L'entrée en campagne du PDG et ses alliés, le mutisme observé par la Cour constitutionnelle face aux révisions répétées de la loi fondamentale et la situation qui prévaut actuellement au Togo ont constitué l'essentiel des points abordés par le leader progressiste lors de sa sortie de samedi dernier.
LE leader du PGP, Me Pierre Louis Agondjo Okawé a donné samedi dernier au siège du parti à Likouala, un point presse qui a porté essentiellement sur trois Points : la présidentielle de décembre prochain au sujet de laquelle le PDG et ses alliées sont accusés d'être déjà en campagne, le mutisme observé par la Cour constitutionnelle face aux révisions répétées de la loi fondamentale et la situation qui prévaut actuellement au Togo consécutive à la «succession expresse» de Faure Eyadéma après le décès brutal de son père, Gnassingbé Eyadéma.
Pour ce qui est de la présidentielle de décembre prochain, Me Agondjo et son parti dénoncent le fait que le PDG et ses alliés sont déjà entrés en campagne. Cela avant même que le gouvernement et la Commission nationale électorale eurent fixé les dates de l'élection et de l'ouverture officielle de la campagne. Ce qui constitue pour ce parti de l'opposition gabonaise un acte de «violation des lois et règlements de la République».
Raison pour laquelle ce parti redoute que de telles manoeuvres ne débouchent sur des situations aussi incontrôlables que confuses.
D'autant qu'au regard du constat établi par le PGP il ressort que la Cour constitutionnelle, garante de la constitution et des lois de la République, ne réagit pas face à leurs modifications répétées. Pourtant ceci constitue une violation manifeste des principes démocratiques.
Une situation qui amène ce parti à attirer l'attention de la classe colite et du président dé la République sur cette question qui semble, à ses yeux, très préoccupante et requiert une large concertation en vue de trouver des solutions acceptables par tous.
Après cette mise au point, Me Agondjo a présenté la situation actuelle de son parti qui sillonne, dit-il, le territoire national depuis le mois de décembre 2004 dans la perspective dé la tenue de son Sème congrès ordinaire. Il en a profite également pour lancer un appel à ses militants pour davantage se mobiliser en vue de participer à la reconstruction et la redynamisation du PGP pour la consolidation du pluralisme et l'enracinement véritable de la démocratie dans notre pays.
COUP D'ETAT• La prise du pouvoir à la hussarde au Togo par Faure Gnassingbé, le fils du président togolais Gnassingbé Eyadéma mort brutalement il y a peu, a également été au centre des préoccupation du leader du l'GP. Me Pierre Louis Agondjo Okawé, qui s'est longuement prononcé sur la question; ne comprend pas que la mort du président Eyadema «qui commandait qu'une certaine retenue soit observée, a été plutôt l'occasion pour une catégorie de Togolais de perpétrer un coup d'État militaire doublé d'un coup d'État constitutionnel» pour porter au pouvoir Faure Gnassingbé jusque-là ancien ministre de l'Equipement et des Mines, au mépris des dispositions de légales contenues dans la loi fondamentale de ce pays de l'Ouest de l'Afrique.
Une telle attitude, déclare le leader progressiste, heurte manifestement les dispositions contenues dans la «Déclaration de Bamako» qui fixe les règles désormais admises par la communauté internationale pour l'accession au pouvoir dans nos États. Et, qui aurait dû en principe, selon Me Agondjo découragé «les putschistes à s'octroyer l'héritage de la présidence de la République au Togo».
Toute chose qui oblige donc ce parti de l'opposition gabonaise à s'aligner sur la position des démocrates africains et de la communauté internationale en condamnant fermement ce coup d'Etat. Aussi, le parti de Me Agondjo redoute-t-il «une généralisation de dictatures militaro-tribales en raison de l'existence d'armées ethniques» tout autant qu'il réaffirme son attachement aux idéaux de démocratie et de l'Etat de droit.
Le PGP qui marque sa solidarité en soutenant les forces démocratiques et patriotique du Togo dans leur longue lutte pour l'émergence d'une société démocratique et pour la moralisation de la vie politique dans ce pays interpelle les institutions internationales, en l'occurrence L'Union Africaine, l'Organisation intergouvernementale de la Francophonie et l'Onu pour qu'elles mettent tout en oeuvre pour le rétablissement de la légalité constitutionnelle au Togo.