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Cérémonie de voeux au chef de l'état: Le président Bongo Ondimba en appelle à la "remobilisation générale" pour hâter l'essor économique
Auteur:  L'Union  | Date: 5 Janvier 2005  | Réactions ()
Section: Politique  | Source: L'Union

Le chef de l'Etat a reçu, hier mardi 4 janvier, les voeux de "bonne et heureuse année ", de la part des représentants des plus hautes institutions de la République et des Confessions religieuses. Sa réponse a été une ultime invite au gouvernement à passer des discours à l'action concrète.

LE président de la République a prononcé un discours d'une forte tonalité dont l'écho résonnera aux oreilles de ses concitoyens, probablement, comme une invite à ne pas céder au découragement et au scepticisme en cette période de crise économique. Omar Bongo Ondimba a saisi l'occasion de la cérémonie des voeux au chef de l'Etat, hier mardi 4 janvier, pour lancer un appel à la "remobilisation générale" des forces vives de la nation. L' allocution qu'il a prononcée, en réponse aux paroles aimables et touchantes, de "bonne et heureuse année°, prononcées à son endroit par les responsables des principales institutions républicaines et l'archevêque de Libreville; Mgr Basile Mvé Engone, était un modèle de concision. Mais l'essentiel y était bien dosé, et chacun des intervenants a reçu sa part de directive. En particulier le gouvernement Ntoutoume Emane III.

Le président s'était déjà longuement a demandé au Premier ministre et son cabinet dans son discours des vœux à la nation, vendredi 31 décembre, de "prendre le taureau par les cornes". Évidemment, cette occasion exceptionnelle, qu'est le passage d'une année à une autre, ajoute plus de solennité à ce discours, dans lequel il a beaucoup insisté sur le fait que les ministres doivent plus que jamais être imprégnés de la culture des résultats.

SECTEURS PRIORITAIRES• Cela dit, cette année se présente donc comme une sorte d'étape de course contre la montre, et au final le Premier ministre doit pouvoir défendre un bilan sur la base des priorités assignées dans le cadre du budget. A savoir, le logement, les affaires sociales, l'éducation et l'enseignement supérieur. Le président s'est volontiers ardé d'établir un lien entre l~élection présidentielle de 2005; et la pression populaire qui s'exerce sur le gouvernement à cause de l'impatience de ces dernières confrontées au mal-vivre.

Il est normal qu'il interpelle comme il l'a fait le Premier ministre et son équipe afin que l'action qu'ils mènent retentisse positivement dans la lutte contre la pauvreté et la précarité. Ainsi, le gouvernement ne doit pas perdre de vue les enjeux énormes qu'il y a derrière cette importante échéance. Alors, les ministres concernés sont sur le qui-vive. Un autre ministère dont le résident attend beaucoup dé son titulaire, est celui de la Santé publique et de la population.

Nul n'ignore que lA santé n'a pas de prix, à preuve le montant d'un milliard de francs alloué l'année dernière pour l'achat des médicaments.

Ce qu'il faut en cette période de crise économique, c'est un Plan de rénovation de l'hôpital public, et de l'ordre dans la gestion et la distribution des produits pharmaceutiques à côté des réformes qui permettent en définitive l'égal accès aux soins de santé de qualité. L'autre jour, le chef de l'Etat a laissé entendre qu'il en fait un secteur prioritaire. Sans aller vite en besogne, les premiers pas du titulaire de ce département ministériel, le ministre d'Etat Paulette Missambo qui rentre d'une mission à l'étranger ponctuée par des résultats probants suscite de l'optimisme et colle à cette volonté politique d'inverser la donne négative.

Dans la salle bondée du palais des Banquets, le président n'a plus jugé nécessaire d'entrer dans ces détails. Cependant, le fait pour lui de faire savoir d'emblée que ce qu'il avait à dire est le même message qu'il a émis quelques jours plus tôt met avant toute autre institution le gouvernement et son chef sur la brèche.

Du reste, ce qu'attend le chef de l'État après avoir donné des directives claires et fixé le cap, c'est que les ministres les traduisent en actes sur le terrain. Dans un élan d'unité retrouvée, ils doivent " travailler au développement " du pays. L'enjeu collectif, fait-il valoir, doit consister à "créer le progrès". Avant de conclure sur ce chapitre: "construire dans la sécurité et la paix de nouvelles solidarités entre tous les fils de ce pays", passe avant toute chose à ses yeux. Cela signifie, implicitement, que la paix et la stabilité sont des acquis à préserver sans contrepartie tout au long de cette année. De même, la Défense du territoire et la sécurité des personnes et des biens restent des priorités permanentes pour gouvernement.

En outre, s'il y a une autre institution à avoir été directement interpellée par le chef de l'Etat, c'est le Parlement. Le contexte de récession économique qui sévit avec acuité, le fait que la chambre des députés et le Sénat étaient en session budgétaire avant l'actuelle session extraordinaire en vue de l'examen du projet de loi de finances rectificative 2004, l'expliquent.

BUDGET UNIQUE. "Il faut que les élus sachent qu'il n'y a pas d'autre budget que celui qui leur a été présenté', a fait savoir le président Bongo Ondimba soulignant que c'est l'unique. En filigrane, il fustige la tendance mécanique observée de plus en plus à la chambre des députés, où le projet de budget du gouvernement subit de profondes modifications parfois arbitraires. C'est une subtile allusion du cas des députés qui se délectent à ouvrir des lignes budgétaires dans la loi de finances pour financer des projets qui leur tiennent à coeur dans leurs circonscriptions électorales où ils ont été élus sur la basé de promesses difficiles à tenir. Autre chose d'important, c'est la place accordée à la justice dans le raffermissement de l'Etat de droit et la modernisation de l' Administration publique. «Le temps de l'impunité est fini», a averti enfin le président. Ce n'est pas un procès contre la Fonction publique, toutefois on s'aperçoit que la corruption et la concussion continuent de la miner. Cette situation ne saurait continuer au risque de saper l'un des fondements sur lesquels repose l'État. Le gouvernement, via, la Justice, doit impulser une action vigoureuse visant à se débarrasser des fonctionnaires véreux.

A l'orée de 2005, si l'on en croit le président, le secteur du BTP est de ceux qui peuvent constituer une niche même de permettre des économies et des entrées substantielles au budget de l'Etat. La vérité est que le président sait de quoi il parle en évoquant ce problème dans lequel des noms circulent. On y gère les marchés publics dans l'opacité croit on savoir.

A l'heure de la mobilisation sans exclusive, par exemple, la Commission nationale de lutte contre l'enrichissement illicite peut s'engouffrer dans cette voie tracée en vue de se doter d'une aura morale d'autant plus indispensable que son action n'est pas encore visible aux yeux du plus grand nombre.

" L'amour de la patrie ne s'accommode point de la passivité", à conclu le président. Le message d'"effort" envoyé à ses compatriotes doit être repris par le gouvernement dont le chef de l'État ne cache pas qu'"il ne peut pas tout faire seul". Justement, mais il lui revient de tout faire, sachant que le budget de fonctionnement hors dette a pris le pas sur le budget d'investissement qui stagne à un niveau incompatible avec les fortes attentes des populations, pour s'assurer de la carte du soutien populaire qui doit être son véritable atout pour hâter l'expansion économique.

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