Dans la majorité et l'opposition, les états- majors ont accueilli comme " un beau cadeau de fin d'année", l'envoi par le ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation du texte déterminant le montant alloué à chaque formation politique.
LE soutien financier de l'Etat aux partis politiques en 2004 est acquis. Au mois de septembre, le ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation a fait parvenir aux partis légalement reconnus, et représentés au Parlement, ainsi que dans les Conseils locaux, le décret déterminant le montant du financement qui leur est alloué en vue de la perception de ces fonds au Trésor public. C'est la traduction en acte politique du résultat de la réunion de la classe politique, précédant les élections lé datives en 2001, au cours de laquelle la question du financement s'était imposée au coeur des discussions supplantant, ainsi, les cinq autres points à l'ordre du jour.
Convoqué par le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, cet important conclave auquel prenaient part l'opposition radicale et la majorité a abouti à un consensus visant à relever substantiellement l'enveloppe inscrite au budget de l'Etat pour le fonctionnement des partis. En cette période de récession, où les états-majors des formations politiques doivent se mobiliser en prélude à l'élection présidentielle de décembre 2005, la réception de ce décret, synonyme d'une manne financière inattendue, a l'effet d'un beau cadeau de fin d'année. Le détail mérite d'être souligné, car nombre de partis politiques éprouvent d'infinies difficultés dans leur organisation et gestion au quotidien, à telle enseigne qu'il y en a dont les sièges se confondent encore avec les domiciles des chefs de ces partis.
Lors de la réunion de la classe politique, durant laquelle une Commission ad hoc avait été mise en place, travaillant sous l'autorité du Premier ministre, M. Ntoutoume Emane, avaient été examinés tous les problèmes inhérents à la subvention annuelle des partis et ceux concernant la subvention des campagnes électorales, dans le souci de contribuer à l'assainissement de l'environnement politique. En conséquence, le chef de l'Etat a pris une ordonnance dans ce sens, laquelle modifie et complète certaines dispositions légales en vigueur. Le montant global de cette enveloppe est fixé à 500 millions de francs. C'est une nette évolution comparée au montant de 100 millions de francs de l'époque, dont les négociateurs des deux camps étaient unanimes pour dire qu'il était dérisoire. Pis, avec les anciennes dispositions, pour le moins restrictives, seuls les partis politiques ayant au moins un député à l'Assemblée nationale et un sénateur à la chambre haute étaient éligibles.
CRITÈRES • Les nouvelles dispositions, en revanche, prennent en compte le fait pour un parti politique d'avoir soit un député, un sénateur ou un élu local dans un Conseil départemental. Avant cette ordonnance, seuls huit partis bénéficiaient de cette subvention, essentiellement les principaux partis du pays qui appartiennent à la majorité présidentielle. 'Grâce à cette réforme, le nombre des partis bénéficiaires est désormais passé à dix sept. A savoir: le PDG, VADE RE, le RPG, le RNB, le CLR, le PGP, le PSD, le MAD, l'UPG, Gabon - Avenir, le CDJ, le MESP, le PGCI, le FAR, l'USG, le RDP, l'UDL.
Pour autant, tous ces partis ne sont pas Io ès a la même enseigne. quoique magnanime, le président de la République, via l'ordonnance, fixe les critères de répartition de ces fonds. A propos de l'enveloppe retenue, il y a d'abord un montant fixe représentant 25% des crédits inscrits au budget de l'Etat, répartis équitablement entre les partis qui siègent au Parlement. Ensuite, il y a un autre montant fixe représentant 25% des crédits, répartis de façon équitable entre tous les partis représentés dans les Conseils locaux. Puis, un montant représentant 50% des crédits inscrits au budget de l'Etat, répartis proportionnellement au nombre de parlementaires dont dispose chaque parti légalement reconnu.
A plusieurs égards, cette ordonnance marque une réelle évolution en la matière, elle souligne le souci du président d'étendre l'éventail des partis bénéficiaires de l'appui financier de l'Etat. C'est d'autant plus vrai, en effet, que les "petits" partis, pour la plupart sans réelle représentativité sur le terrain, n'ont jamais cessé de plaider pour un assouplissement des conditionnalités exigées par la loi électorale.
Dans le contexte actuel qui précède la prochaine élection présidentielle, sachant que la loi électorale ne prévoit pas de financement de campagne pour cette échéance ma cette subvention de fonctionnement pour les uns, tombe au moment opportun pour doper leur moral et leur permettre de sortir de l'atonie ambiante qui les gagne au point de susciter le scepticisme des militants quant à l'avenir. Reste à savoir quand, précisément, les leaders des partis passeront à la caisse pour entrer en possession des liquidités plutôt rares en ces temps de crise économique et financière.