Pour s'attirer la sympathie d'Omar Bongo Ondimba, les courtisans et stratèges de la République font preuve d'une diabolique imagination. Après Hervé Patrick Opiangah, Marc Saturnin Nan Nguéma et l'abbé Noël Ngwa, c'est au tour du président de l'UPG, Pierre Mamboundou d'être soupçonné de faire joujou avec les armes à feu.
Encore lui ! Le leader de l'UPG, Pierre Mamboundou serait, une fois encore, le cerveau d'un " coup d'Etat ", pour l'instant en préparation. Ne riez pas ! Le plan qu'il aurait élaboré pour réaliser son vieux rêve de déposer Omar Bongo Ondimba vient heureusement d'être mis à nu par les perspicaces limiers de la DGR - encore eux !
Les hommes du général Honoré Oléry sont à décorer pour cet énième acte de bavoure. Il fallait un instinct de maréchaussard expérimenté pour voir que le géant de Belle-vue avait réussi à rallier à sa cause subversive les sociétés pétroliéres établies en Guinée Equatoriale, et dans le même temps s'était assuré les services des " chiens de guerre " équato-guinéens et congolais qui traînent leurs sabres dans la multitude de guéguerre qui régnent sur le continent. Si c'est du monté-collé, on peut avouer que pour chercher à extorquer des fonds à Omar Bongo Ondimba, les conspirateurs connaissent la musique.
Les soupçons de sédition qui pésent sur les larges épaules de Pierre Mamboundou ont commencé lors de la descente des Colombos de la DGR à Ndendé, commune où le leader de l'UPG est maire. Les maréchaussards avaient pour mission de confondre l'opposant radical en révélant ses supposées caches d'armes. Aprés une fouille proprement démentielle où l'on est allé jusqu'a éventrer des tombes, les enquêteurs de la DGR sont rentrés à Libreville la queue entre les jambes.
Avec en plus les avertissements des populations de la localité, réputées pour leur vampirisme. Lesquelles ont promis de faire usage de leur " missiles nocturnes " pour venger la profanation des tombes de leurs ancêtres. Après avoir fait chou blanc à Ndendé, les éléments de la DGR, décidément très imaginatifs, ont monté un BR (Bulletin de renseignement) des plus originaux impliquant le géant de Belle-Vue 1 dans une énième tentative de coup d'Etat. Cette fois, avec la complicité des réseaux étrangers. Après la tentative de 1989 dont les seules - armes de guerre - (sic) découvertes étaient un inoffensif telex et négligeable fax, après celle de 2001 fomenté soi disant par les les syndicalistes de l'ex OPT, on a cru que les fabulateurs de la DGR avaient fini de prendre leurs lubies pour la vérité. Rien n'y fait, ils viennent de nous offrir la suite de la célèbre série " Mamboundou, le faiseur de coups d'Etat ".
D'où la sortie de ce BR où il est question " d'éventuelles manœuvres de déstabilisatian du Gabon par des sociétés pétrolières américaines basées en Guinée Equatoriale. Les responsables des sociétés pétrolières américaines établies en Guinée Equatoriale envisageraient de déstabiliser le chef de l'Etat gabonais. En effet, ils tiendraient à accréditer l'idée que le président du Gabon prépare un " sale tour à la Guinee-Equatoriale en dépit des accords signés ".
Pour que le régime, qui a attrapé la paranoïa et souffre aussi de la phobie de Gulliver, les prenne au sérieux, ils mettent l'affaire sur le dos de qui vous savez : " ... Les intéressés bénéficieraient de la complicité des Gabonais, Pierre Mamboundou, leader de l'UPG et Edgar Manfoumbi, ingénieur travaillant dans le pétrole à Malabo. Ils seraient également en liaison avec des autorités équato-guinéennes." Qui a dit que l'imagination est devenue la folle de la caserne ? Et surtout que cache tout cela ?
A la suite de nos investigations, d'abord à l'ambassade des Etats-Unis, les diplomates nous ont poliment éconduits. Histoire de nous faire comprendre qu'ils ont d'autres chats à fouetter. En revanche, Edgar Manfoumbi, ingénieur vivant actuellement en France où il évolue dans le secteur du pétrole et qui a été joint au telephone, a qualifié cette affaire de " conneries (...). Si les fameux enquêteurs faisaient correctement leur travail, ils auraient su qu'en 1995, mon oncle m'avait demandé de transporter le corps d'un militant de l'UPG sur Ndendé. Ce qui a été l'unique fois que j'ai vu le leader de l'UPG. Ce dernier m'a alors remercié pour le service que je leur avais rendu ». L'intéressé à même précisé qu'il a la politique en horreur, raison pour laquelle il s'est installé en France avec sa famille : " Plutôt que de flatter et tromper le président de la République, ils gagneraient à lui donner de bonnes informations. Je ne saurais être le bouc émissaire de leurs bêtises, qu'ils aillent voir ailleurs." a conclu l'ingenieur".
Paradoxalement, en haut lieu, l'un des grands patrons du renseignement que nous avons rencontré - un général parmi les plus redoutés - nous a confié que ce BR était un " tissus de mensonges " (sic) dans le but de semer le trouble et la confusion. Morceaux de colère choisis : " C'est totalement faux ! Qu'on ne trompe pas le chef de l'Etat. Quand il n'y a rien à dire, on se tait. " a-t-il assené.
De son côté, le leader de l'UPG, Pierre Mamboundou, nous a déclaré, depuis Ndendé, qu'il saisirait les tribunaux pour faire la lumière sur cette affaire. " Ça n'a que trop duré. Et d'ailleurs, je suis en train de saisir les autorités américaines, qui j'espère vont établir ou non la respansabilité des sociétés pétrolières américaines. Je ne sais pas pourquoi l'on veut m'attribuer à chaque fois des coups d'Etat, pourtant ils savent que ce n'est pas mon style. Et je n'ai pas les moyens de me les offrir ", s'est-il emporté ! L'opposant radical a, avec une pointe d'ironie, conseillé à Omar Bongo Ondimba de se mettre plutôt à l'écoute du peuple gabonais. Au lieu de prêter attention aux fauteurs en eaux troubles. A ce dernier maintenant de méditer sur cette pensée du général De Gaulle : " Rien ne rehausse l'autorité mieux que le silence, splendeur des forts..."