de guerre à son domicile. Une information qui n'a pas été confirmée par la perquisition effectuée à son domicile, affirme l'abbé interrogé hier. L'arrestation n'a donc pas eu lieu à la cathédrale Saint Marie, après cette ferme mise en garde de l'archevêque de Libreville.
Du côté de l'archevêché, on justifie l'attitude de Mgr Basile Mvé Engone, non par sa volonté de soustraire un prêtre au bras séculier, mais plutôt par son souci de préserver l'inviolabilité d'une terre appartenant à l'Eglise. Une prérogative de l'église catholique du Gabon, garantie par les différents accords-cadres signés entre le Vatican et l'Etat gabonais, n'a pas manqué de souligner un des responsables de l'archevêché de Libreville.