L'actuel ministre d'Etat, qui avait pris une part active aux discussions de la capitale française en tant que membre de la délégation de l'opposition, s'explique sur cet évènement.
M. le ministre d'Etat, vous êtes à la tête du comité d'organisation du 10e, anniversaire des Accords de Paris signés entre l'opposition gabonaise et l'Exécutif et sa majorité. Pourquoi cette commémoration ?
-Pierre-Claver Maganga Moussavou : Un peuple sans mémoire est un peuple qui n'est pas appelé à survivre. Nous avons connu des difficultés en 1990 avec la conférence nationale qui s'en est suivie. Nous avons connu des difficultés en 1993 à l'issue de l'élection présidentielle contestée par l'opposition gabonaise. Il y a eu beaucoup d'exactions. C'est la raison pour laque le la classe politique a pu, avec l'accord du peuple gabonais qui a consenti des efforts pour que toute la classe politique, se déplace à Paris pour discuter, négocier en vue de la mise en place d'un canevas de mesures pour sortir de la crise qui s'était installée dans notre pays. vous souviendra qu il avait même deux gouvernements. un gouvernement légal et un gouvernement de l'opposition, dont personnellement je faisais partie. Cela signifie que nous ayons quasiment à une partition de l'Etat. Si cela s'était poursuivi cela aurait été regrettable quand on voit ce qui se passe ailleurs dans d'autres pays. Ce sont des situations que nous ne souhaitons pas revivre dans un pays comme le nôtre où tout le monde se connaît. C'est ainsi que les acteurs politiques s'étaient rendus à Paris négocier. Négocier n'est pas une faiblesse, c'est un signe de courage, c'est assumer ses responsabilités et assumer celles des autres.
A l'issue de ces négociations il y a eu des accords pour mettre en place un gouvernement intérimaire et mettre en place un certain nombre de mesures pour sortir de cette crise. Nous avons un devoir de mémoire au regard de ce qui se passe ici et là, car le Gabon fait un peu exception puisqu'il reste un pays de paix. C'est aussi pour cette raison que le président de la République, S. E El Hadj Omar Bongo Ondimba a marqué son accord total pour que ce devoir de mémoire soit exercé et que nous marquions ale pas, que nous regardions au fond de nous -mêmes, mesurions le chemin parcouru, même s'il a encore beaucoup dé chemin à parcourir certainement. Cela suppose qu'il faut s'arrêter un moment pour faire le point et mieux envisager l'avenir tout en promettant de conforter cette paix et cette liberté qui sont chères à tous. Vous vous souviendrez qu'à cette époque il était difficile pour chacun de nous de rester dans la rue tard la nuit. Aujourd'hui nous avons retrouvé un climat de paix qui dure depuis 94. C'est donc en souvenir de tout cela et surtout pour nous résoudre à mieux faire et éviter tout ce qui nous est arrivé et ce qui arrive ailleurs, que nous avons le devoir de mémoire de célébrer les 10 ans des Accords de Paris signés pour sortir d'une crise.
-Concrètement, qu'est-ce qui est prévu à cette occasion ?
Il y a un temps fort au cours de la matinée. Le peuple gabonais à commencer par les acteurs politiques sont invités à la cité de la Démocratie à partir de 8 heures. Il y aura une série de discours, notamment celui du président du Comité d'organisation, du représentant ou du chef de la délégation du HCR, du représentant ou chef de la délégation de l'Exécutif et de la majorité et e discours attendu du président de la République, chef de l'État. Après ces discours le cérémonial se poursuivra avec des décorations des acteurs qui ont été aux Accords de Paris pour les remercier, sans doute d'avoir accepté de négocier et de travailler dans le sens de ramener la paix qui pst aujourd'hui en Afrique une denrée rare. Retenez que nous voulons célébrer et magnifier la paix, la liberté, la concorde.
Vous avez pris une part active à ces négociations en tant que membre de la délégation de l'opposition. Aujourd'hui, avec le recul quelle appréciation faites-vous, notamment de leur application ?
Je voudrais rappeler que l'article 11 des accords stipulait que lesdits accords cessaient exister après les élections législatives de 1996. Ces accords ont été signés en vue de sortir de la crise politique dans laquelle était plongé notre pays. Une fois qu'une majorité avait été trouvée, celle-ci avilit la responsabilité de remettre le pays sur les rails. Je pense qu'en l'espace d'un gouvernement intérimaire, tout ne pouvait pas être fait bien entendu.
Mais l'essentiel aura été fait. Beaucoup perdent de vue que c'est durant cette période qu'il y a eu de grandes réalisations en ce qui concerne les routes, les aéroports, les lycées et collèges. Certes, on ne peut pas dire qu'on a satisfait la totalité des préoccupations des populations gabonaises, mais on peut reconnaître qu'en deux ans ce gouvernement à travaillé comme il se devait et que la majorité qui s'est dégagée à l'issue des législatives devait poursuivre le travail entamé par le gouvernement intérimaire.