Les partis membres de la majorité présidentielle qui étaient face à la presse hier souhaitent que s'installe le débat contradictoire dans notre pays pour discuter des problèmes qui le minent et asseoir véritablement la démocratie et éviter l'abstention qui devient récurrente.
LA démobilisation du peuple gabonais face à l'appel du ministre de l'Intérieur de s'inscrire sur les listes électorales, l'absence d'une stratégie de la majorité présidentielle face à la question de l'abstention et des propositions alternatives, et le fonctionnement de la majorité présidentielle ont constitué la trame de la conférence de presse animée, hier vendredi 4 février 2005, à l'hôtel Méridien Ré-Ndama, par huit partis qui soutiennent l'action du chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba, mais qui ne sont pas représentés au gouvernement de la République.
À quelques mois de la Présidentielle de décembre prochain, les responsables de ces partis politiques de la majorité s'inquiètent de ce que « les conditions d'une consultation populaire ne sont pas véritablement réunies, au regard du désintérêt qu'affiche l'immense majorité du peuple gabonais et du manque d'initiative du gouvernement pour susciter un engouement digne d'une élection populaire et républicaine».
Une situation qui devait logiquement susciter un débat, estiment-ils, au sein du Conseil politique de la majorité présidentielle, un cadre créé pour permettre justement aux partis de ce regroupement politique de prendre des décisions d'orientation pour le bon fonctionnement de la majorité, et partant du pays tout entier: Ceci pour tenter d'inverser la tendance à l'abstention qui se dessine dangereusement à la veille d'une élection aussi capitale. «Il est regrettable, disent-ils, que compte tenu des enjeux de la prochaine élection, l'ensemble des partis politiques de la majorité qui, devraient se déployer: sur le terrain afin de rassurer et redonner l'espoir au peu pie gabonais qui se détourne des voies des urnes».
Pour autant qu'ils sont signataires de la charte-constitutive de la majorité présidentielle, ces partis, quoique non représentés au gouvernement, sont conscients de ce qu'ils sont tout aussi comptables de la gestion du pays durant ce septennat que le sont ceux d'entre eux qui y sont représentés. Toute chose lui les oblige donc à demander à leurs "coreligionnaires" de discuter de cette question lancinante.
FEUILLE DE ROUTE• Plutôt que de cela, constatent les chefs des huit :partis ayant animé la conférence de presse, certains responsables politiques dé la majorité sont davantage soucieux de contrôler la direction de campagne ou d'appeler le président de la majorité présidentielle à se porter candidat à sa propre succession alors que toutes les conditions de son élection «massive et réconfortante» ne sont guère réunies - que de débattre dés questions préoccupantes de l'heure. D'autant que de leur point de vue, «le plus grand adversaire du candidat naturel ne se trouve pas forcément être l'opposition structurelle, mais les promesses non tenues, les-actions au goût d'inachevé, le non respect des engagements, le mécontentement et le découragement des populations gabonaises sans cesse en attente de satisfaction de leurs aspirations les plus légitimes».
Thierry d'Argendieu Kombila, Christian Maviogha et Noël Borobo Épembia, les principaux orateurs se sont montrés malgré tout optimistes. Aidé en cela par le fait qu'ils croient encore possible que les uns et les autres vont se ressaisir de façon à "reconquérir le coeur des Gabonais et de bien faire réélire le candidat naturel, en ayant à l'esprit qu'il s'agit d'une élection à un tour».
Une perspective qui passe nécessairement, du point de vue de ces huit partis politiques, par la convocation d'une réunion du Conseil politique de la majorité, au sein de laquelle devrait être débattue, puis adoptée la feuille de route sur les questions essentielles. En l'occurrence la plate-forme commune de gouvernement, à l'image de ce qui s'était passé en France entre le Parti socialiste et les autres partis dé 1a, gauche, en concevant un autre projet politique en lieu et place du Pacte national de solidarité et de développement. En esquissant quelques idées du contenu de cette feuille de route, les huit partis préconisent pour le prochain septennat, qu'une seule priorité soit retenue par année. Ceci pour permettre au gouvernement de mette autant de moyens que possible pour chaque secteur prioritaire de façon à apporter des solutions sinon en totalité tout au moins dans sa plus grande partie dans chaque secteur retenu. Cela fera en sorte qu'au moment des bilans, les secteurs qui seront pris en compte, auront véritablement bénéficié d'un traitement complet.