LE gouvernement Ntoutoume Emane III remanié le 4 septembre 2004 a franchi le cap des 100 jours au terme desquels, une esquisse de bilan d'étape peut être effectuée autour de l'action menée par ce pan de l'Exécutif, composé de ministres issus de plusieurs formations politiques de la majorité présidentielle.
Cette sorte de bilan s'impose dans ce contexte, d'autant que l'ajustement de cette équipe par le chef de l'État Omar Bongo Ondimba, participait d'une réelle volonté insuffler une dynamique nouvelle dans l'action de ce gouvernement et de coller aux réalités socio-politiques du pays. Ce remaniement avait aussi pour principal but de hâter de façon plus significative les réformes structurelles initiées des années avant, relancer l'économie du pays, lutter contre la précarité, réduire les inégalités et asseoir durablement l'État de droit dans le pays. Une mission à laquelle les membres de cette équipe ont souscrit, mais qui ne peut être jugée qu'à l'aune des actions politiques posées par ce gouvernement. Et des réactions suscitées par celles-ci dans l'opinion nationale.
Or, 100 jours après l'avènement du gouvernement "réajusté" en tenant compte des réalités du moment, rien de particulier ne vient traduire concrètement l'apport de sang neuf souhaité par le Premier ministre, l'impulsion nouvelle qu'il espérait tant apporter à l'action gouvernementale, dans le mode de gestion des affaires de l'État et surtout dans la mise en couvre effective. Car, en dehors de quelques mesures prises et d'actions posées ici et là par les membres du cabinet Ntoutoume Emane III, l'esquisse d'un bilan laisse, en tout cas, peu de place au satisfecit total. Il serait illusoire de le croire malgré la note d'encouragement qu'il lui revient après que les efforts constatés par la mission des experts du Fonds monétaire international (FMI), avec laquelle notre pays a signé un accord d'ajustement. Une note conforme à l'action soutenue de ce gouvernement dans la poursuite des réformes et l'assainissement des finances publiques. Et en conséquence, pour l'orientation sociale de sa politique concrétisée par la mise en oeuvre d'actions multiformes initiées dans plusieurs domaines touchant au bien-être des populations gabonaises.
COURAGEUSES* Reste qu'en dépit de quelques réformes structurelles en cours de réalisation et les diverses solutions apportées en vue de la résolution d'un certain nombre de problèmes enregistrés dans divers secteurs d'activités, lesquelles sont davantage à mettre à l'actif du chef de i'Etat, Omar Bongo Ondimba, lui-même, les attentés des Gabonais sont toujours de plus en plus vivaces et fortes. La précarité gagne tellement du terrain que l'espoir suscité par les mesures courageuses et fortes prises par nos gouvernants cède la place au scepticisme. Un sentiment renforcé par les effets collatéraux de la crise financière argué que traverse le pays et que vivent difficilement de nombreux compatriotes.
A l'évidence, la période d'état de grâce dont l'équipe Ntoutoume Émane III a bénéficiée depuis sa mise en place, semble avoir été peu porteuse. Cela pour verses raisons: D'abord, collés relatives aux difficultés financières du pays. Ensuite, en raison de la marge de manœuvre très étroite dont cette équipe a disposé pour la mise en' couvre de son action dans le pays. Puisque n'ayant guère en cette période de fin d'année budgétaire eu les moyens conséquents pour lancer des actions fortes sur le terrain. Une thèse difficilement soutenable, pour peu que l'on s'accroche aux règles d'exécution du budget de l'État au sein de l'appareil ministériel et étatique du pays. Plus que cela, elle pose avec parce la question relative à l'utilisation des budgets, plus précisément, celles des normes en vigueur pour la dépense qui participent de l'orthodoxie financière à laquelle tous les ministres en premier lieu, sont astreints et ne peuvent nullement se soustraire.
ORTHODOXIE* Cette sorte d'inertie et cette démarche à rebours de l'ambition affichée par Jean-François Ntoutoume Émane et à la détermination du président de la République, n'ont guère pu contribuer à apporter des réponses aux attentes de leurs concitoyens, et notamment celles des couche les plus touchées et les plus vulnérables.
Dans tous les cas au terme des 100 jours d'état de grâce, la prorogation de celui-ci s'impose pour donner à ce gouvernement qui est très attendu sur le terrain de la lutte contre la pauvreté les moyens de mettre en couvre les grandes orientation présidentielles. Car en sus des moyens financiers, il leur faut faire preuve de beaucoup de courage, d'audace et d'initiatives.