À travers un communiqué de presse le 27 décembre dernier, l'ancien ministre des Travaux publics, aujourd'hui député Pdg de Mounana, Zacharie Myboto, accusait en quelque sorte le gouvernement d'avoir inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres du 23 décembre les problèmes liés à la route en réaction à une correspondance qu'il a adressée au chef de l'État deux jours auparavant. Le cabinet Ntoutoume Émane, sous la plume de son porte-parole, René Ndemezo'Obiang, lui répond.
• La mise au point du gouvernement
Conformément à son programme de travail, le Conseil des ministres du 23 décembre 2004 a été spécialement consacré à l'examen de la problématique des chantiers routiers et à la situation du Fonds d'entretien routier au Gabon.
Après avoir procédé à un bilan sans complaisance d'exécution du Programme d'aménagement du réseau routier (PARR), le Conseil des ministres a ainsi constaté, pour le déplorer vivement, que les objectifs de ce programme n'ont été que très partiellement atteints.
Sur la base de ce constat et après une mise en relief des difficultés de fonctionnement du Fonds d'entretien routier, le chef de l'État et le gouvernement ont arrêté une série de mesures audacieuses et novatrices, allant toutes dans le sens d'une plus grande dynamisation de la politique de la route dans notre pays
- Création auprès du président de la République d'un Conseil supérieur des investissements publics et des grands travaux et du Commissariat général aux grands travaux;
- Étude approfondie du coût trop élevé du kilomètre de route;
- Allègement des procédures d'exécution du budget d'investissement - Alimentation plus régulière du Fonds d'entretien routier et accélération du passage au Fonds d'entretien routier de 2e génération;
- Encouragement à la création de consortiums chargés du financement et de la construction de routes, etc.
Ces mesures ont suscité un réel espoir au sein des populations gabonaises. .
Aussi tenons-nous à marquer notre étonnement au vu du communiqué de presse publié le 27 décembre 2004 par M. Zacharie Myboto, député à l'Assemblée nationale.
Il est en effet surprenant de constater que l'honorable Zacharie Myboto renonce aux mécanismes de concertation internes à la majorité et opte pour une lettre ouverte au président de la République et un communiqué de presse dans lesquels il fustige le pouvoir auquel il continue cependant d'appartenir en tant que député du Parti démocratique gabonais.
1- Dans son communiqué, l'honorable Zacharie Myboto prétend que c'est en réaction à une correspondance qu'il aurait adressée le 21 décembre 2004 à M. le président de la République, chef de l'État, correspondance transmise curieusement du reste sous-couvert du Premier ministre, que le Conseil des ministres du 23 décembre aurait été consacré aux problèmes de la route.
Une telle assertion est dénuée de tout fondement. L'honorable Zacharie Myboto, qui a siégé longtemps comme membre du gouvernement, sait que l'instruction du dossiers aussi importants que celui de la route nécessite une longue période de préparation avant d'être examiné en Conseil des ministres. Ce n'est donc pas la lettre d'un député envoyée au président de la République l'avant-veille d'un Conseil des ministres qui peut déterminer l'ordre du jour de celui-ci.
En réalité, c'est depuis le remaniement ministériel de septembre 2004 que le président de la République a donné instruction au nouveau ministre des Travaux publics d'organiser dans les meilleurs délais un séminaire consacré aux problèmes de la route. La préparation de ce séminaire nécessitant un travail relativement long, le chef de l'État, compte tenu de l'urgence des problèmes liés à la dégradation de notre réseau routier, a demandé au ministre des Travaux publics, en relation avec le vice-président de la République, de présenter directement ce dossier sensible lors du Conseil des ministres du 23 décembre 2004, afin que des décisions immédiates soient prises.
2- L'honorable Zacharie Mpyboto s'oppose farouchement à l'idée de la création de consortiums internationaux chargés du financement et de la construction des routes au Gabon, sous prétexte qu'un projet de ce type dénommé « groupe 5 » n'aurait rien donné auparavant.
C'est l'occasion de rappeler qu'à l'initiative du président de la République et en s'inspirant de l'exemple d'EUROTRAG pour le Transgabonais, des sociétés américaines, canadiennes, italiennes, françaises et gabonaises s'étaient effectivement regroupées en consortium dans le cadre du projet « groupe 5 » pour la construction des routes au Gabon.
Les causes profondes de l'échec de ce projet sont à rechercher, non pas dans le principe même de la création de consortiums, mais dans la gestion peu orthodoxe de ce dossier, par le ministre en charge des Travaux publics à l'époque.
Le député Zacharie Myboto prétend aussi que c'est pour se donner bonne conscience et essayer de montrer à l'opinion toute l'importance que le président de la République et le gouvernement accordent à la question de la route que le Conseil des ministres du 23 décembre 2004 aurait été programmé.
Cette affirmation est également contraire aux faits. Pour avoir longtemps exercé de hautes fonctions politiques et gouvernementales, notamment à la tête du ministère des Travaux publics, l'honorable Zacharie Myboto sait pertinemment que le président Omar Bongo Ondimba s'est toujours investi dans la recherche de financements internationaux tout en veillant à ce qu'une part importante de nos ressources propres soit consacrée au secteur routier.
Récemment encore, le chef de l'État a montré une fois de plus toute l'attention qu'il accorde à ce secteur en l'érigeant en l'une des priorités du budget d'investissement de l'année 2004, avec une dotation globale appréciable de quarante milliards (40 000 000 000) de francs CFA.
Par ailleurs, grâce à la diplomatie agissante du président de la République, notre pays vient d'obtenir des financements de la part de l'Agence française de développement (AFD) pour les travaux d'aménagement de la route allant du pont de l'Octra à Owendo, et de la Banque islamique de développement (BID) pour les axes routiers Koumameyong-Lalara, Franceville-Lékoni-Kabala, ainsi que pour les études du tronçon Ndendé-Koulamoutou.
De tels financements, pour être négociés et obtenus, n'ont pas attendu la correspondance adressée par le député Myboto au président de la République.
3. Monsieur Zacharie Myboto, abandonnant toute attitude d'humilité et de modestie, prétend enfin que s'il avait manqué de vision et d'opiniâtreté, aucun kilomètre de route dans le cadre du PARR n'aurait jamais été réalisé.
À l'évidence, ce propos va à l'encontre du bon sens. En effet, pendant la période où il était en charge du département des Travaux publics, Monsieur Myboto était membre du gouvernement dont la politique est déterminée par le président de la République et mise en oeuvre sous son autorité et celle du Premier ministre. Par conséquent, il exécutait, comme ministre, la politique décidée par le chef de l'État.
Le ministre des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement
René NDEMEZO'OBIANG