Un parti d'opposition gabonais, le Congrès pour la démocratie et justice (CDJ), a dénoncé jeudi l'incarcération d'un de ses anciens dirigeants dans une affaire de détention illégale d'armes de guerre, accusant le pouvoir de "manipulation".
"La majorité au pouvoir tente tendancieusement (...) d'instruire un procès politique afin de ranger, dans la mémoire de l'opinion, le CDJ dans le rang des organisations terroristes", a accusé le secrétaire général du CDJ, Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé, au cours d'une conférence de presse.
"Depuis sa création, le CDJ n'a jamais usé de la violence, de la fraude ni des armes pour faire triompher son juste combat. Ce n'est donc pas aujourd'hui qu'il va le faire", a poursuivi M. Bourdès Ogouliguendé. "L'exploitation de la procédure ouverte contre (Marc Saturnin) Nan Nguema (...) ne vise qu'à nous discréditer dans la perspective de l'élection" présidentielle de décembre 2005, a-t-il ajouté.
Ancien président du CDJ, M. Nan Nguema, aujourd'hui simple militant, a été inculpé la semaine dernière pour détention illégale d'armes de guerre et incarcéré, après la découverte de fusils d'assaut enterrés dans sa propriété de Port-Gentil (ouest), la capitale économique gabonaise.
Devant le juge, il a reconnu avoir acheté ces armes au début des années 1990 "pour se protéger alors qu'il militait activement dans l'opposition", selon son avocat Me Francis Nkéa, mais a dit s'en être ensuite rapidement débarrassé.
"Les faits que l'on reproche à Nan Nguema sont prescrits", a estimé jeudi M. Bourdès Ogouliguendé. "De même, pourquoi a-t-il été incarcéré alors que d'autres, aujourd'hui collaborateurs directs du chef de l'Etat, ont reconnu avoir participé à l'achat de ces armes mais n'ont pas été inquiétés?", s'est interrogé le responsable du CDJ.