Le retour de ce baroudeur de la politique au gouvernement à la faveur du remaniement ministériel du 4 septembre dernier, a laissé vacant le poste de maire qu'il occupait au premier arrondissement de la commune de Mouila. Et déjà, les appétits des potentiels successeurs s'aiguisent.
DEPUIS quelques temps, une tension en sourdine est perceptible au premier arrondissement du chef-lieu de la Ngounié où c'est désormais le branle-bas-de-combat pour l'occupation du poste de maire d'arrondissement qu'occupe encore Pierre-Claver Maganga Moussavou.
Le départ du leader du Parti social démocrate (PSD), aujourd'hui membre actif de la majorité présidentielle, vient jeter un pavé dans la mare d'un arrondissement où la guerre de succession, longtemps entretenue en catimini, se livre désormais à ciel ouvert pour l'occupation de ce fauteuil qu'il doit normalement céder en vertu de la loi dur le non-cumul. Un contexte de vacance de poste qui laisse aujourd'hui libre cours à une sorte de course au pouvoir dans laquelle les 17 conseillers élus que compte la première circonscription administrative de Mouila, sont tous engagés, convaincus chacun de ses chances de l'emporter au finish
La loi dit qu'en cas de vacance constatée de poste du maire et/ou du président du Conseil départemental, il revient au bureau dudit Conseil de saisir le ministère de l'Intérieur qui, à son tour, saisit le gouverneur pour procéder à élection au titre de remplacement dans un délai n'excédant pas trois mois. Et en outre, le premier maire adjoint assume, de fait, l'intérim pour évacuer les affaires courantes en attendant l'élection proprement dite conformément à la loi.
INCOMPATIBILITÉ • Mais, à Mouila, tout comme au troisième arrondissement de Libreville (lire par ailleurs), les anciens occupants élevés pourtant aux prestigieuses fonctions politiques de ministres de la République, ont encore du mal à "lâcher" leurs anciens postes de maire. Ainsi continuent-ils, s'offusquent certains de leurs collègues conseillers municipaux, à gérer et à parapher les documents comme si de rien n'était. Alors même que les deux fonctions de ministre et de maire sont strictement incompatibles.
Au premier, arrondissement de Mouila, le premier adjoint au maire semble, selon certaines sources, ne pas faire l'unanimité parmi ses pairs, dont les sentiments sont clairement mitigés quant à son choix à présider, même temporairement, aux destinées de cette assemblée d'arrondissement, D'où, semble-t-il, l'enlisement actuel de la situation observé au sein de cette circonscription où Maganga Moussavou prend tout son temps pour transmettre le témoin.
Même si pour l'instant, c'est à une sorte de guerre mi-larvée mi-ouverte qu'assistent, impuissantes, les populations de la contrée. En attendant les tractations sont engagées à Mouila, surtout au Parti social démocrate sur le choix de l'homme appelé à prendre la tête de ce conseil d'arrondissement. Une instance où le futur promu aura fort à faire face au conseiller municipal et ministre d'Etat, Pierre-Claver Maganga Moussavou.