Il n'est plus un secret pour personne que l'actuel mandat du président de la République prendra fin en décembre prochain. Donc si tout se passe bien, notre pays devra organiser une élection présidentielle cette année. Et au fur et à mesure que les jours défilent, la fièvre monte, notamment dans les états-majors des partis politiques de la majorité présidentielle. Et fait que l'on peut qualifier de commun à toutes les formations politiques sur cette question concerne l'appel à la candidature du chef de l'État Omar Bongo 0ndimba.
Chacun y va avec son style. Il y a ceux qui lui demandent "respectueusement" de se porter candidat à la présidentielle 2005. Certains disent soutenir sa candidature. D'autres le choisissent directement pour être leur candidat à la prochaine échéance électorale. D'aucuns vont plus loin et postulent la direction de sa campagne pour ledit scrutin... Dans tous les cas, ce sont les membres du camp qui soutient la politique du président Bongo Ondimba qui s'illustrent dans cette dynamique.
On se souviendra de ce que cette effervescence date de la tenue des conseils provinciaux du PDG. Et les militants de chaque province ont respectivement fait une motion appelant le président-fondateur de ce parti à se porter candidat à l'élection présidentielle de 2005. Nous n'étions encore qu'en 2003. Ces appels ont été repris dans un cadre plus général à l'occasion du "congrès de la refondation" qui s'est tenu en juillet 2003. Depuis lors, les militants de la première force politique du pays ne ratent aucune occasion pour réaffirmer cette sollicitation. Qu'il s agisse de la rentrée politique de l'UFPDG, celle de l'U]PDG, de la tenue du Conseil national du parti ou des rentrées politiques au niveau des provinces et des départements, etc.
Depuis plusieurs mois, d'autres formations politiques, et pas des moines, se sont jointes au PDG. On se souviendra de ce que l'année passée au terme d'une marche organisée par le Rassemblement pour le Gabon (RPG), son leader avait exprimé au chef de l'État sa disponibilité à être le directeur de campagne de celui-ci pour le compte de l'élection présidentielle de 2005. L'affaire avait fait beaucoup de bruit. Certains responsables d'autres partis politiques avaient même souhaité une codirection de campagne entre le président du RPG, Paul Mba Abessole, et celui du Parti social démocrate (PSD) Pierre-Claver Mnnganga Moussavou...
En dépit de cette pléthore de sollicitations, le président de la République compte y répondre en temps opportun. Il a toujours rempli de façon imperturbable les tâches dévolues à ses très lourdes responsabilités de chef de l'État. C'est ainsi qu'à chacune de ses sorties publiques le numéro un gabonais n'a jamais fait allusion à cette échéance électorale. Au contraire, il a toujours orienté ses interventions dans le sens de la mobilisation des énergies en vue de sortir le pays des difficultés économiques et financières qu'il connaît aujourd'hui. Cela a été le cas dans ses messages à la Nation des 16 août 2003, 31 décembre 2003,16 août 2004, et 31 décembre 2004, pour ne citer que ces rendez-vous là.
L'actualité de ces derniers temps montre que les associations sont venues, à leur tour, se lancer dans le jeu des appels à la candidature du président Bongo Ondimba à la prochaine élection présidentielle. C'est ainsi que depuis quelques jours, on constate une "offensive" des structures associatives de différents villages, cantons, communautés ethniques, etc. qui se disputent l'antenne des médias audiovisuels ou l'espace dans les journaux pour médiatiser leurs manifestations qui aboutissent particulièrement à la lecture des motions de sollicitation du chef de l'État dans la perspective de la présidentielle de fin d'année. Au point où on observe comme une agitation autour de cette question. Et des inquiétudes se manifestent de plus en plus quant à la crainte de voir les acteurs politiques et associatifs plonger prématurément le pays dans une campagne électorale qui pourrait bloquer pendant longtemps le fonctionnement normal de l'Etat et de l'administration.
C'est certainement conscient de tout cela que le chef de l'État Omar Bongo Ondimba a jusqu'ici réservé le silence, comme seule réponse à toutes ces sollicitations. Une façon de faire que l'on qualifiera de responsable, au regard des défis non négligeables auxquels le Gabon fait face actuellement. Aujourd'hui, il apparaît évident que seul le chef de l'État est capable de retarder le plus longtemps possible l'avènement d'une ambiance de campagne électorale dans notre pays.
Et l'expérience montre que dans ce genre de situation, Omar Bongo Ondimba privilégie d'abord, l'intérêt de la nation au détriment des préoccupations partisanes et des intérêts individuels.