L'édile PGP de la capitale économique, Me Ndaot Rembogo a affirmé, hier, que, la coalition entre sa formation politique et le Parti démocratique gabonais à la mairie " se porte bien". Cependant, il y a une affaire liée à la gestion du milliard alloué par le chef de l'Etat à cette municipalité qui nourrit le malaise.
LA session budgétaire du Conseil municipal, dans deux semaines à Port-Gentil, va s'ouvrir dans un climat alourdi par l'affaire liée à la manne financière octroyée aux autorités municipales par le chef de l'Etat qui agite là coalition formée par le Parti démocratique gabonais et le Parti gabonais du progrès. Coalition qui a porté, il y a bientôt deux ans, Me Séraphin Ndaot Rembogo à la tête de la mairie à l'issue des élections locales.
A tort, ou à raison, la gestion de cette enveloppe estimée à un peu plus d'un milliard offerte par le président de la République en vue d'octroyer une réelle marge de manoeuvre aux autorités municipales continue de nourrir ce malaise. A l'évidence, la grande majorité des conseillers municipaux dans cette mairie qui en compte 62, outre les 19 issus du PDG, et mis à part les 18 qui sont estampillés PGP comme le maire centra attendent davantage d'éclaircissements sur les dessous et la réalité de cette affaire.
La réalité, au fond, c'est due ce don présidentiel avait permis à la mairie de devenir le plus gros employeur local devant les compagnies pétrolières. En tout, cent six compatriotes ont été recrutés sur la base de contrats à durée déterminée. Aujourd'hui, leurs contrats respectifs sont arrivés à expiration, et quatre-vingt-trois d'entre eux ont à nouveau été licenciés. Le maire de la commune a fait valoir depuis lors que c'est faute de moyens financiers pour supporter une lourde masse salariale qu'il s'est vu tenu de résilier les contrats.
Les dessous, avant tout, ce sont les interprétations auxquelles se livrent les concernés en particulier pour expliquer la décision qui les frappe. Ils se croient fondés à accuser les autorités municipales sans exclusive d'avoir mal géré ce fonds d'aide pour permettre leur réinsertion sociale. Paniqués, ils n'ont eu de cesse de les accabler convaincus que l'essentiel de cette manne financière aurait été détourné pour permettre de financer certains projets d'aménagement urbain.
CAPACITE DBLEVATION• En vérité, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, puis fait monter la tension d'un cran parmi les malheureux, n'est autre que la prise de position tonitruante du 1er maire adjoint, chargé des Questions techniques, André-Jules Réténo Y Ombénontory. D'obédience PDG, celui-ci s'est très vite désolidarisé de la gestion de ce don, alors qu'auparavant on avait appris que la gestion de cette situation et des fonds alloués s'est faite sur le mode consensuel.
Devant sa base militante et les instances locales du Parti, au contraire, il rétorque que le maire PGP a géré seul cette manne. Toutefois, il ne nie pas pour autant avoir vu passer devant ses yeux la somme de treize millions dont il est comptable. Donc, cela a suffi pour jeter de l'huile sur le feu. Egalement, cela a accru les critiques négatives contre le maire, et créé un sentiment de victimisation parmi ces agents municipaux.
Réellement, y a-t-il eu un dégraissage sélectif favorable aux seins agents issus du PGP ? La base alliée le tient pour certain. D'où, à cette allure plusieurs observateurs craignent un affaiblissement de la coalition dans cette ville frondeuse. On parle de plus en plus de crise entre les deux partis alliés. Indiscutablement, dans le contexte de récession économique qui prévaut dans la cité pétrolière, avec cette affaire la coalition est confrontée à sa première épreuve politique. Alors que de grandes échéances électorales pointent à l'horizon, 2005, l'enjeu est la survie de la coalition sur le terrain. Cela passe par la capacité d'élévation du maire PGP et du 1er maire adjoint PDG à recoller les morceaux au sein du Conseil municipal.
A tout le moins, il y a quelques jours encore, on souhaitait que le maire réponde aux attaques dont on l'accable et qu'il démente preuves à l'appui les propos de son maire adjoint. Il semble qu'il s'est gardé de souffler sur la braise. Au téléphone, hier jeudi 2 décembre 2004, le maire de la capitale économique a brièvement rompu le silence qu'il observe délibérément depuis que les médias font leurs choux gras de ce problème. " Il n'y a pas de crise au sein du Conseil municipal. La coalition PGP - PDG se porte bien", a-t-il déclaré sur le ton du défi. Reste qu'on se demande s'il ne s'agit pas simplement d'une formule diplomatique. Refusant d'aller au fond, il a refusé de se prêter au jeu des hypothèses. Mais les dessous, enfin, poussent à croire que le maire PGP est assuré qu'il tient le bon bout. Récemment, on a appris qu'il a été reçu en audience par le chef de l'Etat qui lui a décerné un quitus concernant la gestion de la manne en question. Enfin, il aurait obtenu des assurances qu'une ultime rallonge financière décisive devrait parvenir bientôt à la municipalité en cette période d'incertitudes.