Quatre partis de l'opposition gabonaise ont justifié vendredi leur absence à la célébration du 10ème anniversaire des accords de Paris, estimant qu'"aucun" point de ces accords n'a été appliqué et dénonçant "l'accaparement de cet évènement" par le camp présidentiel.
"Sur les trois principaux points d'accord (...), à savoir l'instauration de la transparence électorale, la mise en place d'un Etat de droit, la mise en place d'un gouvernement pour la démocratie sur la base de la parité (pouvoir/opposition, ndlr), aucun n'a été appliqué" dénoncent ces quatre partis dans un communiqué reçu par l'AFP.
"La vraie préoccupation (de la majorité présidentielle) était la légitimation des résultats contestés des élections présidentielles de décembre 1993", estiment le Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ), le Mouvement d'émancipation socialiste du peuple (MSP), le Parti gabonais du progrès (PGP) et l'Union du peuple gabonais (UPG).
Affirmant avoir été informés des célébrations par la presse et "totalement écartés de l'organisation", ces quatre partis fustigent la "volonté d'accaparement de cet évènement par la majorité présidentielle".
Signés le 7 octobre 1994, les accords de Paris avaient mis un terme à plusieurs mois d'une grave crise émaillée de violences, née fin 1993 de la réélection contestée du président Omar Bongo.
Une partie des formations d'opposition signataires des accords de Paris a depuis rejoint le camp de la majorité présidentielle, qui regroupe actuellement 29 des 35 partis officiellement enregistrés au Gabon.