LES militants bûcherons de la Nyanga se sont mobilises pour accueillir dans la ferveur la hiérarchie du parti conduite par son président, le Pr Pierre-André Kombila Koumba qui est allé procéder, samedi 15 janvier, au lancement solennel des activités du Parti à travers l'organisation d'un séminaire de réflexion sur l'avenir politique du pays.
Il s'agit d'un examen profond que le RNB entend mener tout au long de cette année jusqu'aux confins du territoire national. Pour donner le ton de cette remobilisation d'envergure, les responsables bûcherons ont choisi de l'entamer dans le département de la Douigny, lus exactement, à Moabi ou les militants ont mis les petits plats dans les grands pour garantir le succès de cette rentrée politique. Si l'on en croit les dirigeants du RNB, le choix de cette bourgade pour cette rentrée politique 2005 est pétri de symbole en vue des échéances politiques nationales qui pointent à l'horizon.
"En programmant le démarrage de nos activités politiques par Moabi, et un peu plus tard à Mitzic, dans le département de l'Okano, la direction du parti entend exprimer sa reconnaissance à ces deux localités pour le travail qui y a été accompli lors des deux derniers scrutins ", a déclaré le Pr Kombila-Koumba devant sa base électorale réunie dans la salle bondée du Foyer des jeunes. Outre ces derniers, la vieille garde du parti, composée de septuagénaires et octogénaires, était présente, car pour l'appareil du RNB, l'enjeu était de taille.
A savoir, se réapproprier le discours de l'opposition, qui consiste à critiquer la conduite des affaires publiques par le gouvernement. D'avance, il y a cette affiche péremptoire, quoique désabusée, collée à l'entrée du Foyer: " au Gabon, le bulletin de vote a perdu sa valeur. Les vainqueurs sont connus d'avance. Que faisons nous ? ". Aux électeurs de répondre à cette interrogation majeure à l'aube de 2005.
A priori, ils sont lassés par les échecs électoraux successifs de l'opposition qui sont imputables, selon eux, aux conditions d'organisation des différents scrutins. Alors qu'on se demande quel sera le rôle du RNB à la prochaine élection présidentielle, les hiérarques et militants de ce parti laissent percer un sentiment de "ras-le-bol" du contenu sur fond de scepticisme. La perspective des prochaines échéances électorales ne semble guère les motiver. Dans le Rapport issu du conclave de Moabi, ils sont unanimes à redouter une participation en guise de simple figuration d'un candidat de leur parti à l'élection présidentielle à venir.
Du moins, la conduite des dernières élections nourrit leurs craintes. Ce qui n'est pas rassurant à leurs yeux, c'est cette tendance à " l'achat des consciences et au bourrage des urnes" qu'ils ont observe lors de ce scrutin. Du coup, une source sûre a rapporté que l'essentiel des débats dans la Douigny a donné lieu à des' échanges entre la hiérarchie et la base militante sur la nécessité pour le parti de militer pour la révision du Code électoral", en un mot, la "refonte totale" du système électoral.
Il s'est agit, au fond, d'un simple catalogue. A part les critiques véhémentes contre la Commission nationale électorale bipartite, où siègent la majorité et l'opposition sur le mode paritaire, que le RNB accuse de s'être compromise d'un scrutin à l'autre. Donc, les bûcherons n'ont pas fait de proposition constructive, se contentant de fustiger le "manque de transparence électorale". Ce discours n'est pas nouveau.
En 2001, avant les élections législatives l'opposition dans son ensemble en avait fait un préalable. Qu'en sera-t-il en 2005 ? Dans la Douigny, la recommandation finale est explicite : " non participation du RNB à aucune élection que ce soit, tant que les conditions de transparence ne seront pas réunies, notamment l'élection, présidentielle de 2005".
Le document poursuit : " à cet effet, les séminaristes réaffirment leur soutien total aux exigences formulées par l'opposition lors des négociations avec les partis de la majorité en 2001, en particulier, en ce qui concerne le bulletin unique de vote et la remise des procès verbaux aux représentants de tous les candidats". C'est peu dire, que ce discours d'un parti de l'opposition est récurrent à l'approche d'une consultation électorale.