UNANIMEMENT, les leaders politiques de l'opposition n'ont nullement daigné se présenter, ni même envoyer ne serait-ce que des représentants prendre part à la cérémonie commémorative du dixième anniversaire de la signature des accords de Paris célébré hier à la cité de la Démocratie. Une absence remarquée qui a quelque peu faussé les données de l'événement.
Mais dans un communiqué parvenu à notre rédaction et signé de quatre partis politiques que sont: le CDJ, le MESP, le PGP et l'UPG, l'opposition tente d'expliquer les raisons de son absence en imputant un certain nombre de griefs à la majorité présidentielle.
Dans la forme, l'opposition invoque le non respect du principe de parité lequel dit-elle: « a toujours été de mise, même s'il a volontairement été écarté par le pouvoir lors de la composition du gouvernement sur la Démocratie». Pour les leaders politiques de l'opposition, tout acte relevant des Accords de Paris devait à tout le moins faire référence à ce principe de parité. Or, ils constatent que «pour un événement aussi important que le dixième anniversaire des "Accords de Paris", l'opposition apprend l'organisation de cet événement par voie de presse. Et ce n'est que la veille que les principaux dirigeants des partis politiques d 'l'opposition ont reçu des invitations, à titre individuel».
Un modus operandi qui n'a pas été du tout apprécié par les acteurs politiques de l'opposition qui le considèrent comme «une volonté d'accaparement de l'événement par la majorité présidentielle. D'autant que l'opposition a été complètement tenue à écart de l'organisation. Et qui plus est n'aurait dû avoir droit qu'à trois minutes d'intervention. Ce qui n'était pas à leur coût, estimant que le camp présidentiel voulait leur faire jouer un rôle de figuration. Tel que l'événement était pensé, les leaders de l`opposition ont estimé que cela s'apparente à une «manifestation de la majorité présidentielle dont la finalité est de vouloir s'attribuer ce qu'elle croit, être le seul aspect positif de ces accords : la paix que tout observateur de bonne foi sait pourtant fictive». Des arguments de l'opposition qui s'appuient sur les derniers événements survenus dans la province de la Ngounié. Voici donc brièvement exposés les griefs portés par l'opposition à la majorité présidentielle quant à leur forme.
Maintenant en ce qui concerne le fond, l'opposition dénonce le fait que «sur les trois principaux points d'accords confirmés par un référendum populaire à savoir: l'instauration de la transparence électorale, la mise en place d'un Etat de droit, la mise en place d'un gouvernement pour la Démocratie sur la base de la parité, aucun n'a été appliqué». Une non application des recommandations qui fait dire aux opposants que «Les Accords de Paris n'ont jamais été voulus par la majorité présidentielle dont la vraie préoccupation était la légitimation des résultats contestés de l'élection présidentielle de décembre 1993.»
Par ailleurs le quator des partis signataires du communiqué marque son étonnement sur ce que les «Accords de Paris» consacrent l'amnistie totale pour les délits, vrais ou supposés, commis par les acteurs politiques entre janvier 1990 et septembre 1994, et, ne comprennent donc pas qu'un des leurs, en la personne de Nan Nguéma, pourtant retiré de la vie politique soit toujours détenu depuis des semaines pour un délit de « détention d'armes de guerre» jugé « discutable» par cette famille politique.
Tout en affirmant qu'elle reste attachée à l'esprit et à la lettre des accords de Paris, l'opposition est également convaincue que leur application stricte aurait beaucoup apporté à l'épanouissement de notre jeune démocratie et partant au développement de notre pays. Au regard de l'ostracisme dont elle a été l'objet, l'opposition se dit prête à organiser à son tour son dixième anniversaire des accords de Paris. Une vraie cacophonie.