Sur les 1 150 000 000 de FCFA, le premier adjoint au maire, par ailleurs secrétaire provincial du Parti démocratique gabonais, a reconnu n'avoir vu passer que 13 millions. Le pactole était destiné à l'embauche des Gabonais en quête d'emploi.
La co-gestion, à l'Hôtel de Ville de Port-Gentil, connaît des secousses pouvant la mettre en péril du fait accuse-t-on, des responsables du Parti gabonais du progrès (PGP) qui, dit-on n'arrêtent pas de lancer des piques à l'endroit des représentants du PDG (Parti démocratique gabonais), au sein de cette institution.
Or, analyse-t-on, le PGP, avec 18 conseillers municipaux contre 19 pour le PDG, n'a occupé le sommet de la mairie centrale que grâce à la largesse du chef de l'État, à la faveur de sa politique participative. La question qu'on se pose est celle de savoir si Me Agondjo Okawé et les siens se rendent compte qu'ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.
Qu'est-ce qui a bien pu mettre le feu aux poudres dans une co-gestion souvent citée jusque-là en exemple ? Le week-end dernier déjà, au cours d'un rassemblement politique, le leader du PGP, répondant à une question d'un militant au sujet des chefs de quartiers à renvoyer, a tenu ces propos : "C'est un maire PDG qui veut renvoyer un chef de quartier PDG et un autre du PGP."
Il a renchéri: "Je défends le maire central." Auparavant, apprend-on, Me Séraphin Ndaot Rembogo, lors d'un conseil municipal, a fait savoir à l'assistance, en l'absence de l'intéressé en mission à Libreville, qu'il a géré les 1 150 000 000 de FCFA hors budget octroyés par le président de la République, en vue d'embaucher des compatriotes, avec son premier adjoint André-Jules Réténo Y Ombénonto
Depuis que le mot a été lâché, le secrétaire provincial du PDG est, selon ses propos, acculé par les siens qui lui demandent des comptes. Parce que le personnel recruté grâce à ces fonds vient d'être mis à la porte. Ayant été embauchés en CDD (Contrat à durée déterminé).
La réunion dite de clarification tenue avant-hier soir, en urgence, au quartier général du parti, à l'instigation de la secrétaire communale, Odile Mboumba Mabanda (Joe Manix), par ailleurs troisième adjoint au maire central, avait son importance. Et malgré son caractère un peu précipité, de nombreux militants ont spontanément répondu à l'appel.
PRÉOCCUPATIONS. André-Jules Réténo Y'Ombénontory, connu pour son franc-parler a tranché : "Me Ndaot Rembogo a géré seul l'enveloppe du chef de l'État " Une réponse du berger à la bergère. Selon le maire adjoint, qui a dressé un bref rappel des faits les partis politiques (PDG, PGP et RPG) impliqués dans la co-gestion, dans le souci d'offrir l'emploi aux compatriotes qui en exprimaient le besoin, avaient été reçus par le président de la République.
Toujours prompt à agir lorsqu'il s'agit d'aider ses compatriotes, Omar Bongo Ondimba a débloqué un milliard de francs hors budget. Des dizaines de personnes, pour la plupart des militants des partis susmentionnés, ont été recrutés en CDD pour une période d'un an. À l'expiration du contrat, le chef de l'État a rajouté encore 150 millions dans le même cadre.
"Me Ndaot a géré tout seul cet argent et n'avait de compte à rendre à personne, si ce n'est au chef de l'Etat", a martelé Réténo Y'Ombénontory pour se faire entendre une bonne fois pour toutes. Le premier responsable provincial du PDG reconnaît cependant avoir vu passer 13 millions de francs par le biais du service technique municipal dont il est le responsable.
"Je peux vous présenter des chèques, des factures et des rapports sur la gestion de cette somme que j'ai adressés au maire", a-t-il confié. Certaines indiscrétions à l'Hôtel de ville affirment que le maire de la commune a déjà fait ses comtes auprès de qui de droit, en présence de quelques cadres de la pro vince.
D'une même voix, André-Jules Réténo Y'Ombénontory et Odile Mboumba Mabanda - aux côtés desquels se trouvait Philomène Ogoula, responsable provinciale de l'UFPDG - ont lancé un message d'espoir aux agents en fin de contrat, qui affrontent à nouveau les affres du chômage. "Si le président de la République nous reçoit, je lui soumettrai vos préoccupations qui sont aussi les nôtre. Et lui dont on connaît le prix qu'il accorde à l'unité, à la paix et l'engagement contre pauvreté ne manquera pas une fois de plus de manifester son immense générosité", ont-ils lâché.
Quoiqu'il en soit, il est à craindre que la hache de guerre soit déterrée. Un conflit qui ne profiterait à personne, au moment où on doit se serrer les coudes pour préparer, dans la sérénité, la prochaine fête de l'Indépendance que l'Ogooué-Maritime abrite avec le Woleu-Ntem. Sur un tout autre plan, on a appris, non sans étonnement, que le parti majoritaire sera bientôt SDF (Sans domicile fixe). Depuis que son siège a été détruit par les manifestants en 1990, le PDG occupait jusque-là les installations d'un particulier. Ce dernier l'aurait sommé de déguerpir, à la fin du préavis.
Pour le moins insolite, le fait ne manque pas de surprendre plus d'un dans une ville où les "petits" partis ont construit des sièges dignes de ce nom. Les pédégistes devront se mobiliser pour relever ce qui apparaît comme un défi. Avant de se séparer tard dans la nuit, les participants ont sur le champ organisé une collecte en vue de soutenir le secrétaire général adjoint de leur parti, chargé de l'enfance, Martial Mboumba, qui a perdu son épouse le 6 novembre dernier.
Toute l'équipe de la page "Port-Gentil s'associe au malheur qui le frappe pour lui adresser ses condoléances les plus attristées en cette circonstance douloureuse.