COMME cela est de coutume dans notre pays, c'est à l'approche d'une échéance électorale que les partis politiques dont les activités n'ont pas été particulièrement intenses pendant longtemps, tentent de redynamiser celles-ci sur le terrain. On comprend dès lors que, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle que notre pays doit organiser à la fin de cette année, beaucoup de formations politiques multiplient leurs apparitions en public.
Les partis de plus en plus en vue, sont notamment ceux qui se réclament de la majorité présidentielle; décidés à occuper !e terrain. Et cela depuis plusieurs mois déjà. Qu'il s'agisse d'anciens partis du camp présidentiel comme le PDG, !e CLR, ou des structures qui ont récemment rallié la famille politique du président Omar Bongo Ondimba, tels que le Rassemblement pour le Gabon (RPG) de Paul Mba Abessole, !e Parti social démocrate (PSD), etc., tous sont dans une dynamique d'occupation du terrain que certains leaders veulent tous azimuts.
C'est ainsi que depuis plusieurs mois, il ne se passe plus un seul week-end sans que l'on enregistre une rentrée politique dans un comité, une section, ou une fédération du Parti démocratique gabonais. C'est une occasion donnée aux militants du parti majoritaire de réaffirmer, dans la joie et la ferveur, leur attachement aux idéaux prônés par la formation politique à laquelle ils ont librement adhéré. Tout comme ces structures, actualité oblige, lancent des appels au président fondateur de leur parti, afin que celui-ci se porte candidat à l'élection présidentielle de la fin de l'année...
D'autres partis qui disent soutenir l'action politique du président Omar Bongo Ondimba ont choisi d'autres moyens pour se faire entendre. Certains ont organisé des rencontres avec les médias nationaux et internationaux. D'autres ont préféré accentuer le rythme des meetings, aussi bien à Libreville qu'à l'intérieur du pays. Dans le premier cas, on peut citer le CSR, FDC, RDD, UDL, UNAF, UDS, Morena unioniste, PNG, RGUP, UPN, UGD, RNR, FUNDU. Tous sont des partis de la majorité présidentielle non représentés au gouvernement. Mais ce ne sont pas !es seuls qui appartiennent à cette famille politique n'ayant pas de militants dans l'équipe de Jean-François Ntoutoume Emane.
Dans le second cas, c'est plus le Parti social démocrate (PSD) de Pierre-Claver Maganga Moussavou qui aura animé plus de meetings dans la capitale et en province. Dimanche, le tour revenait à la commune d'Owendo d'accueillir le directoire du dernier parti de l'opposition d'hier à avoir rallier le camp du président de la République. Cette rencontre avec les citoyens de cette commune intervient après deux autres meetings, dont un a eu lieu au rond-point de Nzeng-Ayong et l'autre à Mouila.
Aussi bien lors de la conférence de presse des partis de la majorité présidentielle non représentés au gouvernement (cités ci-dessus) qu'au cours des meetings du PSD, on a noté comme une absence de discours rassembleur dans !es interventions. Fait voulu ou pas, certaines interventions pendant ces rencontres ont montré que les formations politiques du camp présidentiel n'avaient pas encore harmonisé leurs messages en cette période de pré-campagne électorale.
En effet, autant le président du FUNDU, Noël Borobo Epembia et ses condisciples ont semblé indexer le gouvernement en relevant «les promesses non tenues, les actions au goût d'inachevé, la non satisfaction des aspirations des populations, comme étant le plus grand. adversaire du candidat de la majorité présidentielle.» Autant, interpellé par ses hôtes d'Owendo sur leurs difficiles conditions de vie, Pierre-Claver Maganga Moussavou ne s'est pas abstenu de critiquer la gestion de l'équipe dirigeante de cette commune. Tout en sachant que celle-ci est composée exclusivement des gens de la famille politique à laquelle il dit appartenir aujourd'hui.
Dans un cas comme dans l'autre, d'aucuns ont relevé une sorte de maladresse et une espèce de risque dans l'activisme manifesté ces derniers temps par les leaders du PSD et des partis de la majorité présidentielle non représentés au gouvernement et ayant animé dernièrement une conférence de presse. Car, ces déclarations ont traduit une dissonance au sein de la majorité présidentielle. Ce dont le camp du président Bongo Ondimba n'a pas besoin en ce moment. Non pas que la critique et le débat contradictoire y soient interdits. Mais parce que, étant à la veille d'une élection capitale, il vaut mieux pour tous les membres de la famille politique du président de la République attendre un cadre mieux indiqué pour se lancer des flèches. Au moins, cela restera entre eux.
D'aucuns espèrent que le président du PSD fera beaucoup d'efforts pour se détacher de certains réflexes hérités des temps où son parti et lui étaient dans l'opposition. Sinon, on pourrait toujours assister à des attaques maladroites contre ceux de son nouveau camp politique. Surtout que lors de la rentrée politique de son parti, le ministre d'État charge des Missions, a promis d'effectuer une tournée interprovinciale prochainement.