Son leader, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé s'est ainsi exprimé au cours du point presse tenu hier au siège du parti à Likouala. Outre cette question lancinante, l'opposant est également revenu sur les événements de Ndolou qui ont coûté la vie à deux compatriotes.
DÉCIDÉMENT l'affaire Nan Nguéma n'en finit plus de susciter des réactions en chaîne au sein de l'opposition. Après le Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ) qui a animé jeudi dernier une conférence de presse, et permis à son secrétaire général, Jules-Aristide Bourdès Ogoulinguendé de s'exprimer longuement sur l'arrestation de son compagnon de lutte pris dans l'étau de la justice pour possession illégale d'armes de guerre, le tour est revenu hier au leader du Parti gabonais du progrès (PGP), Me Pierre-Louis Agondjo Okawé de convoquer la presse et de donner son opinion et celle de son parti sur cette même affaire.
Même si la presse n'est pas sortie particulièrement nourrie d'informations croustillantes de cette rencontre, le leader du Parti gabonais du progrès n'a toutefois pas manqué de demander aux autorités du pays de tout mettre en oeuvre pour que «toute la lumière soit faite» sur cette affaire qui apparaît comme une manoeuvre visant à «distraire le peuple gabonais de ses préoccupations quotidiennes». De plus, le leader progressiste s'insurge contre la tresse, dont certains articles n ont pas été du tout tendres à l'égard de cette famille politique jugée «décrédibilisée» suite a l'arrestation d'un de ses anciens membres. Le président du PGP estimant du reste que «cette affaire, encore au niveau de l'instruction judiciaire, n'aurait pas dû faire l'objet de commentaire» de quelque nature que ce soit. Ce qui ne l'a guère empêché d'affirmer et de soutenir que «l'opposition gabonaise reste non violente».
Quoique dans l'ordre d'importance la question inhérente à l'arrestation de Nan Nguéma était la plus attendue, elle n'aura nullement été la seule à être abordée par Me Agondjo, ni même à constituer l'essentiel de son intervention. Bien au contraire, les événements de Ndolou qui ont causé la mort de deux compatriotes ont eu une teneur beaucoup plus importante dans l'intervention du vieux lutteur.
Lequel a dressé un constat accablant: «depuis les événements de Mbigou, le dialogue, cher au chef de l'Etat dans la résolution des conflits, est relégué au second plan». Une situation de cause à effet à l'origine de la «brutalité des forces de sécurité qui ont réprimé une manifestation pacifique des populations de Ndolou qui revendiquaient, à juste titre, la prise en compte des préoccupations sociales». Le bilan de cette répression qui est de deux morts dans les rangs des manifestants est réprouvé par l'ensemble des progressistes.
A cet effet, le PGP «fustige l'attitude des autorités administratives, qui, au lieu de privilégier le dialogue et la négociation» préfèrent utiliser la manière forte. De même qu'il «exhorte le gouvernement à une meilleure prise en compte des préoccupations des populations».
Pour cela, il «demande au Parlement, plus particulièrement au Sénat, émanation des collectivités locales, d'impulser la dynamique de création d'une fiscalité locale liée à l'exploitation des ressources du sol et du sous-sol plus à même de répondre aux besoins d'un développement local au service des Populations». Une fiscalité qui constituerait aux yeux de nombreux progressistes, particulièrement le premier d'entre eux, «un acte important de la politique gouvernementale de décentralisation depuis l'adoption de la loi 15/96».
En attendant l'aboutissement de toutes ces demandes formulées, le Parti gabonais du progrès, s'interroge sur le sort réservé aux gendarmes au temps de la mort de deux manifestants à Ndolou.
D'autant qu'à Mbigou, les présumés coupables de l'assassinat du gendarme croupissent en ce moment dans les geôles de la prison de Mouila. Une attitude de deux poids deux mesures que dénonce le premier responsable progressiste.