Le 21 décembre dernier, j'ai adressé une lettre à Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, pour demander l'organisation d'un débat radiotélévisé en direct, portant sur «la route au Gabon de 1990 à 2004 : son entretien, son aménagement, son financement, les voiries urbaines», afin d'éclairer nos compatriotes sur ce sujet très capital, quatre années après un silence profitable que je me suis imposé; à la suite de ma démission du Gouvernement.
Pendant que je suis encore en attente de la réponse à ma lettre, le Conseil des Ministres, qui a siégé le 23 décembre, réagissant à ma correspondance, s'est saisi du dossier, pour essayer de montrer à l'opinion toute l'importance que le Président de la République et le Gouvernement accordent à la question de la route.
Ancien ministre d'Etat, responsable du Département des travaux publics, je redoute simplement que le Pouvoir ne tente de se donner bonne conscience en récupérant la primauté de mon idée et n'use, comme à son habitude, de manoeuvres dilatoires qui consistent à apporter de fausses réponses à de vrais problèmes.
Il en est par exemple de la, décision relative à la création d un consortium international d'entreprises des travaux publics, chargé du financement et de la construction des routes au Gabon. Un projet de ce type avait déjà été lancé dans notre pays, peu avant le démarrage des travaux du PARR, sous la dénomination du Groupe des 5. Il n'avait rien donné et avait été un échec.
Si j'avais manqué de vision et d'opiniâtreté, aucun kilomètre de route, dans le cadre dudit programme, n'aurait jamais été réalisé. Que l'on ne cherche donc pas à brouiller les pistes ou à verser dans la diversion. Ce que j'attends, c'est un débat public.
Zacharie Myboto
Député à l'Assemblée nationale