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Me Nkéa, défenseur de Nan Nguema : «Mon client doit bénéficier de la prescription, du non-lieu ou de la relaxe»
Auteur:  L'Union  | Date: 10 Décembre 2004  | Réactions ()
Section: Politique  | Source: L'Union

L'avocat de l'ancien candidat à la présidentielle indique que son client, est poursuivi pour détention illégale et introduction clandestine d'armes. Toutefois, il estime que « si la justice considère que Nan Nguéma a agi en violation de la loi, tous les anciens leaders de l'opposition doivent également faire l'objet de poursuites».

Me Francis Nkéa, l'avocat de Nan Nguéma, l'ancien secrétaire général de l'OPEP, ancien candidat à la présidence et leader du Parti libéral démocrate (PLD), aujourd'hui militant de base du Congrès pour la démocratie et la justice, écroué à la prison centrale de Libreville pour son implication dans un trafic d'armes de guerre, s'est exprimé hier sur cette affaire judiciaire.

A la faveur de l'entretien qu'il nous a accordé en fin de matinée à son cabinet, il tient à éclairer l'opinion nationale sur cette affaire relevant aujourd'hui de l'atteinte à la sécurité de l'Etat et qui défraie depuis deux semaines la chronique politico-judiciaire.

Effectivement, aux dires de Me Nkéa, son client est poursuivi pour deux délits : détention illégale d'armes et introduction clandestine d'armes. Ces griefs ont été portés contre Nan Nguéma après que le ministère public (le Parquet), s'est emparé de l'affaire, suite à la découverte à Adouma, un quartier du chef-lieu de province du Moyen-Ogooué, d'une arme de guerre au domicile d'un de ses frères aînés nommé Esia Nguéma, dont le petit-fils fait partie d'un gang de braqueurs qui sévissent dans la contrée. Ce qui confirme bien que l'affaire est déclenchée, selon lui, à la suite d'un banal fait divers survenu à Lambaréné.

C'est en fouillant l'habitation dans laquelle les éléments de police judiciaire espéraient mettre la main sur le jeune braqueur qu'ils sont tombés sur une arme de guerre cachée dans le plafond, précise l'avocat. Une découverte qui, du coup, changea le cours de l'enquête policière, d'autant, a-t-il renchéri, que peu convaincus par les premiers éléments de réponses donnés par lé propriétaire des lieux, arguant de l'abandon de l'arme par un ancien locataire de nationalité congolaise, les policiers vont "durcir" leur interrogatoire.

CONTEXTE. Une démarche qui amena le vieil homme, a ajouté l'avocat, à citer un autre de ses proches qui détenait lui aussi une arme avec laquelle il chassait. L'interpellation de ce dernier a permis de remonter la filière, principalement la provenance de ces armes obtenues, selon les personnes interrogées par la suite, quant il faisait partie du cabinet militaire de l'opposant Nan Nguéma, à l'époque, leader du PLD. Lequel était bien au courant comme l'attestera l'évolution de l'enquête policière.

Il en ressort que l'ancien candidat à la présidentielle s'était armé, à l'instar des autres chefs de partis politiques de l'opposition, notamment, pour sa sécurité. Les faits remontent au contexte qui a prévalu avant l'appel historique de la paix des braves" ayant abouti à la signature des Accords de Paris à l'issue des négociations majorité opposition sur les bords de la Seine. Le retour à la sérénité dans le pays après les troubles graves de février 1994, deux mois seulement après la présidentielle, avait conduit, selon le juriste, Nan Nguéma à intimer l'ordre à ses "éléments" de détruire les armes de guerre qu'ils détenaient.

Or, précise Me Francis Nkéa, ces derniers avaient plutôt choisi d'enterrer ces armes et munitions, notamment au domicile du président du PLD à Port-Gentil, d'autres furent également placées dans les mêmes conditions à Libreville. D'où la découverte de la cache d'armes dans l'enceinte de la résidence de l'ancien leader de l'opposition et les différents interrogatoires subis par Noël Ngwa et bien d'autres personnes citées.

ARGUMENTS. Abordant la question du point de vue du droit, l'avocat de Nan Nguéma, entend bien lors du procès, si procès il y a, s'appuyer sur l'antériorité de l'introduction illégale de ces armes de guerre dans le pays. Pour Me Nkéa « il est fort probable qu'il y ait prescription. L'inculpé aurait acheté les armes vers les années 1993. La prescription étant de trois ans, il est évident, que les trois ans sont dépassées, qu'il n'y a plus de poursuites valables». Concernant, la deuxième infraction relative à la détention illégale d'armes de guerre, il se veut clair : « Les armes avaient été enterrées, donc détruites. Elles ne sont plus utilisables. A partir de ce moment, il n'y a plus d'infraction, puisque l'intention d'utiliser les armes n'existe plus». Pour Me Nkéa, la conséquence de ce double argumentaire devrait être « la prescription, le non-lieu ou la relaxe».

Néanmoins, le défenseur de Nan-Nguéma, qui entend bien utiliser toutes les voies pour défendre son client, a tenu à préciser que « si la justice considère qu'il (Nan Nguéma) a agi en violation de la loi, c'est que tous ceux qui étaient avec lui doivent également faire l'objet de poursuites, notamment tous les leaders politiques de l'opposition de l'époque».

Et de conclure, «si on considère que l'arrestation de Nan Nguéma est légitime, il y a lieu de procéder à l'arrestation des autres leaders de l'opposition».

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