Pascal Désiré Missongo, face aux rumeurs persistantes et pernicieusement entretenues par une bonne partie de la presse nationale, a tenu à resituer les faits dans leur contexte réel.
RÉCRIMINATIONS et dénigrement à l'endroit des forces de police nationale, déformations gaves des faits par une large frange de la presse : l'affaire Noël Ngwa Nguéma n'a pas fini de faire couler encre et salive. C'est donc pour couper court à toutes les supputations et les accusations injustifiées des uns contre les autres que le ministre en charge de la Sécurité publique et de l'Immigration, Pascal Désiré Missongo, a réuni la presse vendre 24 décembre dernier à son cabinet.
Pour le membre du gouvernement, les médias nationaux, au regard des commentaires et autres analyses distillés dans l'opinion suite à l'affaire Noël Ngwa Nguema, ont plus usé de désinformation que du contraire. Selon lui, les rumeurs et les interprétations enregistrées ici et Là tendent à jeter le discréditsur les Forces de police nationale (FPN) qui, devait-il affirmer, «n'ont pourtant fait que leur travail.» Avant de poursuivre : «Ces récriminations à l'endroit de nos Forces de sécurité sont injustifiés, car les faits tels qu'exposes sont édulcorés, sans qu'aucune vérification sérieuse n'ait été faite dans des conditions objectives.»
Venant aux faits proprement dits, Pascal Désiré Missongo a dit que l'arrestation de Noël Ngwa Nguema s'est faite dans les conditions normales. «Sa garde à vue n'a duré que 24 heures, le temps pour la police de continuer son enquête.» Et l'orateur d'ajouter que l'abbé avait été arrêté, puis gardé à vue du 17 au 18 novembre 2004, soit 24 heures, c'est-à-dire moins de 48 heures de garde à vue, tel que prévu à l'article 35 du code de procédure pénale. On apprendra que les nécessités de l'enquête ont amené la Police judiciaire à auditionner dame Mjanga Odile, une relation du cure.
ARMES À FEU • Retraçant le déroulement de l'affairé, Missongo ajoutera en substance que c'est lorsque cette femme est entrée en possession de sa convocation, qu'elle s'est rapidement rapprochée de l'archevêque de Libreville, Basile Mvé Engone, pour l'en tenir informé. Sur ces entrefaits, les responsables de l'église catholique de Libreville vont annoncer à leurs fidèles que la police était venue procéder à une nouvelle arrestation du curé suspecté dans une affaire de détention d'armes à feu de gros calibre. L'intervenant a défié quiconque de lui apporter les noms des agents qui auraient été aperçus dans les milieux de la cathédrale Sainte Marie ce jour-là, menottes en mains, pour procéder à l'arrestation.
Et le ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration d'indiquer que si davantage d'agents de police auraient été aperçus à l'intérieur de la cathédrale ce jour-là, c'est tout simplement dû au fait que dans les FPN, on dénombre beaucoup des chrétiens. Le dimanche était un jour de culte, leur présence en ces lieux était donc fort justifiée.
Développant son argumentaire, l'intéressé a martelé que les policiers ne sont pas ignorants des procédures en vigueur, «au point de préférer vouloir arrêter quelqu'un dans l'exercice de ses fonctions, alors même qu'il était acquis que cette même personne devait se retrouver, tôt ou tard, hors de son lieu de travail.» Dans le cas d'espèce et si cela avait été nécessaire, a objecté le ministre, il aurait été plus loisible pour les policiers d'aller cueillir à son domicile le suspect en question.
A la question de savoir si les armes trouvées chez les suspects n'avaient pas été placées là par la police, M. Missongo a d'abord précisé que plus de 10 fusils de type M 16 de fabrication américaine avaient effectivement été trouvés chez Nan Nguéma. Ni la police, ni la gendarmerie ne disposent de cette marque. En conséquence, il n'est pas possible que cela ait pu être réalisé par ses éléments, même infiltrés. Il a souhaité que les documents relatifs à l'achat de ces armes puissent être exhibés à la justice, afin que celle-ci tranche en toute connaissance de cause.
Au sujet des leaders politiques qui détiendraient chez eux des armes, le ministre de la Sécurité publique a laissé entendre que dès lors que les faits lui seront dénoncés, la Police mènera l'enquête avant de déposer ses conclusions sur la table du procureur de la République.
Quant à savoir si l'abbé Noël Ngwa Nguéma est coupable, le magistrat a dit que la culpabilité ou non d'un justiciable est du ressort de la justice. Il y a, de prime abord, présomption d'innocence. Et que dans le cas d'espèce il existe des pièces à conviction dans le dossier. Des personnes arrêtées auparavant, a-t-il indiqué, avaient lâché des noms. Ce qui a permis à la police de remonter la filière.
Pour d'autres dossiers semblables, le ministre a précisé qu'invariablement le rôle de la police consiste à mener les enquêtes et à déposer les conclusions sur la table de la justice qui, elle, est chargée de statuer sur les cas qui lui sont soumis. Pour terminer, le patron de la Sécurité publique a réitéré que les Forces de police nationale ne se départiront jamais de leur mission prévue par les textes en vigueur, notamment la constatation des infractions de la loi pénale, le rassemblement des preuves, la recherche des auteurs des infractions et la livraison de ces mêmes auteurs aux tribunaux chargés de les juger et, le cas échéant, de les punir.